Thomas d’Aquin


THOMAS D’AQUIN (PARIS ?, 1678)

La Face Orientale du Mausolée de St Thomas d’Aquin
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
S. d. [1678]
Eau-forte et burin
C. de pl. : 20,2 x 14,7 cm

Planche pour Jean-Baptiste FEUILLET (vers 1624-1687), L’Année dominicaine ou les vies des Saints, des Bienheureux, des Martyrs, et des autres personnes Illustres ou Recommandables par leur pieté, de l’un & de l’autre Sexe, de l’Ordre des FF. Précheurs, Pour tous les jours de l’Année, avec un martyrologe, Janvier, Recueillies Par le R.P. Jean Baptiste Feuillet, Religieux du mesme Ordre, de la Province de S. Louys, affilié au grand Convent de S. Jacques de l’étroite Observance à Paris, A Amiens, Chez Guislain Le Bel, Imprimeur & Libraire Ordinaire du Roy, proche le College des RR. PP. Jesuites, au Pilon d’or, 1678, entre la page 669 et la page 670.
France, Toulouse, Bibliothèque du couvent Saint-Thomas d’Aquin – cote : 013 B ANN 1.

© Claire Rousseau

Lettre
En haut de l’image, de part et d’autre du sommet du mausolée
La Face Orientale du Mausolée de / St Thomas d’Aquin à Toulouse

Image
Au-dessus des degrés d’un podium clos par une balustrade s’élève le mausolée de saint Thomas d’Aquin de l’église des Jacobins de Toulouse. Au centre de l’arche cintrée, la châsse ciselée est elle-même posée sur un piédestal. L’arc de triomphe est orné de statues : en bas à gauche, saint Vincent Ferrier qui prêcha dans les Jacobins et, en bas, à droite, Raymond de Peñafort, canonisé en 1601 et dont la fête est célébrée en janvier, comme celle de Thomas d’Aquin. Plus haut siègent les papes Pie V et Urbain V. Enfin, au plus haut, saint Thomas d’Aquin est figuré en pied, tenant en main un glaive de feu et un ostensoir en forme de soleil. Inspiré par l’Esprit Saint qui plane au-dessus de lui sous la forme d’une colombe, il écrase un hérétique.

États
Un seul état : France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Va 31, t. 3, H 122948 ; Toulouse, Bibliothèque du couvent Saint-Thomas d’Aquin – cote : 013 B ANN 1 ; Musée Paul Dupuy, Inv. 2.352

Bibliographie
2007, COSTA, p. 215-218 ; 2010, MONTAGNES, p. 446 (figure) ; 468 ; 2011, MONTAGNES, p. 199 (fig. 1) ; p. 207 avec fig. 6 ; 2015, LAFFAY, p. 25 (uniquement la reproduction de l’estampe)

Commentaire
L’auteur indique lui-même qu’il offre l’estampe à ses lecteurs en guise de consolation, sans doute pour palier l’impossible voyage auprès du mausolée de la plupart d’entre eux : « L’an 1628, l’Ordre tenant le Chapitre General à Toulouse, le corps du S. Docteur fut mis solennellement dans une riche chasse d’argent doré, faite à Paris par les plus excellens Orfévres de France, par le R. P. General Siccus, en présence de Monseigneur le Prince de Condé, des Capitoux, & des Principaux de la ville. Cette riche Chasse est sous un Mausolée des plus superbes & des plus magnifiques qui se voient en Europe. Toutes les regles de l’art y sont si bien observées, qu’il passe pour un chef-d’œuvre. Il s’éleve depuis la terre presques jusqu’à la voute de l’Eglise, qui est tres-haute. Il est bâti à quatre faces, qui ont chacune leurs beautez & leurs ornemens. LOrientale & l’Occidentale font montre d’un double rang de grandes colomnes de marbre jaspé, entre lesquelles on admire de belles statües des Papes qui ont canonisé la doctrine de ce grand Saint. Outre les deux autels, sur lesquels on celebre tous les jours la Messe, on en dresse deux autres aux deux autres faces du Midy & du Nord le jour de sa feste ; en sorte que quatre Prestres peuvent celebrer en mesme temps au pied de ce riche Mausolée, sans s’entendre & sans s’incommoder. Le R. P. Henry Aubry Jesuite en a fait une excellente description en vers héroïque. Le Lecteur pourra juger de la richesse & de la magnificence de cét Ouvrage par la representation de la Face Orientale, que j’ay fait graver & mettre icy pour sa consolation[1] ».

[1] P. 669-670.