Rosaire


ROSAIRE / DIPLÔME (AIX, AVANT 1672)

Rosaire de la famille
LIGOIN (?), graveur
Jean-Baptiste (?-1672) et Estienne ROIZE (?-1691), éditeurs
S. d. [avant 1672]
Xylographie
Image au tr. c. : 23 x 18,7 cm
France, Grenoble, Bibliothèque municipale, F.18754.

© Claire Rousseau

Lettre
Au-dessus du trait carré inférieur, près de la main de saint Dominique
Ligoin

Image
Dans le bas de l’image, saint Dominique à gauche et sainte Catherine de Sienne à droite sont présentés de trois-quarts et en trois-quarts, la tête auréolée de rayons. Saint Dominique qui tient de la main gauche une branche de lys, reçoit de la droite un rosaire. Sainte Catherine tient les mains croisées et apposées sur sa poitrine faisant ainsi apparaître sur la droite la marque de sa stigmatisation. Au centre de la composition, la Vierge Marie se tient debout sur un croissant de lune, offrant de la main droite le rosaire et tenant sur le bras gauche l’Enfant Jésus assis. Celui-ci offre une couronne d’épines à sainte Catherine qui ne le regarde pas. L’apparition est cernée de rayons bornés par les perles d’un rosaire que deux anges tiennent d’une main, élevant la croix vers le haut. La croix environnée elle aussi de rayons domine ainsi l’ensemble de la composition. Les anges tiennent ensemble une couronne de roses au-dessus de la tête de la Vierge.

États
Un seul état :
France, Grenoble, Bibliothèque municipale, F.18754

Texte du diplôme
Sous l’image

ROSAIRE DE LA FAMILLE DE
Colonne de gauche

Mysteres Ioyeux. / 1. L’Annonciation de l’Ange. / 2. La Visitation de la Sainte Vierge. / 3. La Natiuité de Iesus. / 4. La Presentation de Iesus au Temple. / 5. Le Retrouuement de Iesus au Temple.
Colonne centrale
Mysteres Douloureux. / 1. L’Oraison de Iesus au iardin. / 2. La Flagellation de Iesus. / 3. Le Couronnement d’épines. / 4. Son Portement de Croix. / 5. Son Crucifiement.
Colonne de droite
Mysteres Glorieux. / 1. La resurrection de Iesus. / 2. Son Ascension au Ciel. / 3. La Descente du S. Esprit sur les Apostres. / 4. L’Assomption de la Mere de Dieu. / 5. Son couronnement dans l’empirée.
Texte aligné de nouveau sur la gauche
Les Confreres sont obligez de dire un Rosaire chaque semaine, tout à la fois, ou en diuerses parties. Le premier Chapellet se / dit pour la conuersion des pecheurs, le second pour les agonizans, & le troisieme pour les pauures ames du Purgatoire. En suite / se doivent confesser & communier tous les premiers Dimanches de chaque mois, & Festes de la Sainte Vierge, ausquels iours on / gagne Indulgence pleniere, & pendant qu’on dit le Rosaire vocalement on medite les mysteres susdits ; au premier cinq dixains /on medite les mysteres ioyeux, au second Chapellet les mysteres douloureux, & au troisieme les mysteres glorieux. Il y a aussi In- / dulgence pleniere le iour de la reception à la Confrerie en se confessant & communiant, & à l’heure de la mort. Et Clement IX. / se fit bailler l’absolution generale par le Vicaire general de l’Ordre des Freres Prescheurs, concedée aux Confreres aux Confreres moribons, & se / fit écrire au Liure du Rosaire, en cas qu’il n’y fust pas écrit. Il y a encore Indulgence pleniere pour ceux qui disent le Rosaire entier, / ou bien delivrance d’une ame du Purgtoire, concedèe par Paul III, qui doit redoubler la deuotion de ceux & celles qui le di- / sent dans les Oratoires des maisons tout entier, outre qu’il a plusieurs Evesques qui ont concedè plusieurs iours d’Indulgence à / ceux & celles qui le disent ainsi en commun au Chœur par-cœur à haute voix dans la Congregation & Familles deuotes. / Le Rosaire perpetuel ne se dit qu’une fois l’annèe, ou plusieurs ; on prend une heure au sort ou plusieurs pour le reciter ou bien au / choix pour ceux qui sont incōmodez. Urbain VII tira son heure au sort, qui luy tomba le 22. May à 23. heures d’Italie : c’est bien / peu de chose que de huit mil sept cens soixante heures dont l’annèe est composee d’en donner une à la Sainte Vierge, ou plusieurs / & pour auoir la onsolation de sçauoir qu’il y aura de millions de personnes qui prieront Dieu pour vous à chaque heure du iour / & de la nuit pendant toute l’annèe, & sans que tout cela oblige à aucun peché ny mortel ny veniel. / Ie diray le Rosaire le du mois de de à du / Ie à l’heure qui suit. / Ie consecutiuement. / Ie à l’heure d’apres immediatement en suite
Sous le texte, entre deux lignes de bordure
A AIX, chez IEAN-BAPTISTE & ESTIENNE ROIZE Imprimeurs du Roy & de l’Vniversité.

Commentaire
La particularité du diplôme est d’être destiné à l’engagement d’une famille au Rosaire perpétuel. Sa datation a pour limite le décès de l’un des deux frères imprimeurs, Jean-Baptiste Roize, en 1672.
Aucune information n’a pu être recueillie au sujet du graveur. L’iconographie de son œuvre est à rapprocher de celle de l’image publiée à Paris par Henri II Bonnart quelques années plus tard [page suivante]. Les deux images relèvent vraisemblablement de la même typologie, peut-être en vogue dans la deuxième moitié du XVIIe siècle comme le montre l’image anversoise d’Alexandre Voet [Voir page suivante].