Rosaire


ROSAIRE / HOMMAGE AUX SOUVERAINS (TOULOUSE, À PARTIR DE 1659/1660)

Nostre Dame dv St Rosaire
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
S. d. [à partir de 1659/1660]
Xylographie, épreuve coloriée au pochoir
Tr. c. : 33 x 25 cm
France, Toulouse, Musée Paul Dupuy, D 53 13 1 (dépôt du Musée national des arts et traditions populaires).

© Claire Dalzin

 

 

 

 

Lettre
Dans le bas d’image
NOSTRE DAME DV ST ROSAIRE

Image
Au centre se dresse un rosier dont les fleurs laissent voir en leur cœur les scènes des quinze mystères. Au milieu de ce rosier, la Vierge Marie trône avec l’Enfant Jésus debout sur la cuisse gauche. La colombe de l’Esprit Saint vole à la droite de la tête de la Vierge. La Vierge et l’Enfant tendent des rosaires aux personnages répartis sous le rosier, à droite et à gauche. À droite se tiennent saint Dominique et sainte Catherine de Sienne. Saint Dominique porte une étoile sur le front et une branche de lys dans la main gauche. Près de lui est couché un chien qui enflamme d’une torche tenue en gueule un orbe chrétien. Sainte Catherine est couronnée d’épines et tient un crucifix dans la main droite. Face à eux, à gauche de l’image, sont agenouillés saint Louis et un personnage féminin non identifié. Saint Louis tient en main la couronne d’épines et les clous de la Passion du Christ. Devant lui, à terre, sont posés les Regalia, insignes de la royauté : couronne, main de justice, sceptre. Au registre inférieur deux groupes sont séparés par la représentation du purgatoire avec deux anges psychopompes. À gauche, agenouillés, se tiennent Louis XIV, suivi d’Anne d’Autriche, sa mère, et de Philippe, duc d’Anjou, son frère, et d’une femme non identifiée. Louis XIV paré du collier de l’Ordre du Saint-Esprit offre ses insignes royaux. À droite, plusieurs ecclésiastiques sont aussi agenouillés. Sans doute faut-il reconnaître le pape Alexandre VII (pape de 1655 à 1667) plutôt que Pie V, et Pierre de Marca (1594-1662), nommé archevêque de Toulouse en 1652. Un troisième ecclésiastique, non identifié, complète le groupe.

États
Un seul état : France, Toulouse, Musée Paul Dupuy, D 53 13 1

Bibliographie
1925, DUCHARTRE ; SAULNIER, p. 400 ; 1953, MESURET, p. 12 ; 1958, La Vierge dans l’art méridional, n° 106 ; 1973, Cinq siècles d’imagerie française, p. 131-132, n° 105 ; 1989, GARNIER, p. 40 ; 1990, GARNIER, p. 170

Commentaire
Si l’identification des personnages est correcte[1], l’estampe évoque sans doute le long séjour que Louis XIV effectua à Toulouse à partir du 4 octobre 1659. Installé à l’archevêché, le jeune roi et la cour visitèrent, entre autres, les Jacobins, où se trouvait établie la confrérie du Rosaire. L’estampe viserait donc à commémorer cet événement.
Fut-elle cependant commandée et diffusée par le couvent des Jacobins ? Rien n’est certain même s’il est vraisemblable que cette image dont un seul exemplaire est connu, fut imprimée à Toulouse.
Vers 1710-1715, des copies furent imprimées à Quimper chez Thomas Vicent [Voir page suivante].

[1] Le catalogue La Vierge dans l’art et la tradition populaire des Pyrénées propose de reconnaître Alain de la Roche parmi les deux personnages faisant face à saint Dominique et à sainte Catherine, mais rien dans l’image ne correspond à ce dominicain. Le même catalogue ne mentionne pas la présence de saint Louis et ne cherche pas à identifier le pape et l’évêque.