Rosaire


ROSAIRE / DIPLÔME (PARIS, 1655-1703 ou 1703-1707)

La Confrairie du S. Rosaire
François ERTINGER (dit Franz, vers 1640/1648-1710), graveur
Nicolas Ier LANGLOIS (1640-1703) ou Nicolas II LANGLOIS (vers 1670-1707), éditeur
S. d. [1655-1703 ou 1703-1707]
Burin
C. de pl. : 34,4 x 27 cm
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Re 13, t. 5, p. 231.

© Claire Rousseau

 

 

Lettre
1. Dans un triangle, pointe en bas, placé dans le haut de l’estampe
[tétragramme hébraïque gravé en contrepartie avec un yod à gauche malencontreusement allongé en vav]
2. Sur une draperie surmontant la scène principale
La Confrairie du S. Rosaire instituée / Pour honorer la Ste Vierge et por mediter les 15 misteres, qui sont /
[Colonne de gauche] :
Cinq Ioieux / l’Annonciation. / la Visitation. / la Naissance de N. Seignr / la Presata[ti]on de Ies. au Temp. / le Recouvrement de Iesus.
[Colonne du milieu] :
Cinq douloureux / l’Oraison au Jardin. / la Flagellation. / le Couronnement d’Epinez. / le Portement de la Croix. / le Crucifiement.
[Colonne de droite] :
Cinq glorieux / la Resurrection. / l’Ascension. / la Mission du St Esprit / l’Assomption de N. Da. / Son Couronnement.
3. Dans le cadre de la scène principale, en bas à gauche
Pour / le Rosaire / Ordinaire / Je / pour satisfaire aux devoirs / de la Confrairie du S. Rosiare / a laquelle j’ai voulu estre associé, / dirai vne fois chaque semaine, en / un où plusieurs jours, quinze dizai- / nes du Chapelet, en meditant lez / quinze principaux misteres de la vie, de la mort, et de la gloire du Filz / de Dieu et de sa très sainte Mere.
4. Dans le cadre de la scène principale, en bas à droite
Les / Devoirs / des / Confreres / Il faut se con- / fesser et communi- / er le 1er Dimanche de / chaque mois, les jours qu’on / celebre quelqu’vn des misteres, et aux / Festes de la Ste Vierge. Assister a / la Procession, visiter la Chapelle du / Rosaire et prier selon l’intention de / l’Eglise ; Ce faisant on gagne Indul- / gence pleniere aux susdits jours et a / l’heure de la mort. Si on obmet quelqu- / vne de ces devotions on ne fait aucun peché
5. Sur le cartouche du bas du cadre
Pour le Rosaire perpetuel / Je pour satisfaire a / la devotion du Rosaire perpetuel prens le / depuis heures jusqu’a
6. Dans la rocaille du cartouche, en bas à gauche
P. Sevin
7. Dans la rocaille du cartouche, en bas à droite
F. Ertinger f.
8. Sous le cadre, en bas à droite
A Paris Chez N. Langlois, rue St Jacques, à la Victoire.

Image
L’image se présente comme un tableau dont le cadre très large serait richement sculpté et orné.
La scène principale et centrale du tableau présente la Vierge Marie siégeant dans les nuées avec l’Enfant Jésus assis sur le genou gauche. Penchée vers la gauche du tableau, la Vierge tend un rosaire à saint Dominique agenouillé tandis que l’Enfant Jésus offre des deux mains le sien à sainte Catherine de Sienne agenouillée à droite. Deux angelots tiennent au dessus de la tête de la Vierge auréolée de rayons une couronne de roses. L’apparition céleste mariale est environnée de putti. Saint Dominique est identifiable par son habit, par la branche de lys tenue dans la main droite et par la présence à ses côtés du chien à la torche enflammée couché près d’un globe. Sainte Catherine, en habit de l’Ordre, couronnée d’épines et les mains percées par les stigmates, tient contre son épaule une grande et large croix plate de bois. À ses pieds un livre tient ouvert, soutenu par un crâne. Une branche de lys posée au sol complète ces attributs. Entre les deux saints, sous la Vierge Marie, apparaissent dans des flammes les âmes du purgatoire et deux anges psychopompes.
La scène principale est entourée des quinze médaillons des mystères séparés par des roses, chaque médaillon étant entouré de perles sans que le nombre corresponde à une dizaine d’Ave. La lecture des mystères commence en haut à gauche et se poursuit dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, de sorte que le médaillon central en haut soit le Couronnement de la Vierge. La scène double ainsi le couronnement de la Vierge par les anges dans la scène principale. En bas, le centre est occupé par une rose sous laquelle un médaillon plus gros donne à voir la colombe du saint Esprit au centre d’un soleil à la croisée d’une croix de lys et de roses.
Le fond du tableau est parcouru par deux arcs de perles de rosaire. Les bords internes sont ornés de pans de rideaux parsemés d’étoiles à six branches.
Le cadre présente quatre ornementations très différentes les unes des autres, tout à la fois séparées et reliées entre elles par des médaillons placés dans les angles. Sur ces médaillons sont gravés des portraits masculins, à l’exception du médaillon du bas à gauche où la tête voilée est celle d’une femme. Tous les visages sont tournés vers le centre de la composition. Peut-être s’agit-il d’une figuration symbolique des confrères. Au centre de la bordure supérieure, un triangle divin rayonnant porte les lettres du tétragramme malencontreusement inversées et d’une graphie confuse (voir remarque dans le descriptif de la lettre). Deux putti encadrent ce triangle, la bordure étant complétée par des guirlandes de fleurs. Les bordures verticales sont construites de façon similaire. De haut en bas s’observent une lampe à huile suspendue (luminaire de la confrérie), un monogramme et des attributs entourés de perles de chapelet et de roses (celui du Christ, IHS, à gauche, surmonté d’une croix et placé au-dessus d’un cœur dans lequel sont plantés les trois clous de la Passion ; celui de la Vierge Marie, MA, à droite, surmonté d’une couronne végétale et placé au-dessus d’un coeur), un encensoir sur pied ouvragé. La bordure du bas laisse place en son centre à un cartouche qui déborde le cadre externe et qui est surmonté d’une tête de putto à laquelle aboutit de chaque côté une guirlande de fleurs. Une baguette plus fine et arrondie constitue le bord extérieur de ce large encadrement.

États
Un seul état :
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Re 13, t. 5, p. 231 ; Bibliothèque du Saulchoir, D35

Bibliographie
1961, IFF, t. 4, p. 86, n° 9

Commentaire
Dans la signature « P. Sevin », sans doute faut-il voir Pierre Paul Sevin (Tournon, 1646-1710, Tournon).