Rosaire


ROSAIRE / PLACARD (PARIS, AVANT 1649)

Circundabant eam flores Rosarum
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
COUVENT DE L’ANNONCIATION (Paris), dessinateur
Jean MESSAGER (1580-1649), éditeur
S. d. [avant 1649]
Burin
Feuille : 52,5 x 38,5 cm
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Rc-36, t. 1bis, M62573.

© Claire Rousseau

 

 

 

Lettre
1. Dans un phylactère, dans le haut de l’image
Circundabant eam flores Rosarum
2. Sous l’image
Strophe de gauche : Si l’art de bien planter, larrosoir, & les Cieux : / Sont trois choses qui font, une plante fæconde : / On verra ce Rosier prouigner en tous lieux / Et nauoir autre enclos, que le pourprix du monde
Strophe centrale : Car la Royne des Cieux, qui dans le cœur humain / Faict couler ses faueurs sur son tige repose / Sainct Dominique apres le plante de sa main, / & lordre des prescheurs, le cultiue & larrose
Strophe de droite : Crois donc o Sainct Rosier, va par tout luniuers / Espendre tes rameaux, q’un chascun te reuere, / Fais toy cognoistre au Ciel, a la terre, aux enfers ; / Comme un arbre cheri du filz et de la mere
3. Sous la strophe de gauche
I. Messager excud.
4. Sous les strophes
Conuentus Parisiensis S. Mariæ annonciatæ ff. pdicator Congrega[ti]o[n]is S. Ludouici Iuuenit.

Image
Un rosier couvre la plus grande partie de la surface de l’estampe. Son tronc est constitué de trois tiges. La tige centrale s’épanouit en une énorme rose au centre de laquelle la Vierge Marie siège, tenant l’Enfant Jésus debout sur le genou gauche. Mère et Fils tiennent des rosaires destinés aux hommes. Au-dessus de la Vierge deux anges soutiennent une couronne de roses et déploient un phylactère sur lequel est inscrit le titre de l’estampe. Les deux autres tiges se croisent et donnent naissance aux roses des quinze mystères dont la lecture débute en bas à gauche pour se poursuivre dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Quatre autres roses jaillissent du plant, comme quatre angles. En leur cœur sont figurés les portraits de saints de l’Ordre des Prêcheurs, identifiables par leurs attributs ; en bas, à gauche, saint Thomas d’Aquin ; en haut, à gauche, sainte Catherine de Sienne ; en haut, à droite, bienheureuse Agnès de Montepulciano ; en bas, à droite, saint Vincent Ferrier.
Le rosier a été planté par saint Dominique qui, debout sur la gauche, tient en main la bêche et vérifie de la main gauche la solidité du plant. Outre l’étoile sur le front, le fondateur de l’Ordre est reconnaissable par le chien à la torche enflammée couché à ses pieds. Un autre dominicain arrose, à droite, le rosier à l’aide d’une amphore et, même en absence de nom, il covient d’y reconnaître Alain de la Roche
Sur la gauche de l’image, des fidèles (pape, roi, reine, religieux, clercs, laïcs) sont agenouillés et reçoivent des rosaires de la part d’un ange. Sur la droite, ce sont les défunts qui, des flammes du purgatoire, reçoivent de même des rosaires.
Couronnant l’image, l’Esprit saint plane sous la forme de la colombe.

États
Un seul état : France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Rc-36, t. 1bis, M62573

Bibliographie
2010, HAMOURY, CD-ROM, n° 448.

Commentaire
Si le couvent de l’Annonciation à Paris a fait graver qu’il était l’inventeur de l’estampe, il convient de la rapprocher des titres illustrés gravés à Anvers par la famille Galle [voir pages 71 ; 76-79] et repris à Paris [voir pages 73-75 ; 81] et Madrid [voir page 80]. Peut-être l’indication ne concerne-t-elle réellement que le poème en quatrain inscrit sous l’image.
Le fait que les chapes soient bien noircies laisse penser que l’estampe fut plutôt imprimée entre 1630 et 1649.
L’absence de dédicace, mais aussi d’espace pour la notation d’un engagement laisse dans l’ombre la raison de la commande. S’agissait-il d’un placard pour faire connaître la dévotion, d’un hommage ou d’une récompense aux plus zélés des confrères ou, tout simplement, d’une estampe de dévotion pour les plus fortunés ? L’estampe semble avoir été connue jusqu’en Bretagne où son iconographie fut reprise pour le tableau de retable de l’autel du Rosaire de l’église de Pédernec, érigée à partir de 1638 [voir Œuvre en rapport].

Œuvre en rapport

Retable de l’autel du Rosaire
ARTISTE NON IDENTIFIÉ
Huile sur toile
276 x 184 cm
Dimensions non renseignées
France, Pédernec, Église Saint-Pierre.

© Artur Guy