Rosaire


ROSAIRE / GRAVURE D’INTERPRÉTATION (ITALIE, 1685-1723)

Flores mei fructus honoris
Robert VAN AUDENAERD (1663-1743), graveur
D’après Carlo MARATTI (1625-1713), peintre
S. d. [1695-1700]
Eau-forte et burin
Épreuve rognée : 66,7 x 40 cm
Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum,
RP-P-OB-67.433.

© Rijksmuseum

 

 

 

 

Lettre
Sous le trait carré de l’image
Flores mei fructus honoris, et honestatis. Ego Mater pulchræ / dilectionis, et timoris, et agnitionis, et sanctę spei. Eccle : Cap. 24.v.23.
[À gauche] : Carolus Marrattus pinx.
[Au centre] : Cum priuil. Summi Pont., et Regis Christmi
[À droite] : R.v. Auden Aerd Sculp.

Image
L’œuvre décline très clairement deux registres même si les mondes terrestre et céleste ne sont pas séparés. Dans la partie haute de l’image, la Vierge est assise sur un trône lui-même surélevé dans une forte architecture et surmonté d’une tenture retenue par un angelot. Quatre têtes de putti observent la scène, encadrant par deux la Vierge. Celle-ci semble avoir interrompu sa lecture, un doigt marquant la page du livre entrouvert apposé contre sa poitrine. De la main gauche elle guide la droite de l’Enfant Jésus debout entre ses genoux. La Vierge étant légèrement décalée sur la droite, c’est l’Enfant qui est au centre de l’image, distribuant des rosaires (un dans chaque main). Un ange adolescent porte un plateau débordant de rosaires et de roses à offrir. Près de la Vierge, sur la droite de l’image, en une position intermédiaire dans la hauteur, saint Dominique se penche pour offrir un rosaire à une femme agenouillée aux cheveux flottants, sans doute Marie-Madeleine si l’on tient compte du crâne, de la croix de la pénitence et de la branche de lys de sa pureté retrouvée posés à même le sol près d’elle. Près de saint Dominique, semblant dialoguer avec lui, un jeune ange porte une corbeille de chapelets et de roses. À gauche de l’image, saint Thomas d’Aquin, au soleil d’or sur la poitrine, tourne son regard vers un témoin invisible tandis que Catherine de Sienne, retenant d’une main livre, lys et croix, reçoit de l’Enfant son rosaire. Sur les marches du devant, sainte Rose (ou une autre sainte dominicaine), le bras gauche embrassant des fleurs, semble expliquer à une allégorie de la Paix (rameau d’olivier à ses pieds) comment prier le Rosaire. Le monde terrestre est donc représenté comme pénitent par la figure de Marie-Madeleine et comme priant pour la paix par la figure allégorique. Enfin, au premier plan, un ange, qui sert des roses dans la main droite, pointe l’index gauche vers le ciel invitant le spectateur à lever le regard jusqu’à Marie et l’Enfant.

États
Premier état, celui décrit : Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum, RP-P-OB-67.433
Second état : une adresse [Romę apud Iacobum Frey[1]] a été ajoutée après la mention du privilège ; Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum, RP-P-OB-67.434

[1] Jacques Frey (Lucerne, 1681-1752, Rome) fut élève à Rome d’Arnold van Westerhout et de Carlo Maratti, graveur et éditeur.

Conditions d’exécution de la gravure
L’œuvre fut exécutée durant le séjour italien de l’artiste (1685-vers 1723) qui fut élève de Carlo Maratti.
Carlo Maratti réalisa le tableau modèle entre 1689 et 1695, date à laquelle il fut installé à Palerme dans la chapelle de la confrérie du Rosaire de l’église Santa Cita.
L’estampe de Robert van Audenaerd est en contrepartie.

Commentaire
Bernardina Sani mentionne deux autres estampes réalisées d’après l’œuvre de Carlo Maratti. L’une serait d’Arnold van Westerhout mais aucune précision n’est donnée et l’œuvre n’a pas été localisée. L’autre, dont un tirage appartient à une collection privée à Sienne, serait de François de Poilly le jeune (1671-1723[1]). Dans le cadre de la recherche, un exemplaire de l’estampe vendue chez F. Poilly à l’enseigne de la belle Image a pu être localisé en France. L’enseigne se rapporte bien à François IV de Poilly (1671-1723) [page suivante].
L’estampe, ou une similaire, permit de réaliser des copies de l’œuvre de Carlo Maratti au Nouveau Monde. À titre d’exemple, voir les oeuvres ci-après.

[1] Bernardina SANI, « Un collaboratore torinese di Padre Pozzo e la sua bottega : Antonio Colli tra Lazio e Toscana », Fauzia Farnetti ; Deanna Lenzi, Realtà e illusione nell’archittetura dipinta. Quadraturismo e grande decorazione nella pittura di età barocca. Atti del Convegno Internazionale di Studi Realtà e Illusione nell’Architettura Dipinta, Lucca, 26-28 maggio 2005, Firenze, Alinea, « Saggi e documenti di storia dell’architettura, 54 », 2006, p. 97-106, ici p. 100 ; photographie de l’estampe de François de Poilly p. 106, fig. 6. La qualité de la photographie publiée dans l’article n’a pas permis sa reproduction dans le présent catalogue. En outre, le cliché prive l’estampe de sa lettre. Il en est de même à la page suivante.

Œuvres en rapport

Madonna del Rosario
Carlo MARATTI (1625-1713)
1689-1695
Huile sur toile
Dimensions non renseignées
Italie, Palerme, Église Santa Cita, Chapelle du Rosaire.

© Il Genio di Palermo

 

 

 

 

 

[Madonna del Rosario]
ARTISTE NON IDENTIFIÉ
S. d. [XVIIIe siècle]
Huile sur toile
Dimensions non renseignées
Équateur, Quito, Convento Santo Domingo.

© PESSCA