Thomas d’Aquin


THOMAS D’AQUIN (AVIGNON, 1661)

[Catena Avrea]
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
S. d. [1661]
Burin
C. de pl. : 49,7 x 38 cm ; feuille : 52,3 x 39,35 cm
France, Toulouse, Archives de la Province dominicaine de Toulouse, sans cote.

© Claire Rousseau

Lettre (hors le texte des anneaux)
1. De part et d’autre du portrait de Thomas d’Aquin
CATENA AVREA / VNIVERSÆ THEOLOGIÆ / DOCTORIS ANGEL. D. THOMÆ / SIVE CONNEXIO SELECTARVM EX VNIVERSA THOMISTICA THEOLOGIA CONCLVSIONVM / CVM VNO PRIMO TOTIVS HVMANÆ COGNITIONIS PRINCIPIO.
2. En bas, sous l’iconographie
Diuo Thomæ Angelico et Quinto Ecclesiæ Doctori scholæ ipsius toto terrarum orbe celeberrimæ florentissimo Prædicatorum ordinij : Excellen= / tissimo D D Dominico de Marinis Archipræsulj Auenionensi : ex eodem ordine assumpto : ac Doctrinæ Thomisticæ studiosissimo : necnon cathe= / dræ sancti Thomæ in Vniversitate fundatorij munificentissimo D. D. D. Nobilis Franciscus Genet Auenionensis. / Agitabuntur (Deo danta) pro Doctoratus laurea. Præside R. P. F. Ludouico Bancel ordinis Prædicatorum Doctore aggregato, ac publico in cathedra Sti Thomæ professore, / propognante D. Nobilij Francisco Genet Auenionensij anno. mensè Die hora
3. Autour de la tête de Thomas d’Aquin
Sertum gestans cum torque duplici, cappa gemmis ornata cernitur. Eccl. in offic. S. Thomæ.
4. À gauche, sous les portraits, de haut en bas
Innocentus Quintus ; Aluarez / Archi- / præ / sul. ; Capreo- / lus Tho- / losa- / nus ; Ioannes / a Sto Tho- / ma
5. À droite, sous les portraits, de haut en bas
Cardinalis Caietanus ; Hispale[n] / sis Epis- / copus ; Ferrari- / ensis ; Salma[n]- / ticen- / sis.

Image
Le placard de thèse est dominé par la figuration centrale de Thomas d’Aquin entre des palmes. Le saint, vêtu de l’habit de son Ordre, rosaire à la ceinture, est présenté en trois quarts, de face, la tête légèrement inclinée vers la droite. Sur sa poitrine brille le soleil de la science et la chaîne d’or de ses œuvres. Par des rubans, il tient en main une chaîne dont chaque anneau contient un article des thèses défendues par l’impétrant. Thomas d’Aquin est présenté au sommet d’un palmier qui renvoie au psaume et aux images bibliques du juste et du sage poussant comme un palmier.
De part et d’autre des thèses sont figurés des thomistes, sept dominicains et un carme, qui sont reliés aux anneaux de la chaîne par un ruban. À gauche : Innocent V (vers 1225-1276), contemporain de Thomas ; Jean Capreolus (1380-1644), dominicain de Rodez ; Juan Alvarez (1488-1557), évêque de Tolède et Jean de Saint-Thomas (1589-1644). À droite : Thomas de Vio, dit Cajetan (1469-1534) ; un évêque espagnol non identifié ; Francesco Silvestri, dit de Ferrare (vers 1474-1528), qui devint Maître de l’Ordre et le carme, représentant l’école thomiste de Salamanque

Armoiries
Armoiries du dédicataire, le dominicain Dominique de Marinis (vers 1593-1669), archevêque d’Avignon à partir de 1648 : d’argent à trois bandes entées de sable.

États
Un seul état : France, Toulouse, Archives de la Province dominicaine de Toulouse, sans cote

Bibliographie
1997, BEDOUELLE, et alii, p. 4-5 (reproduction sans commentaire) ; 2009, CAMBOURNAC, p. 78-79 ; p. 211, fig. 87

Commentaire
Le placard de thèse fut commandé pour François Genet (1640-1702), qui devint prêtre à Avignon .
Le 24 mars 1661, il soutint ses thèses dans la ville sous la présidence du frère dominicain Louis Bancel (1628-1685), professeur et auteur d’ouvrages sur la doctrine de saint Thomas.
Il devint ensuite professeur de théologie morale au séminaire d’Avignon où Étienne Le Camus, évêque de Grenoble, lui commanda ce qui devint sa Théologie morale (dite Morale de Grenoble) éditée à Paris, chez André Pralard, en sept volumes, de 1676 à 1684.
François Genet devint lui-même évêque de Vaison-la-Romaine de 1686 à 1702, date de son décès. Il fut alors inhumé au couvent des dominicains d’Avignon.
Que la soutenance ait eut lieu à Avignon n’indique pas que l’estampe ait été gravée et imprimée dans la ville.