Thomas d’Aquin


THOMAS D’AQUIN (DOUAI, 1622)

[Saint Thomas d’Aquin et saint François d’Assise]
Martin BAES (actif 1608-1637), graveur
1622
Burin
Épreuve rognée : 30,9 x 19,7 cm[1]

[1] Second état, exemplaire de 1628 (France, Lyon, Bibliothèque municipale – cote : SJ TH 179/12) ; tr. c. : 31 x 20,3 cm.

Titre illustré pour François DU BOIS (dit SYLVIUS, 1581-1649), Francisci Sylvii a Brania Comitis, S. Theol. Doctoris, et eivsdem in Academia Dvacena Regij ac Ordinarij Professoris Ibidemque insignis Ecclesiæ S. Amati Can. & Decani. Commentarivs, in tertiam partem S. Tho. Aqvinatis Doctoris Angelici et commvnis: et in eivsdem svpplementvm Centesima quæstione auctum. Editio Secunda Recognita & multis locis aucta, Dvaci. Ex Officina Marci Wyon, Typo. Iurati sub signo Phœnicis, 1622.
France, Toulouse, Bibliothèque de l’Institut catholique de Toulouse – cote : CAP 17G 061.

© Claire Rousseau

Lettre
1. Dans le cartouche central
FRANCISCI / SYLVII / A BRANIA COMITIS, / S. THEOL. DOCTORIS, / ET EIVSDEM / IN ACADEMIA DVACENA / Regij ac Ordinarij Professoris / Ibidemque insignis Ecclesiæ S. Amati Can. & Decani. / COMMENTARIVS, / IN TERTIAM PARTEM / S. THO. AQVINATIS / DOCTORIS ANGELICI ET COMMVNIS: / ET IN EIVSDEM SVPPLEMENTVM / Centesima quæstione auctum. / Editio Secunda Recognita & multis / locis aucta, / DVACI. / Ex Officina MARCI WYON, / Typo. Iurati sub signo Phœnicis / An. 1622.
2. Sous les armoiries de l’auteur, à droite
Cum Priuilegio.
3. Sous la marque du libraire
Mart. Base f.

Image
Un large piédestal en U soutient le cartouche du titre, orné, en haut, au centre, d’une tête de putto. Sur la partie gauche, saint Thomas d’Aquin dont les œuvres sont commentées, se tient debout, une monstrance à la main. Son manteau est étoilé ; un soleil et une chaîne d’or ornent sa poitrine. La colombe de l’Esprit Saint l’inspire à l’oreille. Face à lui, saint François d’Assise, patron de l’auteur, se tient lui aussi debout, tenant un crucifix contre sa poitrine, dans une attitude qui permet de voir les stigmates des mains, ceux des pieds apparaissant tout aussi clairement. Le saint porte un rosaire à la ceinture. Dans le U du piédestal sont présentées les armoiries de l’auteur, tandis que les extrémités des branches mettent en valeur la marque de l’imprimeur (à gauche) et celle du libraire (à droite). Le haut de la pièce est structuré par une scène de l’Annonciation. La Vierge Marie, surprise dans sa chambre à coucher, est séparée de l’ange Gabriel à la branche de lys par un IHS rayonnant, enjeu du message délivré et du Fiat donné.

Armoiries et marques d’imprimeur et libraire
À gauche : marque d’imprimeur de Marc Wyon (?-1630?), au phénix
Au centre : armoiries de l’auteur, François Du Bois. Coupé, au 1, d’argent à trois lions de sable, au 2, d’azur à une sirène d’argent accompagnée de trois étoiles du même. Devise : Ne nimis
À droite : marque de libraire de Gérard Patté (?-?), au missel d’or

États
Premier état, celui décrit : France, Toulouse, Bibliothèque de l’Institut catholique de Toulouse – cote : CAP 17G 061
Second état : la marque de l’imprimeur est remplacée par un complément de celle du libraire. Des variations dans le titre sont à noter. Pour les exemplaires recensés à partir de 1628, les variations concernent uniquement le titre, l’adresse et l’année, voir le commentaire. 1628 : France, Lyon, Bibliothèque municipale – cote : SJ TH 179/12

Bibliographie
1982, LABARRE, p. 272, n° 19, 27 ; p. 274, n° 39, 45, 49, 52, 54, 56, 57

Commentaire
François Du Bois, plus connu sous la latinisation de son nom (Franciscus Sylvius), reçut le titre de docteur en théologie, en 1610, à la faculté de Douai, où il avait déjà commencé à enseigner.
Parallèlement, il devint chanoine de Saint-Amé en 1618, puis doyen de ce même chapitre en 1622, ce qui lui donna les attributions de vice-chancelier de l’université. Cette activité explique la variation de ses titres dans les éditions successives de ses ouvrages.
Ses commentaires des œuvres de l’Aquinate furent réédités de nombreuses fois, tant à Douai qu’à Anvers, et, en 1714, à Paris.
À Douai, une première édition de commentaires parut en un seul volume, dépourvu de titre, en 1618, chez Marc Wyon.
D’après Jean-Noël Paquot, une première édition de la présente partie serait parue à Douai, chez Marc Wyon, en 1620[1]. Dans le cadre de cette recherche, aucun exemplaire de cette édition n’a été localisé et il est donc impossible de dire si elle possédait déjà le titre illustré. Le titre présenté correspond à la seconde édition de cette partie.
Gérard Patté en confia l’impression à Marc Wyon.
Les éditions suivantes, à partir de 1628, furent imprimées aux seuls frais de Gérard Patté qui fit supprimer la marque de l’imprimeur sur le titre, la remplaçant par un second élément de sa propre marque. Toutes les éditions postérieures, parues jusqu’en 1662, qui ont pu être consultées, conservent le même titre[2]. Seuls changent alors l’intitulé du titre, la typographie de l’adresse et l’année. Albert Labarre mentionne d’autres éditions pour les années 1637 et 1643. Elles posséderaient le même titre. Elles n’ont pu être consultées.

[1] Jean-Noël Paquot (1722-1803), Mémoires pour servir à l’histoire littéraire des dix-sept provinces des Pays-Bas, de la Principauté de Liège, et de quelques contrées voisines, A Louvain, de l’Imprimerie Académique, p. 181.
[2] Voir la bibliographie.