Rosaire


ROSAIRE / DIPLÔME (PARIS ?, XVIIIe SIÈCLE)

Les devoirs des Confreres du Saint Rosaire
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
S. d. [XVIIIe siècle]
Burin
C. de pl. : 30,7 x 18,3 cm
France, Paris, Bibliothèque de l’Institut national d’Histoire de l’Art, Ob 2 (160).

© Claire Rousseau

 

 

 

 

Lettre
1. Dans un cartouche vers le centre de l’image
Les Devoirs des confreres du saint Rosaire / Ils doivent I° reciter chaque Semaine le Rosaire entier de quinze dixaines en un / ou plusieurs jours meditant les 15. Misteres pour en pratiquer les vertus, et / appliquant le Ir Chapelet pour la conversion des pecheurs, le .2. pour les / Agonizans et le .3. pour les Ames detenues en Purgatoire. 2e. se confesser et com / munier le Ir Dim. de chaque mois, les jours auxquels on celebre quelquun des / Misteres, et les .7 Festes de la Ste Vierge assistant, s’il se peut a la procession, et / visitant la Chapelle du Rosaire en y priant selon lintention de l’Eglise pour / gagner les Indulgences plenieres accordees ces jours la, aussi bien qua la reception, et / a l’heure de la mort, sans que tous ces devoirs ou pratiques du Rosaire, obligent / a aucun Peche.
2. Sous la représentation de la bataille de Lépante
La Victoire de L’epante sur les Turcs / par la vertu du St Rosaire en 1571.
3. Sous la représentation de la bataille de Muret
La defaite des Heretiques Albigeois / par le secours du st Rosaire en / 1213.
4. Sous les inscriptions précédentes
Pour participer au Rosaire perpetuel, qui se dit nuit et jour pour louer continuellement Iesus et / Marie, on prent une heure a son choix, pour le reciter tout entier, lapliquant cō. cy desus
5. Sous le trait carré de l’image
Je diray le Rosaire le du mois de de a heures du

Image
L’image, bordée d’un cadre, est tripartite. Un peu plus du tiers supérieur est occupé par la remise du don du Rosaire à saint Dominique dans un paysage montagneux et boisé. La Vierge Marie apparaît assise dans les nuées, portant l’Enfant Jésus assis sur ses genoux. Elle tend de la main droite un Rosaire que saint Dominique accueille de ses deux mains. Des angelots l’environnent tandis que des attributs (chien, lys, livre) permettent d’identifier Dominique vêtu de l’habit de son Ordre.
Le tiers médian donne à lire les devoirs des confrères inscrits dans un cartouche.
Le tiers inférieur est divisé en deux dans la largeur et évoque des victoires militaires obtenues par l’intercession de la Vierge du Rosaire (de droite à gauche pour suivre l’ordre chronologique : la bataille de Muret, la bataille de Lépante). Saint Dominique est représenté participant à la bataille de Muret, crucifix en main. Pie V est en prière dans son oratoire pendant le déroulement de celle de Lépante.

États
Un seul état : France, Paris, Bibliothèque de l’Institut national d’Histoire de l’Art, Ob 2 (160)

Bibliographie
1999, LOTHE ; VIROLE, p. 101, n° 140

Commentaire
L’estampe a été imprimée sur un papier assez épais, sans doute du XVIIIe siècle.
Les deux scènes très particulières des batailles de Muret et de Lépante avec la présence de saint Dominique et du pape Pie V conduisent à rapprocher le placard de celui des Papes du saint Rosaire [page précédente], sans pouvoir dire lequel est antérieur au second. De ce fait, le présent placard peut tout aussi bien appartenir au premier qu’au second quart du siècle. S’il fallait trancher, il serait plus facile d’opter pour une antériorité du présent placard. En effet, dans la version dédiée aux papes, la représentation des victoires militaires est déséquilibrée. Les présentes scènes ont été complétées par la prise de la Rochelle mais une quatrième victoire référée au Rosaire n’étant pas célébrée, le commanditaire et le graveur ont dû compléter la rangée du bas par une mention de grâces générales.