Rosaire


ROSAIRE / HOMMAGE AUX SOUVERAINS (QUIMPER, VERS 1710-1715)

Notre Dame du St Rosaire
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
Thomas VICENT [VINCENT] (?-?), éditeur
S. d. [vers 1710-1715]
Xylographie, épreuve coloriée au pochoir
Feuille : 38,7 x 29 cm ; tr. c. : 34,2 x 25,3 cm
France, Marseille, Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, 1951.31.1.

© MUCEM

 

 

Lettre
Dans le bas d’image
NOTRE DAME DU ST ROSAIRE P : P : N. / SE UEND A : QUIMPER CHE : THOMAS. UICENT

Image
Au centre se dresse un rosier dont les fleurs laissent voir en leur cœur les scènes des quinze mystères. Au milieu de ce rosier, la Vierge Marie trône avec l’Enfant Jésus debout sur la cuisse gauche. La colombe de l’Esprit Saint vole à la droite de la tête de la Vierge. La Vierge et l’Enfant tendent des rosaires aux personnages répartis sous le rosier, à droite et à gauche. À droite se tiennent saint Dominique et sainte Catherine de Sienne. Saint Dominique porte une étoile sur le front et une branche de lys dans la main gauche. Près de lui est couché un chien qui enflamme d’une torche tenue en gueule un orbe chrétien. Sainte Catherine est couronnée d’épines et tient un crucifix dans la main droite. Face à eux, à gauche de l’image, sont agenouillés saint Louis et un personnage féminin non identifié. Saint Louis tient en main la couronne d’épines et les clous de la Passion du Christ. Devant lui, à terre, sont posés les Regalia, insignes de la royauté : couronne, main de justice, sceptre. Au registre inférieur deux groupes sont séparés par la représentation du purgatoire avec deux anges psychopompes. À gauche, agenouillés, se tiennent Louis XIV, suivi d’Anne d’Autriche, sa mère, et de Philippe, duc d’Anjou, son frère, et d’une femme non identifiée. Louis XIV paré du collier de l’Ordre du Saint-Esprit offre ses insignes royaux. À droite, plusieurs ecclésiastiques sont aussi agenouillés. Sans doute faut-il reconnaître le pape Alexandre VII (pape de 1655 à 1667) plutôt que Pie V, et Pierre de Marca (1594-1662), nommé archevêque de Toulouse en 1652. Un troisième ecclésiastique, non identifié, complète le groupe.

États
Un seul état : France, Marseille, Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, 1951.31.1

Bibliographie
1925, DUCHARTRE ; SAULNIER, p. 319-320, 400, reproduction en couleurs hors texte entre les pages 318 et 319 ; 1958, La Vierge dans l’art méridional, n° 106 ; 1973, Cinq siècles d’imagerie française, p. 131-132, n° 105 ; 1989, GARNIER, p. 40 ; 1990, GARNIER, p. 170, n° 345

Commentaire
La présente estampe semble être une copie de celle imprimée vers 1660 à Toulouse [page précédente].
Pierre-Louis Duchartre et René Saulnier l’estimaient de qualité supérieure à l’image toulousaine. Il n’apparaît pas clairement que l’éditeur, dont aucune donnée biographique n’est connue, en soit également le graveur.
Si l’identification des personnages est correcte, l’estampe évoque sans doute le long séjour que Louis XIV effectua à Toulouse à partir du 4 octobre 1659[1]. Installé à l’archevêché, le jeune roi et la cour visitèrent, entre autres, les Jacobins, où se trouvait établie la confrérie du Rosaire. L’estampe viserait donc à commémorer cet événement.
Est-ce la mort de Louis XIV qui conduisit à produire la copie d’une image déjà datée dans le temps ?

[1] Nicole Garnier (1989) préfère voir dans la scène la reconnaissance de Louis XIII et d’Anne d’Autriche pour la naissance du Dauphin : « en effet, les personnages agenouillés au pied du Rosaire peuvent être identifiés comme Louis XIII et Anne d’Autriche, remerciant la Vierge du Rosaire de la naissance du futur Louis XIV après des années de mariage en 1638 ». Si tel était le cas, le Dauphin aurait été représenté dans les bras du couple royal. D’autre part, si cette identification s’avérait exacte, il faudrait reconsidérer la datation de l’image toulousaine.