Thomas d’Aquin


THOMAS D’AQUIN (MADRID, 1622)

[La Fête du Corpus Christi]
Alardo de POPMA (actif à Madrid vers 1617-1641), graveur
D’après Melchior PRIETO (?-1648), inventeur ?
1622
Burin
C. de pl. : 26,1 x 18,3 cm.

Titre illustré pour Melchior PRIETO (?-1648), Psalmodia Evcharistica co[m]pvesta Por el M. Rdo P.M.Fr. Melchior Prieto Burge[n]se Quo[n]da[m], Vicario Gal del Orde[n] de N[ost]ra Senora de la Merced Redempon de Captiuos en todas las Proui[n]cias del Píru. Dirigida A la Excelentissima Señora mi Señora Dona Ana de Borja, Princesa de Esquilache Condesa de Mayalde Virreyna que fue del Píru, En Madrid por Luis Sanchez Inpresor, 1622.
France, Paris, Bibliothèque nationale de France – cote : D-830.

© Claire Rousseau

Lettre
1. Dans l’ovale central
PSALMO=/ DIA EVCHARISTICA / CO[M]PVESTA / Por el M. Rdo P.M.Fr. Melchior Prieto / Burge[n]se Quo[n]da[m], Vicarío Gal del Orde[n] de N[ost]ra / Senora de la Merced Redempon de / Captiuos en todas las Proui[n]ci= / as del Píru. / DIRIGIDA / A la Excelentissima Señora mi Señora / DONA ANA DE BORJA, Prince= / sa de Esquilache Condesa de Mayalde / Virreyna que fue / del Píru
2. De part et d’autre de l’écusson du bas
En Madrid por Luis Sanchez Inpresor.
3. De part et d’autre de l’emmarchement
Cum Preuilegio Real An[n]o de 1622.
4. Sur la contremarche
Alardo de Popma. Sculp.
5. Sur le phylactère au-dessus de l’hostie
À gauche : Bene scripsisti de me, Thoma.
À droite : Et pr[a]ebebit delicias Regibus. Gen.
6. Dans le haut de l’antependium
Miscuit vinum et proposuit mensam
7. Sur le phylactère partant de l’offrande de gauche
Statute cultrum in guture tuo. Prob. 23.
8. Sur le côté de l’aiguière
Vinum germinans / virgines. Zach. 9.
9. Sur le phylactère partant de l’offrande de droite
Panis hic gladius est Iedeonis. Iud. 7.
10. Sur le côté de l’aiguière
Vini quod letificat Deum / et homines. Iud.
11. Autour de la tête de saint Thomas
S. THOMAS.
12. Sur le phylactère partant de sa bouche
Dulcis amor Patri[a]e ratione valentior omni.
13. Sur le phylactère partant de la bouche de Dona Ana de Borja
Quæ tua fecerunt Scripta, retexit opus
14. De part et d’autre de l’ovale du titre, au niveau de l’entablement
Sapientia [a]edificauit sibi domum Pro. 9.
15. La suite du verset, de part et d’autre du bas de l’ovale
Excidit colum= nas septem
16. Sous les pieds de David
Adversus omnes qui tribulant nos. Ps. 4.
17. Partant de la bouche de David
Tollebat Dauid citharam recedebat atq[ue] a saul spiritus malus. Reg. 26.
18. Sur le parchemin tenu par David
Ex semi / ne david / secu[n]du / carnem. / Ad Rom.
19. Sous les pieds de Melchisedech
Et omnis saporis suavitatem. Sap. 16.
20. Sur le parchemin tenu par Melchisedech
Tu es sa / cerdos in / eternum / seculum / ordinem / MELCHI / SEDECH. / psal. 109.
21. Partant de la bouche de Melchisedech
In odorem suauitatis. Numeror. 15.
22. Sur le phylactère partant de la bouche de l’agneau
Qui tollis peccata mundi.

