Thomas d’Aquin


THOMAS D’AQUIN (PARIS, APRÈS 1637)

Divvs Thomas Aqvinas qvintvs Ecclesiæ Doctor.
Herman WEYEN (début du XVIIe siècle-1672), éditeur
S. d. [après 1637]
Burin
Feuille : 45,7 x 31,8 cm
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Rd2 Fol. (saint Thomas d’Aquin), H 181445.

© Claire Rousseau

Lettre
1. En arrière-plan sur la gauche, partant du Christ en croix
BENE SCRIPSISTI DE ME THOMA
2. Partant de la bouche de Martin Bucer, en bas à gauche
TOLLE THOMAM ET DISSIPABO ECCLESIAM
3. Sous le trait carré de l’image
DIVVS THOMAS AQVINAS QVINTVS ECCLESIÆ DOCTOR. / Ipse tanquam imbres mittet eloquia Sapientiæ, et palam faciet disciplinam Doctrinæ suæ, collaudabunt / multi Sapientiam eius, et vsque in Sæculum non debilitur. Herman Weyen excudit

Image
Dans une bibliothèque aux étagères chargées de ses œuvres, Thomas d’Aquin est présenté debout à côté d’une table ouvragée drapée d’un tapis. Vêtu de l’habit de son Ordre, il est auréolé. La colombe de l’Esprit Saint vient l’inspirer du côté de l’oreille droite. Dans la main droite, prêt à écrire, il tient une plume tandis que sa main gauche repose à plat sur un livre ouvert sur la table. Dans le coin inférieur gauche apparaît une tête délivrant un message. Il s’agit de celle de Martin Bucer, dominicain passé à la Réforme. En arrière-plan sur la gauche, saint Thomas est représenté une seconde fois, agenouillé devant un crucifix. Le Christ s’adresse à Thomas pour lui donner son approbation. Dans le coin supérieur gauche, trois putti sont témoins des scènes.

États
Un seul état : France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Rd2 Fol. (saint Thomas d’Aquin), H 181445 ; N3 Fol. (Thomas d’Aquin, saint), D 292526

Commentaire
Le modèle est vraisemblablement l’estampe dessinée par Abraham Diepenbeeck et gravée par la famille Galle sur commande du dominicain Pierre Malpée (1591-1645) [Cat. 411]. Cependant, l’estampe parisienne acquit une dimension polémique, la tête de Martin Bucer remplaçant au sol mitres et crosse. L’Ordre afficha ainsi clairement que la doctrine de Thomas d’Aquin, Docteur de l’Église, était plus forte que celle des Réformés.
Sur le dossier du fauteuil une couronne de feuillage donne à penser qu’il y eut peut-être d’autres états avec les armoiries d’un dédicataire, par exemple.