Rosaire


ROSAIRE / DIPLÔME (PARIS, VERS 1734-1750)

LES DEVOIRS DES CONFRERES DU SAINT ROSAIRE
Nicolas-Jean-Baptiste de Poilly (1707-1780), éditeur
S. d. [vers 1734-1750]
Burin
Feuille : 41,2 x 26,2 cm
Image au c. de pl. : 37,5 x 24 cm
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Re 13, t. 5, p. 230.

© Claire Rousseau

 

 

 

Lettre
1. Dans un cartouche sous l’image
LES DEVOIRS DES CONFRERES DU SAINT ROSAIRE / 1° reciter chaque Semaine le Rosaire de quinze / Misteres pour en pratiquer les vertus, et appliquant le 1er Chapelet / pour la conversion des pecheurs le 2e pour les Agonisans et le 3e pour les ames du Purgatoire 2° Se confesser / et Communier le 1er Dimanche de chaque mois. les jours au quels on celebre quelqu’un des Misteres et / les sept Festes de la Ste Vierge assistant s’il se peut a la procession et visitant la chapelle du Rosaire / en y priant selon l’intention de lEglise pour gagner les Indulgences plenieres accordées ces jours la aussi bien qu’a / la reception et à l’heure de la mort. Sans que ces devoirs ou pratiques du Rosaire obligent a aucun peché
2. Sur un phylactère accroché aux extrémités du cartouche
ceux qui veulent participer au Rosaire perpetuel qui se dit nuit et jour pour louer continuellement Jesus et Marie / doivent prendre une heure dans l’añée pour le reciter tout entier appliquant les trois Chapelets comme cy dessus
3. Dans les bordures des quinze médaillons des mystère, en partant de l’angle supérieur gauche et en tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre
1. Mistere Joyeux Annonciation V. Humilité. ; 2. la Visitation V. Charite. ; 3. la Nativite de Jesus V. Pauvreté. ; 4. m. la Presentation de Jesus au Temple V. Purete. ; 5. m. le Recouvrement de Jesus au Temple V. obeissance ; 1. mistere douleureux Oraison de Jesus au Jardin Resignation. ; 2. la Flagellation V. Patiance. ; 3. Couronnement dEpines V. amour du mepris. ; 4. Portement de la Croix V. Force d’Esprit. ; 5. Crucifiment V. dilection des Ennemis ; 1. Mistere Glorieux la Resurrection de Jesus V. Foy. ; 2. Ascension de Jesus V. Esperance. ; 3. la Descente du St Esprit V. Zele. ; 4. Assomption de notre Dame V. Devotion a Marie. ; 5. le Couronnement de la Ste Vierge V. Perseverance.
4. Sous le trait carré de l’image
Je diray le Rosaire le du mois de / a heures du / Paris chez N. J. B. De Poilly rue St Jacques a l’Esperance

Image
Au-dessus du cartouche dans lequel se déploie le texte des devoirs des confrères, la figuration principale est entourée sur les côtés et dans le haut par les quinze médaillons du rosaire. Chaque mystère est ainsi représenté en image. La circulation se fait dans le sens inverse des aiguilles d’une montre en partant du coin supérieur gauche.
La scène principale montre la Vierge Marie avec l’Enfant Jésus tendant un chapelet à saint Dominique agenouillé sur la gauche. La Vierge est assise dans les nuées, le pied gauche sur un croissant de lune. C’est de la main droite qu’elle tend le chapelet, le bras gauche retenant l’Enfant. Sur la droite de la Vierge, trois grosses têtes de putti sortent des nuées.
Saint Dominique est identifiable par l’habit de l’Ordre et par plusieurs attributs : branche de lys dans la main droite, à ses pieds un chien à la torche enflammée près d’un globe et un livre ouvert. S’y ajoute une discipline.
Dans le bas de l’image à droite sept âmes du purgatoire sont figurées sous la forme de personnages nus, sortant à mi-corps de flammes. Deux femmes tendent les bras vers saint Dominique.
L’ensemble est encadré d’un double trait.

États
Un seul état :
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Re 13, t. 5, p. 230

Bibliographie
1910
, GASTON, p. 19-20, n° 54

Commentaire
C’est l’acquisition en 1734 par Nicolas-Jean-Baptiste de Poilly de la maison à l’Espérance qui permet de proposer une datation de l’estampe dans le deuxième quart du XVIIIe siècle.
La figuration principale comporte des défauts de proportion entre les putti et la Vierge, d’une part, la Vierge à l’Enfant et saint Dominique, d’autre part. Il est très net que la composition initiale plaçait un chapelet dans la main gauche de l’Enfant baissé vers les âmes du purgatoire. Même gratté, le tracé du chapelet a laissé une marque dans le cuivre et apparaît en blanc, coupant les autres tailles. Ces différentes remarques suggèrent que la composition est une sorte de montage d’éléments pris dans différentes gravures. Peut-être l’Enfant, par exemple, donnait-il, dans une autre estampe, le chapelet à sainte Catherine de Sienne… D’autre part, le personnage de saint Dominique, d’une part, la Vierge et l’Enfant, d’autre part, doivent être rapprochés des gravures d’interprétation de l’œuvre de Louis Tettelin [Testelin] (1615-1655) [p. 44-46].
En dépit de cette datation tardive, la planche a été intégrée au corpus en raison de la représentation des âmes du purgatoire.
Deux mentions manuscrites figurent dans le bas du diplôme. En premier, la mention du directeur de la confrérie : « RP f. françois henault Directeur du tres Saint & tres Sacré Rosaire ». En dessous de l’adresse de l’éditeur, une note demande de rapporter le placard au couvent au décès de l’associé : « on prie Ceux ou Celles qui se trouveront au decés de la / dite personne de rénvoyer cette jmage aux jacobins de St honoré, / afin que l’on fasse prier Dieu pour elle. »