Thomas d’Aquin


PLANCHE AVANT LA PRIMA PARS (P. 30)

[Saint Thomas d’Aquin, fleuve de sagesse des docteurs dominicains]
Claudine [BOUZONNET-]STELLA (1641-1697), dessinateur et graveur
S. d. [1669]
Burin
C. de pl. : 30,5 x 19,1 cm ; tr. c. : 30,1 x 18,7 cm.

© Claire Rousseau

Lettre
1. Sur les pages du livre tenu par Thomas
Summa / Theolo: / gica. / Quæstio. I. / de sacra / doctrina.
2. Désignant les dominicains, de gauche à droite
Capreolus ; Caietanus ; Aluarez ; Ferrariensis
3. Sous le trait carré, au centre
Fit Paradisi fluuius, quadripartité peruius.
4. Sous le trait carré, à droite
C. Stella in. sculp.

Commentaire
L’inscription sous la gravure évoque le fleuve du paradis, auquel est assimilé l’Aquinate : Fit Paradisi fluvius, quadripartite pervius (Il est un fleuve du paradis qui s’écoule en quatre bras). Il s’agit du verset de l’une des hymnes de l’office de Vêpres de la fête de saint Thomas. Ce verset est lui-même extrait des Etymologiarum sive Originum d’Isidore de Séville (vers 560-636) dont les propos sur le paradis éclairent bien des choix iconographiques faits pour saint Thomas d’Aquin : « Là en effet abondent toutes sortes d’arbres, y compris l’arbre de la vie. Il n’existe là ni froid ni chaleur, mais au contraire une douceur permanente. De son centre jaillit une fontaine qui arrose tout le bois et se divise en quatre branches qui donnent naissance à quatre fleuves distincts. L’entrée à ce lieu a été close depuis le péché de l’Homme. De tous côtés il est entouré d’épée de feu d’une hauteur telle que ses flammes touchent presque le ciel. Un chérubin, le premier des anges, en fait, s’y trouve, une épée flamboyante à la main, pour interdire le passage aux esprits malins : les flammes éloignent les hommes et les anges, les mauvais anges afin que les portes du Paradis soient fermées à la chair et à l’esprit qui a désobéi » (cité dans Corin BRAGA, Le Paradis interdit au Moyen-Âge. La quête manquée de l’Eden oriental, Paris, L’Harmattan, « Littératures comparées », 2004, p. 104-105).