Rosaire


ROSAIRE / IMAGE DE DÉVOTION (?)

N.D. de Liesse au bois de Raspail
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
S. d. [1665-avant 1722]
Burin
C. de pl. : 10,3 x 7,5 cm
Belgique, Bruxelles, KBR, 0383 A[1].

© Claire Rousseau

[1] Ici, tirage contemporain ; France, Toulouse, collection personnelle.

 

 

 

 

Lettre
1. Au-dessus du trait carré supérieur
Causa nostræ lætitiæ ora pro nobis.
2. En dessous du trait carré inférieur
[À gauche]
Nré Dame de / Liesse au bois / de raspail
[À droite]
O.L. Vrou : van / Blyschap / in raspailieboisch

Image
Au centre de l’image se dresse un arbre à la frondaison en forme de boule. Sur le tronc, au départ de la ramure, est accrochée une niche contenant une statue de la Vierge à l’Enfant entourée d’un rosaire. La Vierge et l’Enfant sont vêtus et couronnés. La Vierge tient en outre un sceptre. Au pied de l’arbre, dans un décor de clairière, six personnages sont assemblés. À gauche du tronc, deux dominicains dont un agenouillé les mains jointes. L’autre, debout, tient d’une main un rosaire et indique de l’autre la statue à son confrère. Trois personnes vêtues pauvrement, dont un estropié appuyé sur des cannes, semblent implorer la Vierge. Elles occupent l’espace à droite de l’image. Une quatrième personne, dont seul le visage apparaît tourné vers le spectateur, semble inviter d’éventuels arrivants à la dévotion.

Armoiries
Au centre, coupant la lettre en deux, armoiries ecclésiastiques : d’azur à trois saumons (?) d’argent nageant l’un sur l’autre. En cimier un putto issant de face. Timbré d’un chapeau de protonotaire avec pendants à six houppes.
Devise sous les armoiries : revive.

États
Un seul état : Belgique, Bruxelles, KBR, 0383 A

Bibliographie
2008, MERCIER-LECHARLIER, reproduction en première de couverture.

Commentaire
L’absence de toute mention de graveur conduit à penser qu’il s’agit d’une copie de la gravure de Frederik Bouttats réalisée d’après un dessin d’Abraham Van Diepenbeeck [voir page précédente].
Le cuivre est conservé à la chalcographie de la Bibliothèque royale de Bruxelles (CHA-REL-0383A).
Au dos de la plaque est gravée la date 1722 et l’annotation suivante : « Donum d.z.j. Vande Vivere pbri raspalia bosco[1] ».
Il s’agirait donc d’une plaque offerte par le(s) desservant(s) du lieu de pèlerinage à Zeggherus Ignatius Vande Vivere. Mais faut-il considérer la date comme étant celle de la gravure ou celle du don ?
Le « d. » précédant les initiales du double prénom correspondrait-il à l’initiale du mot domino ?
La devise est sans doute une anagramme du nom du dédicataire.
Le dédicataire fut protonotaire apostolique, ce qui lui donnait droit de surmonter ses armoiries d’un chapeau avec de chaque côté un cordon à six houppes ; peut-être rendit-il des services aux dominicains pour le vicariat de Raspail et ils lui en furent reconnaissants…
Il mourut à Gand le 31 décembre 1738 et fut enterré dans l’église des récollets devant l’autel de saint Antoine. Ses armoiries furent gravées sur le devant de l’autel[2].

[1] Information aimablement transmise par Catherine Wicht de la Bibliothèque royale de Bruxelles.
[2] Voir la reproduction des armoiries dans Philip BLOMMAERT, et alii, Inscriptions funéraires et monumentales de la province de la Flandre orientale, Gand, L. Hebbelynck, Tome 2, 1866, p. 229.