Rosaire


ROSAIRE / IMAGE DE DÉVOTION (PARIS, 1691-1695)

[Saint Dominique instituteur du Rosaire]
Jean-Baptiste CORNEILLE (1649-1695), dessinateur/graveur
Jean MARIETTE (1660-1742), éditeur
S. d. [1691-1695]
Eau-forte
Épreuve rognée : 30,5 x 21,1 cm
Image au tr. c. : 24,6 x 19,4 cm
France, Lyon, Bibliothèque municipale, Fonds des estampes des jésuites de Chantilly, boîte « Vierge, Lit[anies] Dev[otions] », sans cote.

© Claire Rousseau

 

 

Lettre
1. À cheval sur la bordure inférieure la plus proche de l’image
I.B. Corneille inu.
2. Dans la marge inférieure au-dessus des lignes de cadre
S. DOMINICUS ORDINIS F.F. PRÆDICATORUM NEC NON SACRI ROSARII INSTITUTOR
3. Dans la marge inférieure de la feuille
A Paris chez I. Mariette rue S. Iacques aux colonnes d’Hercules.

Image
Dans un espace boisé, saint Dominique, identifiable à l’habit de son Ordre et à la présence au sol d’un lys, d’un livre fermé et d’un chien tenant une torche enflammée, reçoit un rosaire de la part de la Vierge Marie. Celle-ci est assise dans les nuées dans l’angle supérieur gauche de l’image. Elle tient contre elle l’Enfant Jésus qui tourne son visage vers Dominique ; deux putti assistent à la scène, l’un regardant la Vierge et l’Enfant, l’autre saint Dominique.

États
Un seul état : France, Lyon, Bibliothèque municipale, Fonds des estampes des jésuites de Chantilly, boîte « Vierge, Lit[anies] Dev[otions] », sans cote.

Commentaire
La lettre de l’estampe attribue le dessin à Jean-Baptiste Corneille, ce qui situe la création au plus tard à l’année 1695.
L’impression de l’estampe porte l’adresse de Jean Mariette aux Colonnes d’Hercules. Or, c’est en septembre 1691 que Jean Mariette reçut la maison des Colonnes d’Hercules en avancement d’hoirie. L’estampe est donc passée sous presse au plus tôt en 1691[1].
L’estampe utilise l’épisode du Don du Rosaire pour promouvoir saint Dominique tant comme fondateur de l’Ordre que comme instituteur d’une dévotion. L’image pourrait être ainsi classée parmi celles plus spécifiquement dédiées au saint. Mais il est probable qu’une telle estampe stimulait davantage la dévotion mariale.
Jean-Baptiste Corneille réalise un dessin sans envergure réelle quand il est comparé à celui, sur le même thème, de son frère Michel II Corneille (1642-1708) (Voir Oeuvres en rapport). Peut-être est-ce la destination du dessin, une estampe et non une peinture, qui justifie une ligne plus sèche.
La double bordure, noire et rouge, est sans doute un ajout manuel de collectionneur. Le fonds des jésuites de Chantilly comporte une seconde épreuve de l’estampe, sans cette bordure (boîte « saint Dominique »). En outre, deux tirages de l’estampe, sans ces bordures, sont insérés dans l’exemplaire d’un missel dominicain parisien édité en 1721 à Paris et conservé au Museum Plantin-Moretus[2].
En complément est donné un exemplaire de l’estampe qui a fait l’objet d’un travail de découpe, d’habillage de soie peinte, puis de collage [voir ci-après]. Il est particulièrement difficile de dire à quelle époque fut réalisé un tel montage mais sans doute n’est-il pas postérieur au XVIIIe siècle.
Dans une moindre facture, l’estampe fut gravée en contrepartie et vendue au XIXe siècle chez Lenoir (voir Oeuvres en rapport).

[1] Maxime PRÉAUD, dir., Dictionnaire des éditeurs d’estampes à Paris sous l’Ancien Régime, Paris, Promodis ; Le Cercle de la Librairie, 1987, p. 230.
[2] Missale Sacri Ordinis Prædicatorum, Autoritate Apostolicâ approbatum, Rmi P. F. Antonini Cloche, ejusdem Ordinis Generalis Magistri Jussu editum Juxta Exemplar Romæ impressum, anno 1705, Parisiis, Apud Viduam Claudii de Hansy, Sacri Ordinis Prædicatorum Bibliopolæ, sub Ponte Campsorum, vulgò Pont au Change, ad insigne S. Nicolai, 1721. Belgique, Anvers Museum Plantin-Moretus – cote : OB 66.

Oeuvres en rapport

[Saint Dominique instituteur du Rosaire]
Jean-Baptiste CORNEILLE (1649-1695), dessinateur/graveur
Jean MARIETTE (1660-1742), éditeur
S. d. [1691-1695]
Eau-forte
Exemplaire découpé, habillé de soie peinte et collé sur carton.
24,4 x 19,3 cm
France, Toulouse, coll. personnelle.

© Claire Rousseau

 

 

[Saint Dominique recevant le Rosaire]
Michel II CORNEILLE (1642-1708), dessinateur
S. d. [avant 1708]
Plume et encre brune, lavis bruns, rehauts de blanc, encadré d’un trait à la plume et encre brune
39 x 28,2 cm
Paris, Sotheby’s, vente du 22 mars 2018, lot n° 61.

© Sotheby’s

 

 

 

Provenance (d’après la notice du catalogue de vente) :
Collection Pierre Jean Mariette (1694-1774), Paris (L. 2097, sur le montage Mariette, coupé à l’extérieur de la bande dorée) ;
Sa vente après décès, Paris, 15 novembre 1775 – 30 janvier 1776, n°1200 : « Corneille (Michel) La St. Vierge tenant l’Enfant-Jésus, qui remet un Chapelet entre les mains de St. Dominique, au bistre. » Dessiné à la pierre noire par Gabriel de Saint-Aubin (1724-1780) dans la marge gauche de la page 183 de son exemplaire du catalogue de la vente Mariette conservé au Museum of Fine Arts de Boston (inv. 37 713) pour 7 livres 4 sols avec le numéro suivant (n°1201, La Mort de saint Joseph) ;
Collection Jean-Marc Dupan (1785-1838), Genève (L. 1440) ;
Sa vente, Paris, 26-28 mars 1840, n° 1310 : « Corneille (Michel) Saint Dominique recevant le Rosaire de la Vierge ; grand dessin esquissé à la plume, lavé au bistre et rehaussé de blanc » ;
Vente anonyme, Paris, Christie’s, 17 mars 2005, n° 90, repr. ;
Acquis à cette vente.

Lieu actuel de conservation non connu.

Saint Dominique instituteur du Rosaire
? LENOIR (actif vers 1775-1820), éditeur
S. d. [après 1812]
Eau-forte
C. de pl. : 26,5 x 20,05 cm
France, Lyon, Bibliothèque municipale, Fonds des estampes des jésuites de Chantilly, boîte « saint Dominique », sans cote.

© Claire Rousseau

 

 

Saint Dominique instituteur du Rosaire
ARTISTE NON IDENTIFIÉ
S. d. [XVIIe siècle]
Huile sur toile
212 x 148 cm
Belgique, Wasmes-Audemez-Briffoeil, Église Saint-Martin, Retable de l’autel latéral Nord.

© IRPA