Thomas d’Aquin


THOMAS D’AQUIN (PARIS, 1608)

[Saint Thomas d’Aquin Défenseur de l’Eucharistie]
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
S. d. [1608]
Burin
Tr. c. : 7,5 x 6,6 cm

Vignette de titre pour Nicolas COEFFETEAU (1574-1623), Premier Essay des Qvestions theologiqves traitees en nostre langve selon le stile de S. Thomas & des autres Scolastiques par le commandement de la Reyne Marguerite Duchesse de Valois &c. Par F. N. Coeffeteau, Docteur en Theologie de l’Vniversité de Paris, Vicaire General de la Congregation des Freres Prescheurs en France, A Paris, Par François Hvby, ruë S. Iacques au soufflet vert, deuant le College de Marmoutier : & en sa boutique au Palais deuant la porte de la saincte Chapelle, 1608.
France, Lyon, Bibliothèque municipale – cote : 330522.

© Claire Rousseau

Lettre
1. Sur les pages du livre
Imensa di: / uinæ largi: / tatis bene / ficia ex / hibita / Populo
2. Sous le portrait, dans le cadre
S. THOMAS AQVINAS

Image
Dans un espace clos mais indéfini, Thomas d’Aquin est présenté assis derrière une table. Vêtu de l’habit de son Ordre, il est doté d’une auréole. Tenant de la main gauche un ciboire surmonté d’une hostie, il rédige avec la plume de la main droite, ses pensées sur l’eucharistie dont une formule figure sur le livre-cahier ouvert devant lui. Dans le coin supérieur droit, l’image associe une seconde scène de la vie de Thomas : le bene scripsisti de me Thoma. La formule iconographique vise à valider les écrits de Thomas sur cette question déjà ouverte en son temps et mise en cause par les Réformés : le sens de l’eucharistie.

États
Un seul état :
1608 : France, Lyon, Bibliothèque municipale – cote : 330522 ; Paris, Bibliothèque du Saulchoir – cote : 340 D 13
1616 : Jean BLANCONE (?-?), Les Vies des Saincts, et Sainctes, Bien-hevrevx, et hommes illvstres de l’Ordre sacré de S. Dominique, mises en italien par le Reverend Pere Frere Seraphin Razzi. Et tradvites en Francois par le Reverend Pere Frere Iean Blancone, Religieux du grand Conuent reformé de l’Obseruance sainct François de Tholose, A Paris, Chez René Le Masvyer, ruë S. Iacques, à la Fortune, 1616 (vignette au titre de la première partie uniquement)
Ici, vignette de 1616. France, Paris, Bibliothèque nationale de France – cote : H-4389.

Commentaire
Par rapport à celle de Léonard Gaultier [voir page suivante], la présente vignette omet deux détails. Aucun astre ne brille sur la poitrine du saint et la scène d’arrière-plan est dépourvue de phylactère portant les paroles du Christ. Cette seconde omission affaiblit légèrement le sens de l’image même si les lecteurs de l’Ordre dominicain reconnaissaient d’emblée la scène et lui affectaient toute sa portée. L’exécution de la vignette est de bonne facture même si certains détails sont moins fins que chez Léonard Gaultier, dont l’exemplaire examiné est postérieur d’un an à la présente.
La vignette est plus vraisemblablement une copie de celle utilisée pour l’édition du même ouvrage, chez le même éditeur, en 1607 [voir page précédente]. Il est possible que la vignette de 1607, dont une partie de la lettre avait été grattée, ait posé un problème et que la décision fut prise d’en graver une nouvelle.
La vignette fut d’abord utilisée pour l’ouvrage de Nicolas Coeffeteau, puis réutilisée en 1616 pour celui de Jean Blancone. Est-ce dire que le cuivre appartenait aux dominicains ?