Thomas d’Aquin


THOMAS D’AQUIN (AVIGNON, 1677)

[Saint Thomas Maître en théologie morale]
P[hilippe] PINCHARD (?- ?), graveur
S. d. [1677]
Burin
Tr. c. : 20,35 x 14,2 cm (sur la gauche une tête dépasse du trait carré)

Frontispice pour Louis BANCEL (1628-1685), Moralis Divi Thomæ Doctoris Angelici Ordinis Prædicatorvm, Ex omnibus ipsius operibus ita exactè deprompta, vt censeri possit Opvs novvm : Omnibus cujusque conditionis Personis, sed maximè Confessariis, & concionatoribus vtilissimum ; in eo enim nedum casus conscientiæ resoluuntur, sed omnia etiam, quæ ad mores spectant, mirum in modum explicantur. Adiecta sunt variis in locis decreta summorum Pontificum, quibus iuxta doctrinam Sancti Doctoris plures opiniones morales damnatæ fuerunt. Accedit quoque opusculum de castitate, in quo nouum, ac singulare traditur remedium, tam facile quàm efficax, ad hanc virtutem conferens, & etiam ad sanitatem. Authore R. P. Lvdovico Bancel Valentino, eiusdem Ordinis Prædicatorum, sacra Theologia Doctore aggregato & Decano, ipsiusque Professore perpetua in schola S. Thomæ in Vniversitate, necnon Examinatore totius Diœcesis & Legationis Auenionensis, Avenione, Ex Typographia P. Offray, S. Officij Typographi, in foro S. Desiderij sub signo Bibliothecæ, 1677.
France, Paris, Bibliothèque du Saulchoir – cote : 347 C 24.

© Claire Rousseau

Lettre
1. Dans le titulus au-dessus du Christ
I N R I
2. Partant de la bouche du Christ
bene Scripsisti de me thoma
3. Du pape vers Thomas
quot articulos / tot miracula
4. Du pape vers les auditeurs
vobis iniungimus ut eam Sequamini
5. Sur les pages du livre de Thomas
mora /lis
6. Partant de la tête anthropomorphisée du monstre
tolle thomam et dissipabo ecclesiam.
7. Sous le pied du pape
p. pinchard f.
8. Dans la marge inférieure
hanc Sequimur : Superique probant : qua monstra domantur.

Image
Le personnage principal de l’estampe, bien centré en haut de l’image, est, le Christ en croix, qui donne son approbation à Thomas selon l’inscription bene Scripsisti de me thoma. Sous la croix, légèrement sur la gauche, le pape Jean XXII se tourne vers des ecclésiastiques, un docteur et sans doute deux dominicains. Il les enjoint de suivre la morale thomiste qu’il désigne de son index tendu vers le livre porté par Thomas d’Aquin. À droite de l’image, Thomas écrase des deux pieds une hydre à cinq têtes dans laquelle il faut reconnaître une figure symbolique de l’hérésie toujours multiforme. Or, une des formes prises par l’hérésie est la doctrine de Martin Bucer dont la tête est figurée parmi celles de la bête. De cette tête part effectivement la phrase tolle thomam et dissipabo ecclesiam.

États
Un seul état : France, Paris, Bibliothèque du Saulchoir – cote : 347 C 24

Commentaire
Aliénor Cambournac indique dans son étude que cette édition ne comporte pas de gravure[1]. L’exemplaire conservé au Saulchoir prouve le contraire (cote : 347 C 24). Il en est de même pour les exemplaires de la bibliothèque municipale de Lyon (cote : 330520 ; A 496721 ; SJ M035/7) et celui de l’université Complutense à Madrid (cote : BH DER 10183).
Le frontispice du premier tome de l’ouvrage du dominicain Louis Bancel, titulaire d’une chaire en théologie à Avignon, de 1654 à sa mort, répond à la volonté délibérée de contrer les Réformés et tous les détracteurs du thomisme. Outre, ce frontispice, le début de l’ouvrage énumère les approbations que reçut la doctrine de l’Aquinate de la part des papes.
Le frontispice fut plusieurs fois copiés au XVIIIe siècle à Venise, toujours pour illustrer l’impression des œuvres de Louis Bancel (voir Œuvres en rapport ci-après).
Enfin, il semble avoir participé à la réalisation d’une peinture dans l’église des dominicains de Seyne-les-Alpes, sans doute après la Révocation de l’Édit de Nantes (1685), lorsque les dominicains purent triompher localement de leurs adversaires qui les avaient jadis chassés de leur couvent (voir Œuvres en rapport).

[1] L’iconographie de saint Thomas d’Aquin après le concile de Trente (1562-1700), Mémoire dominicaine, Série thématique 9, 2009, p. 91, note 65.

Œuvres en rapport

[Saint Thomas Maître en théologie morale]
Monogramme AF[1]
S. d. [1723]
Burin
C. de pl. : 20,4 x 14,5 cm ; tr. c. : 19,5 x 14,3 cm

[1] Peut-être s’agit-il du graveur Jean-Antoine Faldoni, né vers 1690 (voir François Brulliot, Dictionnaire des monogrammes, marques figurées, lettres initiales, noms abrégés, etc. avec lesquels les peintres, dessinateurs, graveurs et sculpteurs ont désigné leurs noms, Munich, Librairie J. G. Cotta, 1832, tome 1, p. 43).

Frontispice pour Louis BANCEL (1628-1685), Moralis Divi Thomæ Doctoris angelici […] Tomus primus, Venetiis, Apud Andream Poleti, 1723.
France, Toulouse, Bibliothèque du couvent Saint-Thomas d’Aquin – cote : 413 B Ban Mor.

[Saint Thomas Maître en théologie morale]
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
S. d. [1757]
Burin
C. de pl. : 20,6 x 14,95 cm ; image tr. c. : 19,7 x 14,2 cm

Frontispice pour Louis BANCEL (1628-1685), Moralis D. Thomæ Doctoris angelici […] Tomus primus, Venetiis, Apud Jo. Baptistam Novelli, 1757.
France, Paris, Bibliothèque du Saulchoir – cote : 347 C 48.

Le frontispice a également servi pour les éditions suivantes :
Louis BANCEL (1628-1685), Moralis D. Thomæ Aquinatis Doctoris angelici […] Tomus primus, Venetiis, Apud Franciscum ex Nicolao Pezzana, 1769.
Espagne, Madrid, Biblioteca Complutense – cote : BH FLL 9019.

Louis BANCEL (1628-1685), Moralis D. Thomæ Aquinatis Doctoris angelici […] Tomus primus, Venetiis, Apud Franciscum ex Nicolao Pezzana, 1780.
France, Grenoble, Bibliothèque municipale – cote : V.14186.

Hommage à Saint Thomas d’Aquin
ARTISTE NON IDENTIFIÉ
S. d. [fin XVIIe-début XVIIIe siècle]
Huile sur toile
255,5 x 157 cm
France, Seyne-les-Alpes, Chapelle des Pénitents blancs.

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