Rosaire


ROSAIRE / DIPLÔME (1661-1667)

Regina Sacratissimi Rosarii, ora pro nobis
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
S. d. [6 novembre 1661-22 mai 1667]
Xylographie
Tr. c. : 14,5 x 17,5 cm
Diplôme conservé à la fin de Abregé de la vie, vertvs, et miracles de la Bien-hevrevse Soevr Rose de Sainte Marie, Religieuse du Tiers Ordre de Saint Dominique. Avec la relation des ceremonies qui se sont faites dans l’Eglise de S. Pierre de Rome, le 25 du mois d’Avril 1668, en suite du Decret de nostre S. Pere le Pape Clement IX. Pour la Beatification de ladite Bien-heureuse, A Grenoble, chez André Galle, Imprimeur & Libraire, en la place Mal-Conseil, 1668.
France, Paris, Bibliothèque nationale de France – cote : 4-OO-249 (1).

© Claire Rousseau

Texte du diplôme
REGINA SACRATISSIMI ROSARII, ORA PRO NOBIS.
[Colonne de gauche]
MYSTERES IOYEVX. /1. L’Annonciation de l’Ange. / 2. La Visitation de Sainte Elizabeth. / 3. La Nativité de Nostre Seigneur. / 4. La Presentation au Temple / 5. Et le retrouvement de l’Enfant Iesus.
[Colonne du milieu]
MYSTERES DOVLOVREVX. / 1. L’Agonie de Iesus-Christ au jardin. / 2. La Flagellation. / 3. Le Couronnement d’espines. / 4. Le Portement de la Croix. / 5. Le Crucifiement.
[Colonne de droite]
MYSTERES GLORIEVX. / 1. La Resurrection. / 2. L’Ascension. / 3. La Mission du S. Esprit. / 3. [sic] L’Assomption de Nostre Dame. / 5. Le couronneme t de Nostre Dame.
[Sur toute la largeur du diplôme]
LE SACRÉ ROSAIRE de la Mere de Dieu contient les principaux Mysteres de la vie, de la mort, & de la gloire de / N. Seigneur, & de sa Tres-Sainte Mere. C’est cette Auguste Reyne du Ciel & de la Terre qui l’a composé, & qui la en- / seigné au grand Patriarche S. Dominique, environ l’an 1212. pour l’enseigner & prescher aux Peuples, comme la plus / belle des devotions, & après luy ses enfans. Les Confreres du S. Rosaire sont ceux & celles qui se sont mis sous la protection / de la Sainte Vierge, se faisant écrire sur le livre de la Confrerie par le Reverend Pere qui en est le Recteur. Ils doivent Mediter / sur ces adorables Mysteres pendant qu’ils disent le Rosaire, afin de joindre l’Oraison Mentale à la Vocale, & ensuite imiter / Nostre Seigneur, & la Tres-Sainte Vierge dans les vertus qu’ils y ont pratiquées. / Il faut dire un Rosaire entier chaque semaine, en un jour, ou en trois : Appliquant le premier Chapellet, qui est des mysteres / joyeux, pour la conversiō des pecheurs ; 2. des douloureux, pour les Agonisans ; le 3. des Glorieux, pour les ames du Purgatoire. / Ils sont de plus obligez de communier les Festes de N. Dame, & les premiers Dimanches du mois, & assister à la Procession / du Rosaire ; il y a Indulgence pleniere pour ceux qui font ces deux choses, & pour ceux qui disent le Rosaire. / Le Rosaire perpetuel est une augmentation de cette devotion, que Nostre Dame a inspirée à un Religieux de S. Dominique, / afin d’être honorée toutes les heures du jour & de la nuit, pendant l’année, & pour assister particulierement les Agonisans. / Les Confreres prennent une heure, ou plusieurs, selon leur volonté, chaque année, & pendant l’heure on doit dire le Rosaire / tout entier, à la fin les Litanies de N. Dame, ou cinq Pater & cinq Ave Maria, pour les Confreres et Sœurs du S. Rosaire. / Par ce Rosaire dit une seule fois l’an, on se rend participant des milliers de Rosaires qui se disent dans l’Eglise universelle / chaque heure du jour & de la nuit : Dans le seul Convent de Grenoble on a compté prés de vingt-quatre mille personnes / qui sont de cette sainte Confrerie. / Toutes les fois qu’on dit le Rosaire perpetuel, on gagne Indulgence pleniere, concedée par N.S.P. le Pape Alexandre VII. / Le Pape Urbain VIII. voulut tirer son heure au sort, & assister à la procession du Rosaire, composée de soixante mil personnes : / Allons, dit-il, à la Procession puisque nous sommes aussi des Confreres du S. Rosaire. Nostre invincible & toujours victorieux Mo- / marque, & son incomparable Fils Monseigneur le Dauphin, aussi bien que la Reyne, ont honoré le Roole des Confreres de leurs / Augustes Noms, dans un des Convents de Paris. C’est peu de chose que de huit mil sept cens soixante heures dont l’année est / composée, d’en donner une, ou plusieurs, à la Sainte Vierge ; sans que cela oblige à nul peché, quand on ne s’en acquitte point. / Ie diray le Rosaire perpetuel le du mois de de à / Le Confrere doit faire la declaration suivante. Ie N. proteste & declare que de tout mon cœur ie me mets en la protection / de la Tres-Sainte Vierge Marie, Mere de Nostre Seigneur Iesus-Christ, & Reyne du S. Rosaire, proposant de luy dire tous les / [a]ns au jour & heure promise, ce qui est écrit cy-dessus, pour les intentions qui y sont prescrites, sans prejudice de mon Rosai- / [re] de la semaine, & formant souvent en la journée ce petit soûpir. Sainte Vierge, exaucez les Prieres que l’on vous offre pour moy. / [L]e tout sans m’obliger à aucun peché mortel ny veniel.

Image
Dans un paysage dessinant au loin une ville environnée de collines, saint Dominique à gauche et sainte Catherine de Sienne à droite sont agenouillés au premier plan. Les deux saints auréolés de rayons tiennent en main des branches de lys. Saint Dominique est accompagné du chien à la torche enflammée, sainte Catherine est couronnée d’épines. Au-dessus d’eux, la Vierge Marie apparaît assise dans la nuée, l’Enfant Jésus sur le genou gauche. L’Enfant tient l’orbe dans la main gauche et esquisse une bénédiction de la droite. La Vierge Marie tend un rosaire à saint Dominique. Deux anges dont l’un couronne la Vierge accompagnent la vision. Un grand rosaire formé de dizaines de perles séparées par des roses encadre l’apparition mais aussi, partiellement, saint Dominique et sainte Catherine.

États
Un seul état :
France, Paris, Bibliothèque nationale de France – cote : 4-OO-249 (1)

Conditions d’exécution de la gravure
La fourchette chronologique proposée tient compte du fait que le texte du placard évoque le Dauphin et nomme Alexandre VII comme pape régnant. Le Dauphin ne peut donc qu’être Louis de France, le Grand Dauphin, né le 1er novembre 1661 et reçu dans la confrérie le six du même mois. Le décès d’Alexandre VII constitue un terminus ad quem.