Rosaire


ROSAIRE / IMAGE DE PÈLERINAGE (ANVERS, 1665-1668)

N.D. de Liesse au bois de Raspail
Frederik BOUTTATS (1621-1676/1677), graveur
D’après Abraham VAN DIEPENBEECK (1596-1675), dessinateur
S. d. [1665-1668]
Burin
Épreuve rognée : 9,9 x 5,6 cm
Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum, RP-P-1878-A-624.

© Rijksmuseum

 

 

 

Lettre
1. Au-dessus du trait carré supérieur

Causa nostræ lætitiæ ora pro nobis.
2. En dessous du trait carré inférieur
[À gauche]
Nr’e Dame de / Liesse au bois / de raspail. / Abr. aDiepenbeck del.
[À droite]
O.L. Vrou : van / Blyschap in / raspailie / Fred. Bouttats ińior sculp:

Image
Au centre de l’image se dresse un arbre dont la cime est environnée de six oiseaux noirs en vol. Sur le tronc, au départ de la ramure, est accrochée une niche contenant une statue de la Vierge à l’Enfant entourée d’un rosaire. La Vierge et l’Enfant sont vêtus et couronnés. La Vierge tient en outre un sceptre. Au pied de l’arbre, dans un décor de clairière, six personnages sont assemblés. À gauche du tronc, deux dominicains dont un agenouillé les mains jointes. L’autre, debout, tient d’une main un rosaire et indique de l’autre la statue à son confrère. Trois personnes vêtues pauvrement, dont un estropié appuyé sur des cannes, semblent implorer la Vierge. Elles occupent l’espace à droite de l’image. Une quatrième personne, dont seul le visage apparaît tourné vers le spectateur, semble inviter d’éventuels arrivants à la dévotion.

Armoiries
Au centre, coupant la lettre en deux, armoiries de Philippe-Guillaume de Steenhuyse (?-1668[1]), baron de Poederlé et seigneur de Moerbeke, donateur pour la construction du vicariat : d’argent au chevron de gueules, accompagné d’un annelet du même en pointe.

États
Un seul état :
Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum, RP-P-1878-A-624

Commentaire
Au milieu du XVIIe siècle, Adrien van Schrevel gardait ses brebis au bois de Raspail sur les terres de Moerbeke, aujourd’hui quartier de Grammont. Homme pieux, il plaça une statue de la Vierge sur un arbre le long de la route reliant Bruxelles à Grammont. Rapidement, la population vint se recueillir en ce lieu et de premiers miracles advinrent.
Dès 1660, deux pères dominicains du couvent de Bruxelles, Jacques de Bode (1632-1718) et Ambroise Druwé (1622-1665), vinrent enquêter et demandèrent au seigneur Philippe-Guillaume de Steenhuyse que des religieux s’installent à demeure au service des pèlerins.
Une confrérie du Rosaire y fut érigée dès le 8 février 1665. Et le 30 mars 1665, un accord spécial fut signé par le Seigneur de Moerbeke réglant la question des frais de construction de l’habitation et les dettes d’érection de la chapelle.
Est-ce en reconnaissance que les dominicains firent graver cette estampe ? La fourchette de datation se situerait ainsi entre avril 1665 et 1668, année du décès et de l’ensevelissement chez les dominicains de Bruxelles de Philippe-Guillaume de Steenhuyse.
Il est difficile de dire si l’image fut uniquement image de dévotion, peut-être vendue aux pèlerins, ou si elle constitua le frontispice ou une planche de livret marial.
La titulature fut choisie par les dominicains en 1689, lorsque la maisonnée devint vicariat. La construction de ce couvent ne fut achevée qu’en 1712[2].

[1] François-Joseph de Castro y Toledo [attribué à], Quartiers généalogiques des Familles Nobles des Pays-Bas, Accompagnés de Preuves & Remarques consistant en plusieurs Epitaphes, Extraits de Manuscrits, d’Auteurs, de Régistres & d’Actes originaux ; Avec les Armoiries gravées en taille-douce. Par L. J. P. C. D. S., Tome premier, A Cologne, Chez les Héritiers de Pierre Marteau, 1776, p. 315.
[2] Sur l’histoire de ce vicariat, voir Jean-François, dit Bernard de JONGHE (1674-1749), Belgium dominicanum, sive Historia provinciae Germaniae inferioris Sacri Ordinis FF. Praedicatorum, Ex antiquis Manuscriptis, probatis Authoribus, Litteris originalibus numquam impressis, Instrumentis authenticis, & Archivis eruta. Collectore F. Bernardo de Jonghe, ejusdem Ordinis, Conventûs Gandensis filio, Bruxellis, typis Francisci Foppens, sub signo Sancti Spiritûs, 1719, p. 354-355. Voir aussi ARTS (?), L’ancien couvent des dominicains à Bruxelles, Mont-Saint-Amand ; Gand, A. de Scheemaecker, 1922, p. 320-335.