Thomas d’Aquin


THOMAS D’AQUIN (ANVERS/BRUXELLES, 1633-1649)

[L’Eucharistie défendue par les docteurs de l’Église]
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
S. d. [1633-1649]
Burin
C. de pl. : 51,6 x 35,1 cm
Pays-Bas, Haarlem, Teylers Museum, KG 17240.

© Teylers Museum

Lettre
1. Sur les pages du livre tenu par Thomas d’Aquin
Tantum er / go sacra / mentum / uenere / mur cer / nui. / etc.
2. Sous le livre aux pieds de Thomas d’Aquin
S. THOMAS. Panis angelicus fit panis hominu[m] / Dat panis coelicus figuris terminum : / O res mirabilis ma[n]ducat dominu[m] pauper seruus et humilis : opusculo 57 :
3. Au-dessus du trait carré de l’image
Admodu[m] Reuerendo Patri ac Domino D. IOANNI COENE Celeberrimi Ca[m]berone[n]sis Monasterij Præsuli Cistersie[n]sis ordinis in Belgio Progenerali.
4. Sous le trait carré de l’image
Iam pridem animus meus vestræ Adm. Rdo D[omi]nao[tion]is amico munere recolendæ consilia ipse secum agitauit, nec temere ; fraterna siquidem necessitudo quâ ius adoptionis, quo me / suæ D[omi]nao[tion]is Mater integri nominis Matrona immeritum donauit (indulgeat affectuosis sermonibus) nos ità stringit, vt reciproquo amori dum facere satis studeo, ipse meus / amor suadeat hancce Lucem (ait D[omi]nus : Vos estis Lux mundi) latitandis affectus proferre reuelatricem. Habe igitur hos Christianæ scholæ quinque Principes: / asside sapientiæ museo : Inspice sijmbolon sanctitatis : Ineffabilis Mysterij Seraphicis Præconibus inseritot, et animi mei indicem tabellam gratanter acceptato.
5. Sous cette lettre, quatre strophes, de gauche à droite
Première strophe : S. AVGVSTINVS in Psal. 98. / Christus de carne Marie carnem accepit etc. / Ipsam carnem nobis manducandam dedit ad salute[m]
Deuxième strophe : S. HERONYMVS ep[isto]la ad Hedibiam. qu. 2 / Moijses non dedit nobis panem verum sed d[omi]nus Iesus / ipse conuiua et conuiuium ipse comedens et qui comeditur.
Troisième strophe : S. GREGORIVS apud Paulum diaconiu[m] in vita eius / Conditor noster ea potestate quâ ex nihilo cuncta creauit / panem et vivum in carnem et sanguinem suum conuertit
Quatrième strophe : S. AMBROSIVS de ijs qui mist init. ca. 9. / præter naturæ ordinem virgo generauit etc. / et hoc q[uo]d conficimus corpus ex virgine est.
6. Sous les strophes
U. Adm. Rdo Dominaotionis et Paternitatis Obsequentissimus Cliens F. Ambrosius Druwe Ord. FF. PP [?]

Image
Sur un emmarchement à l’intérieur d’une église, les quatre Pères de l’Église semblent discuter et méditer avec Thomas d’Aquin. Saint Augustin se tient debout sur la droite, un cœur enflammé dans la main, vêtu d’une somptueuse chape. Saint Thomas d’Aquin et saint Jérôme, assis à ses pieds, occupent une place centrale. Le pape saint Grégoire, assis au premier plan, et saint Ambroise, identifiable à la ruche, sont sur la gauche. L’objet de leurs attentions est le Corps du Christ exposé dans une monstrance soutenue, au-dessus d’eux, par deux anges.

Armoiries
Au milieu de la lettre, armoiries de Jean Coene : d’or, à la fasce de sable, chargée de trois tours d’argent, accompagnées au chef de trois merlettes de sable

États
Un seul état : Pays-Bas, Haarlem, Teylers Museum, KG 17240 ; France, Paris, Bibliothèque nationale de France, H181448 (épreuve rognée : la lettre sous le trait carré de l’image manque)

Bibliographie
1993, ROETHLISBERGER, vol.1, p. 301-304, n° 459 ; vol. 2, fig. 640 ; 2009, CAMBOURNAC, p. 73-74 ; p. 208, fig. 84 ; 2013, MCCARTHY, p. 128-132, fig. 39

Commentaire
Jean Coene, le dédicataire, fut abbé de l’abbaye cistercienne de Cambron de 1633 à 1649[1]. L’estampe peut donc être datée de cet intervalle.
Sans signature, elle doit être mise en rapport avec une estampe dessinée par Abraham Bloemaert et gravée par son fils Cornelis, en date de 1629, qui ne met en scène que les Pères de l’Église [voir ci-dessous].
Dans la présente estampe, les docteurs sont gravés en contrepartie, Thomas d’Aquin est placé au centre et la monstrance est remontée entre les mains des anges, prenant la place des textes bibliques.
Une version de moindre facture, non signée et non datée, a été trouvée dans le fonds des estampes des jésuites de Chantilly, conservé à la Bibliothèque municipale de Lyon [voir page suivante].
Il est également possible de rapprocher l’estampe de pièces peintes, telle celle italienne en date de 1664 [voir ci-dessous].

[1] Sur l’abbatiat de Jean Coene, voir Antoine Le Waitte (1600-1677), Historiæ camberonensis Pars altera, sive Camberona coenobivm ejvsque Abbates, A B. Fastrado Bernardi discipulo & successore ad usque modernum XXXVII. Authore Reverendissimo Antonio le Waitte Abbate Camberonensi Ord. Cistercii, Parisiis, Ex Typographia Cramosiana, viâ Fibulariâ, sub Abrahami Sacrificio, 1673, p. 588-624.

ILLUSTRATIONS

[L’Eucharistie défendue par les docteurs de l’Église]
Cornelis BLOEMAERT (1602-1692), graveur
D’après Abraham BLOEMAERT (1564-1651), inventeur
1629
Burin
C. de pl. : 50,7 x 35,7 cm
Pays-Bas, Haarlem, Teylers Museum, TvB G 0249.

© Teylers Museum

[L’Eucharistie défendue par les docteurs de l’Église]
ARTISTE NON IDENTIFIÉ
1664
Huile sur toile
130 x 104 cm
Italie, Torre Boldone, Chiesa San Martino vescovo.

© BeWeB