Thomas d’Aquin

THOMAS D’AQUIN (PARIS, AVANT 1718)

[L’Eucharistie défendue par les évangélistes et les docteurs de l’Église]
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
D’après Pieter Paul RUBENS (1577-1640)
Nicolas BONNART (vers 1637-1718), éditeur
S. d. [impression avant 1718]
Burin
Deux feuilles raboutées : 71,4 x 54,5 cm
Pays-Bas, Haarlem, Teylers Museum, KG 17229.

© Teylers Museum

Lettre
1. Dans le phylactère au-dessus des docteurs de l’Église
HIC EST PANIS QVI DE CÆLO DESCENDIT Ioan. 6
2. Sous le trait carré, à gauche
Rubens pinxit
3. Sous le trait carré, à droite
Chez N. Bonnart rüe St Iacques à l’Aigle
4. En-dessous, en quatre strophes, côte à côte
Si quod duorum ab ore prodit testium, / Verum esse verbum prima VERITAS monet. ; Quatuor Virorum, qui DEI VERBUM docent, / Vera esse verba, terra clamat et mare. ; DOCTORVM æthereo quod dia scientia prodit / Lumine quotque libri tot sonuere tubæ ; Quod ratio sic CLARA probat summusque magister / SPIRITUS, Hoc prompta tu quoque crede fide.

Image
Le décor est très architecturé, presque théâtral, encadrant la scène de colonnes torsadées, dans le haut, de guirlandes de fruits et de fleurs et d’un rideau frangé retenu par des angelots. À gauche, les quatre évangélistes identifiables par leurs symboles ouvrent une sorte de procession. Luc, Marc, Matthieu et Jean sont suivis par la figure d’un évêque gravé à cheval sur les deux feuilles. Seul le rapprochement avec les modelli de Pieter Paul Rubens (voir ci-dessous) permet de suggérer qu’il s’agit de saint Augustin, tandis que saint Ambroise de Milan serait l’évêque tournant le dos au spectateur. À leur droite Grégoire le Grand portant la tiare pontificale est tourné vers Claire d’Assise qui porte haut une monstrance. À ses côtés, légèrement décalé, Thomas d’Aquin, vêtu de l’habit de son Ordre, un soleil brillant sur la poitrine, enseigne bras et index droits levés vers le ciel. Sous le bras gauche, il porte un gros volume, rassemblant peut-être certains de ses écrits. Au-dessus de Claire d’Assise et de Thomas d’Aquin plane la colombe du Saint Esprit. Coiffé d’un bonnet de docteur et identifié comme étant saint Norbert, un clerc ferme la marche avec saint Jérôme coiffé de son chapeau cardinalice. Au premier plan, en bord de scène, trois livres et une lampe à huile guident l’interprétation de l’estampe.

États
Un seul état : Belgique, Anvers, Museum Plantin Moretus, P 404 ; Pays-Bas, Haarlem, Teylers Museum, KG 17229

Bibliographie
1873, SCHNEEVOOGT, p. 65, n° 8 ; 1978, Corpus Rubenianum, II, vol. 1, p. 217, p. 368-369 n° 15c

Commentaire
L’estampe combine deux œuvres distinctes de Pieter Paul Rubens dont l’aboutissement fut la réalisation de vingt tapisseries pour le monastère des clarisses (de las Delcazas Reales) à Madrid. Ces tapisseries ont fait l’objet de nombreuses études qui ne seront pas reprises ici. Il convient juste de signaler que la commande émana en 1625 de l’Infante Isabelle Claire Eugénie (1566-1633), tertiaire de l’Ordre des clarisses, Archiduchesse d’Autriche et gouverneur des Pays-Bas méridionaux depuis le décès en 1621 de son époux, l’Archiduc Ferdinand. L’une des plus importantes missions de l’Infante fut de maintenir les Pays-Bas dans la foi catholique et la fidélité à la couronne d’Espagne.
Les deux estampes furent également gravées par François Ragot et éditées successivement chez lui, puis chez François Landry [voir page précédente]. Un autre ensemble fut édité par Pierre II Mariette [Cat. 464].
Il est difficile de dire à partir de quelles estampes, flamandes ou françaises, chaque graveur a produit son œuvre.
La scène de droite des défenseurs de l’eucharistie fut aussi gravée par Schelte Adamsz Bolswert vers 1648-1652 [Cat. 460] et par Conrad Lauwers [Cat. 461].
Nicolas Bonnart édita également la reproduction de la tapisserie Le Triomphe de la Nouvelle Loi[1].

[1] Œuvre consultée uniquement dans le cadre de ventes privées.