Thomas d’Aquin


THOMAS D’AQUIN (PARIS, 1647)

[Alexandre de Halès enseignant à saint Bonaventure et à saint Thomas d’Aquin]
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
S. d. [1647]
Burin
Tr. c. : 32,5 x 20 cm

Frontispice pour Jean de LA HAYE (1593-1661), R. P. Alexandri de Hales Primi inter Minores Doctoris, dicti irrefragabilis, sanctorvm, seraphici Bonaventuræ, et angelici Thomæ, præceptoris. Eruditissimi Commentarij, nusquam impressi, in Apocalypsim Sancti Ioannis. Quibus Synopses, annotatiunculæ, indices locupletissimi, & vita Auctoris, accesserunt. Operâ & labore R. P. Ioannis de La Haye Paris. Concionatoris Regij, Lectoris Iubilati, & in regno Galliæ Minorum Procuratoris Generalis, Parisiis, Sumptibus Antonii Bertier, viâ Iacobæâ, sub signo Fortunæ, 1647.
France, Lyon, Bibliothèque municipale – cote : 20336.

© Claire Rousseau

Lettre
Sous le trait carré de l’image
Angelicum docuit doctorem, Seraphicum que / Ergo Spiritibus doctior Angelicis

Image
Monté sur une chaire ornée des symboles des évangélistes, Alexandre de Hales se dresse de toute sa taille sur la droite de l’image. Vêtu de l’habit de son Ordre et coiffé du bonnet des docteurs, il donne un enseignement à quelques clercs assis en contrebas. Les deux premiers à partir de la gauche sont saint Bonaventure et saint Thomas d’Aquin dont la poitrine porte la chaîne d’or et le soleil. L’exercice se déroule dans un milieu fermé, peut-être une église à laquelle des vitraux apportent de la clarté. La position de la main droite d’Alexandre de Hales est particulièrement maladroite.

États
Un seul état[1] : France, Lyon, Bibliothèque municipale – cote : 20336 ; Paris, Bibliothèque nationale de France, N2 Fol. (Alexandre de Halès), D 071623

Bibliographie
2016, CASIN ; VALLÉJO, p. 49

Commentaire
En 1509, les franciscains de Paris, s’appuyant sur les propos de Jean Gerson (1363-1429), insinuèrent que Thomas d’Aquin aurait emprunté une part de sa Secunda secundæ à Alexandre de Halès (1185-1245). En 1625, le franciscain Luke Wadding (1588-1657) reprend l’affirmation dans les Annales Minorum éditées à Paris, puis à Rome. En 1647, Jean de La Haye (1593-1661) réitère le propos et accuse Thomas d’Aquin et les dominicains de plagiat. C’est dans ce contexte qu’il édite la présentation de la pensée et de la doctrine d’Alexandre de Halès et fait graver le frontispice qui place Thomas d’Aquin et saint Bonaventure comme auditeurs, voire comme élèves, du célèbre rhéteur.

[1] Au second tome, le titre typographié porte « Tomvs Secvndvs, ».