Thomas d’Aquin


THOMAS D’AQUIN (ANVERS, AVANT 1618)

Ecce plus quam salomon hic. [Thomas d’Aquin, fontaine de science]
Adriaen COLLAERT (vers 1560-1618), graveur et éditeur
S. d. [avant 1618]
Burin
Feuille : 22,8 x 17,3 cm
Belgique, Bruxelles, KBR, S.I. 478.

© Claire Rousseau

Lettre
1. Sur le phylactère au-dessus de Thomas d’Aquin
BENE DE ME SRIPSISTI THOMA.
2. Autour de la tête de Thomas d’Aquin
DOCTOR ANGELICVS.
3. Sous les pieds de Thomas d’Aquin
ECCE PLVS QVAM SALOMON HIC. Luc . 11.
4. À gauche de cette inscription, en arrière plan
Omnes sitientes
5. À droite
venite ad aquas. Isa. 55.
6. Sous le plateau de la fontaine
SVMMA D. T.
7. Dans les flots jaillissant
PRIMA PARS. ; SECVNDA PARS ; TERTIA PARS.
8. Sur la bordure de la fontaine
ECCE FONS PARVVS CREVIT IN FLVVIVUM. Ester 20.
9. Sur les pierres de la fontaine, titres abrégés des ouvrages de Thomas
Suma con. gen. ; De veritate. ; In 1m Sent. / In 2m Sent. ; In 3m Sent. ; In 4m Sent. / In eplas Pauli. ; In Cant. cantic. ; Serm. de temp. / Serm. de Sanc. ; In metaphijs. ; In 8. lib. Phijl. / In lib. Per[…]ierm[1]. ; In lib. poster. ; Opuscula / In 4 lib. ad Han[2]. ; In Iob. ; Catena aur. / In Mat. et Ioan. ; Quæst. quodl. ; In Psalmos.
10. En bas de l’image, au centre
Adrian. Collaert fecit et excudit.
11. Sous le trait carré de l’image
Ipse tamquam imbres mittet eloquia sapientiæ suæ, et palam faciet disciplinam doctrinæ eius : / collaudabunt multi sapientiam eius & vsque in seculum non delebitur. Eccl. 39. / RDO ADM. PATRI, P. F. AVGVSTINO BARETI S. T. DOCT. ORD. PRÆD. / REGINÆ FRANCIÆ CONCIONATORI CELEBERRIMO / DD.F.N.M.M.

[1] La graphie n’apparaît pas clairement. Il s’agit de l’exposition sur les Libri Peryermenias.
[2] Malgré toutes nos recherches et la collaboration de François Daguet, directeur de l’Institut Saint-Thomas d’Aquin, nous n’avons pu déterminer à quel écrit cette mention fait référence.

Image
Au centre de l’image, Thomas d’Aquin se dresse sur la fontaine de son œuvre principale, la Somme. Ailé, le religieux porte sur la poitrine le soleil et la chaîne d’or. Il tient en main une plume et retient contre lui un livre fermé. La colombe de l’Esprit Saint vient l’inspirer à l’oreille droite. Au-dessus de lui deux anges tiennent un phylactère surmonté d’une croix, sur lequel est inscrite la parole d’approbation du Christ. Aux pieds de Thomas d’Aquin, sont renversés les insignes des pouvoirs temporels et ecclésiastiques auxquels il renonça. Le visage du religieux est tourné du côté où un angelot tient les armoiries du dédicataire. De la fontaine jaillissent trois flots, les trois parties de la Somme. Un groupe de religieux et clercs puise dans la vasque l’eau de la Somme. Au sein de ce groupe se reconnaissent à leurs vêtements des dominicains, un franciscain et un jésuite. La maçonnerie de la vasque est composée par les autres écrits de Thomas d’Aquin. En arrière-plan, à gauche et à droite, l’eau de la fontaine se répand en ruisseaux qui traversent le paysage. Des hommes viennent y puiser.

Armoiries
À gauche, armoiries de l’Ordre des Prêcheurs.
À droite, armoiries du dédicataire, Agostino Baretti (?-1620) : non blasonnées

États
Premier état, celui décrit : Belgique, KBR , S.I. 478 ; France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Rd2 Fol. (saint Thomas d’Aquin), H181450
Second état : la signature est désormais « Adrian. Collaert fecit et Car. Collaert excud. ». Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum, RP-P-1908-2123

Bibliographie
2005, NEW HOLLSTEIN, The Collaert Dynasty (Part V), p. 81, n° 1127 ; p. 80, fig. 1127 ; 2009, CAMBOURNAC, p. 98-105 ; p. 225, fig. 101

Commentaire
Le dédicataire est un dominicain originaire de Milan. Agostino Baretti (?-1620), qui passa rapidement en France où Catherine de Médicis l’appela en 1582 pour prêcher à la cour en italien. Il s’installa ensuite à Avignon, avant de revenir à Paris auprès de Catherine de Médicis, en 1610. Agostino Baretti se rendit ensuite dans les Pays-Bas méridionaux où il prêcha à la cour de Bruxelles. En 1620, année de sa mort selon les Scriptores Ordinis Prædicatorum, il publia encore un ouvrage à Anvers.
Les initiales du commanditaire n’ont pu être attribuées.
L’impression du second état de la planche est due au fils d’Adriaen Collaert, Carel Collaert (1598-1654), sans qu’il soit possible de donner une date au nouveau tirage.