Thomas d’Aquin

THOMAS D’AQUIN (ANVERS, AVANT 1652)

[L’Eucharistie défendue par les docteurs de l’Église]
Conrad LAUWERS (vers 1632-vers 1685), graveur
D’après Pieter Paul RUBENS (1577-1640)
Nicolaes LAUWERS (1600-1652), éditeur
S. d. [avant 1652]
Eau-forte et burin
Tr. c. : 46,8 x 47,2 cm
Italie, Milan, Civica Raccolta delle Stampe Achille Bertarelli, MPP 310.

© Lombardia Beni Culturali

Lettre
1. Dans le phylactère au-dessus des docteurs de l’Église
HIC EST PANIS QVI DE CÆLO DESCENDIT Ioan. 6.
2. En marge inférieure, à gauche
Pet. Paul Rubens pinxit.
3. En marge inférieure, au centre
Coenradus Lauwers sculpsit.
4. En marge inférieure, à droite
Nicolaus Lauwers excudit / Antverpiæ
5. En marge inférieure, en deux strophes
DOCTORVM æthereo quod dia Scientia prodit / Lumine ; quotque libri tot sonuere tubæ ; Quod ratio sic CLARA probat, summusque magister / SPIRITVS ; HOC prompta tu quoque crede fide.

Image
Le décor est très architecturé, presque théâtral, encadrant la scène de colonnes baguées, dans le haut, de guirlandes de fruits et de fleurs et d’un rideau frangé retenu par des angelots. À droite, saint Jérôme coiffé de son chapeau cardinalice est plongé dans sa lecture. À ses côtés, doté d’un bonnet de docteur et identifié comme étant saint Norbert, un clerc regarde droit devant lui. De l’autre côté, sont figurés trois pères de l’Église. Seul le rapprochement avec les modelli de Pieter Paul Rubens permet de suggérer que l’évêque le plus à l’extérieur est saint Augustin, tandis que saint Ambroise de Milan serait l’évêque tournant le dos au spectateur. Derrière eux, se retournant, Grégoire le Grand, identifiable par la tiare pontificale, est tourné vers Claire d’Assise qui porte haut une monstrance. À ses côtés, légèrement décalé, Thomas d’Aquin, vêtu de l’habit de son Ordre, un soleil brillant sur la poitrine, enseigne bras et index droits levés vers le ciel. Sous le bras gauche, il porte un gros volume, rassemblant peut-être certains de ses écrits. Au-dessus de Claire d’Assise et de Thomas d’Aquin plane la colombe du Saint Esprit. Au premier plan, en bord de scène, trois livres et une lampe à huile guident l’interprétation de l’estampe.

États
Un seul état : Belgique, Anvers, Museum Plantin-Moretus, P.126 ; P 731 ; P 732 ; Italie, Milan, Civica Raccolta delle Stampe Achille Bertarelli, MPP 310 ; Royaume-Uni, Londres, British Museum, 1891,0414.681

Bibliographie
1873, SCHNEEVOOGT, p. 65, n° 6 ; 1953, HOLLSTEIN, t. 10, p. 39, n° 7

Commentaire
L’estampe correspond à l’une des œuvres commandées en 1625 à Pieter Paul Rubens par l’Infante Isabelle Claire Eugénie (1566-1633), tertiaire de l’Ordre des clarisses, Archiduchesse d’Autriche et gouverneur des Pays-Bas méridionaux depuis le décès en 1621 de son époux, l’Archiduc Ferdinand. L’aboutissement fut la réalisation de vingt tapisseries pour le monastère des clarisses (de las Delcazas Reales) à Madrid. Ces tapisseries ont fait l’objet de nombreuses études qui ne seront pas reprises ici.
L’estampe est similaire à celle gravée par Schelte Adamsz. Bolswert mais en contrepartie [Cat. 460]. Conrad Lauwers a également gravé une estampe dans le même sens que celle de Schelte A. Bolswert [voir page précédente].
Des copies de cette estampe furent associées à des copies des Quatre évangélistes pour former un ensemble encadré par des colonnes torsadées [Cat. 464-465].