Rosaire


ROSAIRE / PLACARD (PARIS, APRÈS 1671)

[Hortus conclusus]
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
S. d. [après 1671]
Burin
C. de pl. : 44,2 x 32 cm
France, Paris, Bibliothèque du Saulchoir, D32.

© Claire Rousseau

 

 

 

 

 

Lettre
1. Sur des écussons devant les saints, en partant de la gauche
flores / eius fruc / tus honoris / eccl 24 / Beatus . Iacobus ; fructus / eius dul / cis gutturi / Cant 2 / Sanctus . Raymundus ; deus / incremen / tum dedit / I cor . c 3 / Sanctus Vincentius ; beata / Virgo / Rigauit / Sanctus . Antoninus ; ego / plantaui / I cor c 3 / Sanctus . Dominicus ; quasi / plantatio / rosæ / eccl c 24 / Sanctus . pet marte ; altitudo / eius celos / contingens / dan 4 c / Sanctus Thomas ; latitu / do eius / ad extre / munt ter / ræ / Sanctus . Hiacintus ; esca / uniuerso / rum in / ea / Sanctus . Ludouic ; aues / Cæli ha / bitant in / ramis eius / math c / 13 / Beatus . Ambrosius
2. Devise autour des armoiries de l’Ordre au centre de la balustrade du jardin
laudare, benedicere et predicare
3. Sous la balustrade, de part et d’autre des armoiries
[à gauche, en latin] :
Carpe Sacras Pia dextra Rosas Ceu germina vitæ. / quæ tinxit xrs [abréviation de christus surmontée d’un trait horizontal] sanguine, Lacte Parens.
[à droite, en français] :
Prens Ce Sacré Rosier Comme germe de Vie, / teint Au Sang de jesus & au Lait De marie.
4. Sous le trait carré de l’image
Conuentus Tholosanus ff prædicatorum juuen et reginæ S S Rosari dicauit

Image
Dans un jardin entièrement clos par une balustrade se dresse un rosier dont la floraison occupe les deux tiers supérieurs de l’image. Au centre d’une couronne de roses, de boutons et de feuillage de l’arbre, la Vierge Marie siège, assise sur des nuées et portée par des angelots. Couronnée et auréolée, elle tient l’Enfant Jésus debout sur le genou gauche. De la main droite, elle tend un chapelet. L’Enfant fait de même de la main gauche et des angelots les environnant proposent eux aussi chapelets et roses. Les cœurs des quinze roses qui entourent cette scène principale offrent en images la représentation des quinze mystères. La lecture démarre en bas à gauche et se poursuit en remontant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.
De part et d’autre du tronc du rosier, cinq bienheureux ou saints de l’Ordre sont figurés dotés de leurs attributs et portant un médaillon sur lequel est inscrit leur nom en bordure. Au centre, de chaque médaillon est écrit en latin un extrait de verset biblique exaltant différents plants, devenus de grands arbres florissant et fructifiant. Sur les côtés du jardin, à gauche et à droite, deux autres frères et une sœur sont représentés auréolés mais dépourvus de nom et d’attributs.

États
Un seul état : France, Paris, Bibliothèque du Saulchoir, D32

Commentaire
Louis Bertrand étant désigné comme saint parmi d’autres bienheureux, l’estampe date au plus tôt de 1671, année de sa canonisation.
Il est impossible de dire si l’estampe parisienne antérieure et analogue (p. 1) est à l’origine de la création du présent placard.
L’estampe mentionne le couvent de Toulouse. Est-ce à dire qu’elle est due à un graveur toulousain ?
La légende fait appel au sang du Christ et au lait de Marie. La conjugaison des deux renvoie inéluctablement aux nombreuses représentations de saint Augustin qui, selon la légende née en Italie, n’aurait su s’il fallait se tourner vers le Christ désigné par la plaie de son côté ou vers la Vierge Marie assimilée à son lait : « Positus in medio quo me vertam nescio ; hic pastor a vulnere hic lactor ab ubere ».