Rosaire


ROSAIRE / IMAGE DE PÈLERINAGE (YPRES, AVANT 1653)

© Claire Rousseau

[Notre Dame du Rosaire]
Guillaume DU TIELT (1585/1595-1653)
, graveur
S. d. [avant 1653] ; tirage moderne
Burin
C. de pl. : 13,5 x 23,2 cm
Belgique, Bruxelles, KBR, S.III. 115174.

Lettre
1. En bas de l’image, vers le centre

Guil. du Tielt fecit Iprs.
2. Sous le trait carré de l’image, à droite
Sta MARIA Mater Dei Ora Pro nobis

Image
L’estampe est un drapelet de pèlerinage et a, de ce fait, la forme d’un triangle rectangle. Dans la pointe, un personnage auréolé, mal défini, entraîne une autre personne vers une église. Le mouvement est suggéré par le bras tendu en avant du premier personnage. Il porte une sorte de lance, peut-être un bourdon de pèlerinage. En arrière de l’église, un groupe est assemblé sous une chaire, écoutant la prédication d’un dominicain. Celui-ci est auréolé et peut être identifié à saint Dominique dont les dominicains rapportaient qu’il avait prêché le Rosaire, notamment à Toulouse. Dans la partie la plus haute du drapelet est ainsi figuré un Don du Rosaire. Une Vierge couronnée siège dans une nuée, l’Enfant Jésus sur les genoux. Mère et Enfant tendent chacun un rosaire, Marie à saint Dominique et Jésus à sainte Catherine de Sienne. Les deux saints sont agenouillés. Dominique à gauche tient une branche de lys dans la main droite. Le chien à la torche enflammée est couché près de lui. À droite, Catherine, couronnée d’épines, tient un cœur enflammé dans la main gauche et une grande croix plate repose sur son épaule. Derrière Catherine sont regroupées des laïques membres de la confrérie du Rosaire, tandis que derrière Dominique sont agenouillés des laïcs et des ecclésiastiques dont un dominicain et un pape (peut-être Pie V). Sous l’apparition mariale les âmes du purgatoire sont visibles au milieu de flammes. Dans le coin supérieur droit la forme d’un blason a été gravée mais elle est vierge de toute armoirie.

États
Un seul état :
Belgique, Bruxelles, KBR, S.III. 115174 ; S.III. 115175

Bibliographie
1882, VANDENPEEREBOOM, p. 46, n° 27 ; 1922, VAN HEURCK, p. 482 ; 1986, HOLLSTEIN, t. 30, p. 141, n° 12

Commentaire
Peu étudiés en France, les drapelets de pèlerinage, objets de dévotion populaire furent parfois gravés par des artistes minutieux, voire talentueux. Ainsi, dans le présent exemple, les détails sont loin d’être négligés. Cependant, les deux petites chapelles de la pointe gauche du drapelet n’ont pu être identifiées comme représentation de chapelles ayant existé à Ypres.
Si l’on se réfère à la notice de Van Heurck, le tirage présenté est sans doute récent.