Image
Au centre de l’image se dresse un pavillon fortement architecturé par des colonnes corinthiennes et une coupole surmontée de l’Agneau pascal. Sous le dôme, est exposé sur un autel un ciboire surmonté d’une hostie, encadré par deux cierges allumés. Au pied de l’autel sont figurées des offrandes de pain et de vin. À gauche Thomas d’Aquin est agenouillé en adoration. Outre ses attributs (habit de l’Ordre, chape étoilée, chaîne et soleil d’or sur la poitrine, colombe de l’Esprit à l’oreille), Thomas est désigné par son nom inscrit autour de sa tête. Lui faisant face, la dédicataire, Dona Ana de Borja, est, elle aussi, agenouillée en vénération. Le pavillon est surmonté de statues, à gauche celle de David, à droite celle de Melchisedech. Dans le ciel, des anges musiciens chantent à l’Agneau son cantique. Trois écussons offrent dans l’image des armoiries.

Armoiries
À gauche : au-dessus de Thomas, reprise d’un quartier des armoiries de la famille de Borja pour rappeler que Thomas d’Aquin fut surnommé le « bœuf muet »
À droite : au-dessus de la tête d’Ana de Borja, armoiries de la famille de Borja. Écartelé, au 1 d’or au taureau de gueules sur une terrasse de sinople, à la bordure du champ de gueules chargé de huit gerbes d’or, au 2 d’hermine, au 3 d’or à trois bandes de sable, au 4 d’or à trois pals de gueules
En bas, au centre : armoiries des mercédaires. D’or à cinq pals de gueules, au chef du même chargé d’une croix pattée et alaisée d’argent

États
Un seul état : France, Paris, Bibliothèque nationale de France – cote : D-830

Bibliographie
1972, VETTER[1] ; 1975, FITZ DARBY, p. 444-447 ; 2009, CRUZ DE CARLOS VARONA, p. 198-201, n° 16

[1] L’ouvrage est une série d’études sur les graveurs et sur quelques uns des thèmes abordés dans l’ouvrage, avec une recherche de leurs sources littéraires et iconographiques.

Commentaire
Melchior Prieto naquit sans doute vers 1570 puisqu’un document en date de 1627 indique qu’il a pris l’habit dans l’Ordre de Notre-Dame de la Merci depuis plus de trente-six ans. Professeur, maître des étudiants, il devint supérieur du couvent de Burgos, puis vicaire général pour les Provinces du Pérou (1615-1619) et enfin provincial de la Province de Castille. Il fut pressenti trois fois pour une charge épiscopale au Nouveau Monde mais il préféra se consacrer à l’histoire de son Ordre et de sa ville natale, Burgos.
Durant son séjour au Pérou, il fit la connaissance de Francesco de Borja y Arágon (1577-1658), vice-roi et de son épouse Ana de Borja y Pignatelli, (?-1644) princesse d’Esquilache à qui il dédie le présent ouvrage. Il s’agit d’une explication et d’une méditation sur les antiennes et les psaumes de la fête du Corpus Christi.
Le 22 juin 1621, le graveur français Jean de Courbes (actif à Madrid vers 1621-1641) conclut par l’intermédiaire de son frère Jérôme, installé depuis longtemps à la cour, un contrat pour la réalisation d’un titre et de quatorze planches, pour l’ouvrage de Melchior Prieto. Les planches doivent être d’une qualité suffisante pour envisager 22 000 exemplaires.
Le délai imparti étant trop court (neuf mois), Jean de Courbes s’adjoint les services du flamand Alardo de Popma installé à Madrid (actif vers 1617-1641). Une planche porte également la signature d’un autre flamand, Jean Schorquens (1595-après 1630), sans que cette intervention soit documentée.
Alardo de Popma signe, outre le titre, les planches 1, 5, 7, 8, 10, 12. Jean de Courbes crée les planches 2, 3, 4, 14. Les planches 9, 11 et 13 ne portent aucune signature. Une attribution de ces planches à Jean de Courbes équilibrerait la répartition des planches.
Seules les deux planches insérant Thomas d’Aquin dans leur composition vont être ici présentées. L’exemplaire conservé à la Bibliothèque nationale de France en étant dépourvu, les clichés proviennent de la Bibliothèque nationale d’Espagne[1].

[1] Cote : ER/1743.