Thomas d’Aquin


THOMAS D’AQUIN (LYON, 1603-1609)

[Les cinq Docteurs de l’Église]
Jacques FORNAZERIS (actif vers 1585-1619), dessinateur et graveur
1609
Burin
C. de pl. : 33,2 x 21,7 cm environ

Titre illustré pour Gregorio de VALENCIA (1550-1603), Gregorii de Valentia Metimnensis, E’ Societate Iesv, Sacræ Theologiæ in Academia Ingolstadiensi Professoris, Commentariorvm Theologicorum Tomi IIII. In qvibvs omnes qvæstiones, quæ continentur in summa Theologica D. Thomæ Aquinatis, ordine explicantur : ac suis etiam in locis controuersiæ omnes fidei elucidantur: Tomus Primus: complenctens omnia Primæ partis D. Thomæ Theoremata. Cvm variis indicibvs. Ad serenissimum vtriusque Bauariæ Ducem, Gvilhelmvm V. Editio Postrema: Ab Auctore nunc vltimùm diligentissimè accuratissiméque emendata, multisque in locis locupletata: & vltra præcedentes editiones, nitori suo reddita, Lvgdvni, Sumptibus Horatii Cardon, 1609.
France, Lyon, Bibliothèque municipale – cote : SJ TH 284/8.

© Claire Rousseau

Lettre
1. En haut de la colonne de gauche
THEOLOGIA
2. En haut de la colonne de droite
PHILOSOPHIA
3. Pour désigner les Pères, à gauche, de haut en bas
S. GREGORIVS ; S. AMBROSIVS
4. Pour désigner les Pères, à droite, de haut en bas
S. HIERONIMVS ; S. AVGVSTINVS
5. Sous le portrait de Thomas d’Aquin
S. THOMAS AQVINAS.
6. Dans le cartouche sous le portrait de Thomas
M. DCIX.
7. Dans le cartouche, en bas de chaque colonne
[Monogramme de l’éditeur] HC
8. Sous la colonne de droite
Jacobus de fornazeri lineavit et Fecit
9. Au centre du portail, titre imprimé
GREGORII / DE VALENTIA / METIMNENSIS, E’ / SOCIETATE IESV, SACRÆ / Theologiæ in ACADEMIA Ingol- / stadiensi Professoris, / COMMENTARIORVM / Theologicorum Tomi IIII. / IN QVIBVS OMNES QVÆSTIONES, / quæ continentur in summa Theologica D. THOMÆ / Aquinatis, ordine explicantur : ac suis etiam in / locis controuersiæ omnes fidei elucidantur: / Tomus Primus: / COMPLENCTENS OMNIA PRIMÆ / partis D. THOMÆ Theoremata. / CVM VARIIS INDICIBVS. / Ad serenissimum vtriusque Bauariæ Ducem, / GVILHELMVM V. / EDITIO POSTREMA: / Ab Auctore nunc vltimùm diligentissimè accuratissiméque emendata, / multisque in locis locupletata: & vltra præcedentes / editiones, nitori suo reddita. / LVGDVNI, / Sumptibus Horatii Cardon. / CVM PRIVILEGIO REGIS.

Image
Titre-frontispice, le passe-partout de Jacques Fornazeris inscrit le titre au centre d’un portail architectural dont les côtés sont agrandis par des ornements ombrés : demi-vases de fleurs, sphinges, autres ornements. Sur les rampants du fronton sont placées, à gauche, l’allégorie de la Foi, et à droite, l’allégorie de la Science. Le fronton lui-même est orné d’un portrait de la Vierge Marie surmonté par un IHS. De part et d’autre du portrait un angelot soutient une guirlande de fleurs. Les colonnes de l’arcade sont ornées par la figuration en pied des Docteurs de l’Église, statues en avant de niches cintrées ; à gauche, saint Grégoire et saint Ambroise ; à droite, saint Jérôme et saint Augustin. Dans le bas, entre les deux colonnes, le portrait de Thomas d’Aquin est inséré dans une décoration imaginaire. Le saint, de trois quarts vers la gauche, se tient devant une table ou un autel. Dans la main droite, il tient un calame et dans la gauche, un ciboire surmonté d’une hostie. Le soubassement de chaque colonne est orné d’un motif à fleur de lys et, en-dessous du monogramme de l’éditeur.

États
« Premier » état : la date du titre est « M. DCIII ». France, Toulouse – cote : Fa A 700
« Second » état, celui décrit : France, Lyon, Bibliothèque municipale – cote : SJ TH 284/8

Bibliographie
1962, IFF, t. 4, p. 265, n° 53 ; 1987, MOYNE, p. 57, n° 64 (1603) ; p. 58, n° 70 (1609) ; 2011, POMMIER, p. 260-263, n° 55 ; Fig. 55/1, p. 262

Commentaire
Henriette Pommier a recherché un modèle ayant pu inspirer Jacques Fornazeris. Il s’agirait du titre-illustré anonyme de l’ouvrage, édité en 1592 à Ingolstadt[1]. Jacques Fornazeris n’y aurait apporté que deux modifications, dont une intéresse particulièrement cette étude. En bas, au centre, était figuré saint Jean écrivant. Le graveur lyonnais lui préfère saint Thomas d’Aquin. La seconde variante serait l’introduction de la figuration du Christ sous le monogramme des jésuites. L’auteur insiste à plusieurs reprises sur ce portrait du Christ. La remarque est étonnante. La longue chevelure du personnage et les fins traits du visage conduisent plutôt à y reconnaître la Vierge Marie, mains jointes en prière.
La première édition utilisant le titre-illustré date de 1603. Elle paraît à Lyon, chez Horace Cardon (1566 ?-1641).
Henriette Pommier a également étudié la fortune de ce modèle. Parmi les différentes interprétations, une seule, sous le burin de Claude ou de Karl Audran, a conservé le portrait de Thomas d’Aquin, [voir page suivante]. L’ouvrage est une nouvelle fois édité chez Horace Cardon, à Lyon, en 1619.

[1] France, Paris, Bibliothèque nationale de France – cote : D-1715.