Rosaire


ROSAIRE / IMAGE DE DÉVOTION (ANVERS ?, avant 1665)

Sumite quæ dignâ dantur pia munera dextrâ
Jan Baptist I VAN DEN SANDE (1600-1664/1665), graveur
S. d. [avant 1665]
Burin
C. de pl. : 27,7 x 20 cm
Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum, RP-P-OB-75.279.

© Rijksmuseum

 

 

 

 

Lettre
Dans la marge inférieure
SVMITE QUÆ DIGNÂ DANTUR PIA MVNERA DEXTRÂ / MVNERA QUÆ MVNDI CORDA SVPERBA DOMENT. / Ioan. Van Sande.

Image
Au centre d’un chapelet à la croix fleurdelisée, entrelacé de feuillage et de roses, La Vierge Marie couronnée apparaît debout sur un croissant de lune, tenant l’Enfant Jésus sur le bras gauche. La Mère et l’Enfant offrent des chapelets à saint Dominique et à sainte Catherine de Sienne agenouillés en contrebas. Les deux saints sont eux aussi auréolés d’un arc de cercle et dotés d’attributs : lys et chien à la torche couché près d’un orbe pour Dominique, couronne d’épines, stigmates et croix plate et grande pour Catherine. Le bas de l’image dévoile les âmes du purgatoire dans les flammes recevant des rosaires de la part de deux anges.
Le rosaire qui entoure la Vierge et l’Enfant est doublé d’un cordon à pompons tenu par la colombe de l’Esprit Saint. Le long du cordon sont accrochés des médaillons figurant les quinze mystères.
Dans le haut de l’image six putti accompagnent l’apparition.

États
Un seul état : Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum, RP-P-OB-75.279

Commentaire
Dans la collecte, l’estampe de Jan van den Sande apparaît comme la plus ancienne de ce type de représentation, ce qui ne signifie nullement qu’il n’y en ait pas eu d’antérieure, flamande ou italienne, voire française.
La gravure sur bois apparaissant sur le diplôme de 1680 reprend ce modèle pour la figuration de la Vierge à l’Enfant, des deux saints, du rosaire enlacé de roses et pour la présence de putti [page 8]. En revanche un paysage remplace le purgatoire et les médaillons des mystères ont disparu.
Le purgatoire avec les anges offrant des rosaires aux âmes a bien été conservé dans la gravure des placards grenoblois imprimés chez Jacques Petit [page 7]. L’ensemble, bien que proche de la présente estampe, est plus grossier et ne s’attache guère à reproduire fidèlement l’attitude des personnages.
La différence de traitement du bas de l’image, purgatoire ou paysage, invite à la prudence dans la considération de l’image miraculée au couvent de la Visitation de Toulouse, le 13 janvier 1659 [voir page 100]. Si la partie supérieure de l’original, seule subsistante et actuellement conservée au monastère de la Visitation d’Annecy, est une variante iconographique des trois estampes précédentes, aucun élément ne permet de dire ce que figurait le bas de l’image[1]. Pour la datation du placard, on ne saurait arguer, comme Bernard Montagnes, du « caractère archaïque » de l’image pour la faire remonter « aux débuts du règne de Louis XIII, donc après 1610[2] ». La plupart des gravures sur bois des images de dévotion avaient au XVIIe siècle et ont gardé jusqu’au XXe siècle, ce caractère « archaïque » pérennisant, parfois fort longtemps, des modèles devenus désuets en taille-douce.

[1] En dépit de demandes réitérées et de promesses reçues, il n’a pas été possible d’obtenir un cliché de cette image. Que soit ici remercié Bernard Montagnes pour la transmission de photocopies, suffisantes pour la réflexion mais ne pouvant entrer dans le catalogue.
[2] Sans date, Bernard MONTAGNES, « La légende toulousaine de Saint Dominique – 3. L’image du Rosaire épargnée par le feu (13 janvier 1659) », Site Internet : dominicains.com/figures-dominicaines/s-dominique/117-la-legende-toulousaine-de-saint-dominique?start=2. [Consulté le 21 juillet 2013 ; page supprimée depuis]