Rosaire


ROSAIRE / GRAVURE D’INTERPRÉTATION (?, AVANT 1723)

Flores mei fructus honoris
François IV de Poilly (1671-1723), éditeur
D’après Carlo MARATTI (1625-1713), peintre
S. d. [avant 1723]
Eau-forte et burin
Feuille : 33,8 x 22,3 cm
France, Toul, coll. Hanus.

© Hanus[1]

[1] L’estampe possède toute sa lettre. Il est à regretter que le collectionneur n’ait pas photographié l’estampe en son entier.

 

Lettre
Sous le trait carré de l’image
[À gauche] : Carl. Marratta pinx.
[À droite] : F. Poilly exc. Rue St Iacques a la belle Image.
[Au centre] : VIRGO SACRATISSIMI ROSARII / Flores mei fructus honoris, et honestatis. Ego Mater pulchræ / dilectionis, et timoris, et agnitionis, et sanctæ spei. Eccle. Cap. 24.v.23.

Image
L’œuvre décline très clairement deux registres même si les mondes terrestre et céleste ne sont pas séparés. Dans la partie haute de l’image, la Vierge est assise sur un trône lui-même surélevé dans une forte architecture et surmonté d’une tenture retenue par un angelot. Quatre têtes de putti observent la scène, encadrant par deux la Vierge. Celle-ci semble avoir interrompu sa lecture, un doigt marquant la page du livre entrouvert apposé contre sa poitrine. De la main gauche elle guide la droite de l’Enfant Jésus debout entre ses genoux. La Vierge étant légèrement décalée sur la gauche, c’est l’Enfant qui est au centre de l’image, distribuant des rosaires (un dans chaque main). Un ange adolescent porte un plateau débordant de rosaires et de roses à offrir. Près de la Vierge, sur la gauche de l’image, en une position intermédiaire dans la hauteur, saint Dominique se penche pour offrir un rosaire à une femme agenouillée aux cheveux flottants, sans doute Marie-Madeleine si l’on tient compte du crâne, de la croix de la pénitence et de la branche de lys de sa pureté retrouvée posés à même le sol près d’elle. Près de saint Dominique, semblant dialoguer avec lui, un jeune ange porte une corbeille de chapelets et de roses. À droite de l’image, saint Thomas d’Aquin, au soleil d’or sur la poitrine, tourne son regard vers un témoin invisible tandis que Catherine de Sienne, retenant d’une main livre, lys et croix, reçoit de l’Enfant son rosaire. Sur les marches du devant, sainte Rose (ou une autre sainte dominicaine), le bras gauche embrassant des fleurs, semble expliquer à une allégorie de la Paix (rameau d’olivier à ses pieds) comment prier le Rosaire. Le monde terrestre est donc représenté comme pénitent par la figure de Marie-Madeleine et comme priant pour la paix par la figure allégorique. Enfin, au premier plan, un ange, qui sert des roses dans la main droite, pointe l’index gauche vers le ciel invitant le spectateur à lever le regard jusqu’à Marie et l’Enfant.

États
Un seul état : France, Toul, coll. Hanus.

Commentaire
François IV de Poilly grava-t-il lui-même l’estampe ? Si tel est le cas, à partir de quel dessin ou de quelle estampe le fit-il ?
Si répondre à ces questions semble bien difficile, il faut rapprocher la présente estampe de celle gravée en contrepartie, à Rome, avant 1700, par Robert van Audenaerd (1663-1743) [page précédente].
Cependant, François de Poilly – ou le graveur – a délibérément choisi de modifier la forme du haut de l’œuvre peinte, ajoutant dans le cintre un supplément de draperie.