Thomas d’Aquin

THOMAS D’AQUIN (PARIS, AVANT 1691)

[La Foy de l’Eglise Catholique attestee par ses] Quatre Evangelistes et ses principaux Docteurs
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
D’après Pieter Paul RUBENS (1577-1640)
Pierre II MARIETTE (1634-1716), éditeur
S. d. [impression avant 1691]
Burin
Épreuve rognée : 60 x 47,7 cm
Royaume-Uni, Londres, British Museum, 1891,0414.683.

© British Museum

Lettre
Sous la scène principale
QUATRE EVANGELISTES ET SES PRINCIPAUX DOCTEURS

Image
Le décor est très architecturé, presque théâtral, encadrant la scène de colonnes torsadées, dans le haut, de guirlandes de fruits et de fleurs et d’un rideau frangé retenu par des angelots. Seul le rapprochement avec les modelli de Pieter Paul Rubens (voir ci-dessous) permet de suggérer qu’il s’agit de saint Augustin, tandis que saint Ambroise de Milan serait l’évêque tournant le dos au spectateur. À leur droite Grégoire le Grand portant la tiare pontificale est tourné vers Claire d’Assise qui porte haut une monstrance. À ses côtés, légèrement décalé, Thomas d’Aquin, vêtu de l’habit de son Ordre, un soleil brillant sur la poitrine, enseigne bras et index droits levés vers le ciel. Sous le bras gauche, il porte un gros volume, rassemblant peut-être certains de ses écrits. Au-dessus de Claire d’Assise et de Thomas d’Aquin plane la colombe du Saint Esprit. Coiffé d’un bonnet de docteur et identifié comme étant saint Norbert, un clerc ferme la marche avec saint Jérôme coiffé de son chapeau cardinalice. Au premier plan, en bord de scène, trois livres et une lampe à huile guident l’interprétation de l’estampe.

États
Un seul état : Royaume-Uni, Londres, British Museum, 1891,0414.683

Bibliographie
1873, SCHNEEVOOGT, p. 65, n° 9 ; 1978, Corpus Rubenianum, II, vol. 1, p. 217, p. 368-369 n° 15c ; vol. 2, fig. 188

Commentaire
L’estampe complète combine deux œuvres distinctes de Pieter Paul Rubens dont l’aboutissement fut la réalisation de vingt tapisseries pour le monastère des clarisses (de las Delcazas Reales) à Madrid. Ces tapisseries ont fait l’objet de nombreuses études qui ne seront pas reprises ici. Il convient juste de signaler que la commande émana en 1625 de l’Infante Isabelle Claire Eugénie (1566-1633), tertiaire de l’Ordre des clarisses, Archiduchesse d’Autriche et gouverneur des Pays-Bas méridionaux depuis le décès en 1621 de son époux, l’Archiduc Ferdinand. L’une des plus importantes missions de l’Infante fut de maintenir les Pays-Bas dans la foi catholique et la fidélité à la couronne d’Espagne.
Les deux estampes furent également gravées par François Ragot et éditées successivement chez lui, puis chez François Landry [voir page suivante]. La combinaison des deux estampes fut également éditée par Nicolas Bonnart sans que le nom du graveur, auteur de ces pièces analogues mais différentes, soit précisé [Cat. 466].
Il est difficile de dire à partir de quelles estampes, flamandes ou françaises, chaque graveur a produit son œuvre. Les variations des détails conduisent à mettre davantage en rapport la présente estampe et celle gravée par François Ragot. Néanmoins, l’estampe de Mariette a omis de faire apparaître le texte du phylactère supérieur.
La scène ici présentée des défenseurs de l’eucharistie fut aussi gravée par Schelte Adamsz Bolswert vers 1648-1652 [Cat. 460] et par Conrad Lauwers [Cat. 461]. Les auteurs du Corpus Rubenianum émettent l’hypothèse que les plaques gravées par Schelte Adamsz Bolswert passèrent dans les mains de Jean Audran qui les imprima, à partir de 1707, sans en modifier la dédicace. Cette nouvelle impression pourrait être à l’origine d’un engouement parisien renouvelé pour l’œuvre de Rubens, ce qu’attestent les différentes estampes présentées dans ce corpus. D’autre part, le Corpus Rubenianum est plus réservé que l’inventaire du British Museum quant à l’attribution du tirage « Mariette » à Pierre II. L’adresse qui figure sur l’estampe des quatre évangélistes, « aux colonnes d’Hercules » peut également être celle de Jean Mariette ou encore celle de Pierre-Jean.