Dominique


DOMINIQUE (LYON, 1670)

[Le Christ désignant les fondateurs d’Ordres à sainte Thérèse d’Avila]
Claudine BRUNAND (1630-1674), graveur
S. d. [1670]
Burin
C. de pl. : 11,4 x 7,5 cm

 

 

 

 

 

 

Planche n° 27 pour Claudine BRUNAND (1630-1674), La Vie de la Seraphiqve Mere Sainte Terese de Iesvs, Fondatrice des Carmes Déchaussez & des Carmelites Déchaussées, En Figures, & en Vers François & Latins. Avec un Abbregé de l’Histoire, une Reflexion Morale, & une Resolution Chrétienne sur châque Image, A Lyon, Chez Antoine Ivllieron, seul Imprimeur & Libraire ordinaire du Roy, du Clergé & de la Ville, en la place de Confort, 1670, entre les pages 172 et 173.
Belgique, Gand, Bibliothèque universitaire – cote : DEPD.B383.

© Claire Rousseau

Lettre
Dans le cartouche en bas de l’image
Christus declarat Teresiæ, quæ per- / tulerint fundatores Religionum, eam- / que præmonet asperiora laturam
2. Sous le trait carré inférieur
27

Image
Sur la droite de l’image, Thérèse d’Avila est agenouillée devant la marche d’un autel. Face à elle, le Christ apparaît siégeant sur une nuée. De l’index droit, il désigne à la sainte un groupe de fondateurs d’Ordres apparaissant juste au-dessus de sa tête. Parmi ceux-ci, saint Dominique se distingue à peine puisque les parties sombres des vêtements n’ont pas été noircies.

États
Un seul état : Belgique, Gand, Bibliothèque universitaire – cote : DEPD.B383

Bibliographie
1896, RONDOT, p. 64 ; 1951, IFF, t. 2, p. 176, n° 9-64 ; 2013, PINILLA MARTÍN, p. 403, n° 33

Commentaire
À Lyon, Claudine Brunand (1630-1674), graveur, prit connaissance de la Vie en planches de Thérèse d’Avila gravée à Rome et, séduite par les sonnets qu’il contenait, proposa de fournir une nouvelle version des « Figures » et « d’y ajoûter de mon invention quelques ornemens pour les rendre plus belles[1]». Or, en 1670, Thérèse de Jésus était bien connue puisque la France comptait désormais soixante-deux Carmels réformés[2]. Il ne s’agissait plus de faire découvrir la réformatrice mais de guider les esprits dans l’imitation de la sainte. Claudine Brunand grava les planches mais eut également l’initiative de la composition de chaque séquence en cinq morceaux littéraires : sonnet – ode latine (traduction du sonnet) – abrégé de l’histoire contée en figure – réflexion morale sur le sujet – résolution chrétienne. Si elle recourut à d’autres pour la rédaction des textes, avouant que pour le contenu même de l’histoire, de la réflexion morale et de la résolution, elle reçut l’aide d’un religieux carme, Claudine Brunand peut à juste titre être qualifiée d’auteur de la composition du recueil. L’ouvrage, publié à Lyon en 1670 avec le portrait de la reine dédicataire, Marie-Thérèse d’Autriche, un titre illustré et 55 planches, fut repris et modifié à Grenoble huit ans plus tard[3]. Claudine Brunand étant décédée entre temps, le Père Martial de Saint Paulin, Provincial des pères carmes déchaussés de la Province de Lyon, céda son privilège à l’éditeur grenoblois Laurens Gilibert. Les mêmes planches furent utilisées à l’exception du portrait de la dédicataire. L’adresse du titre illustré fut modifiée.

[1] Adresse au lecteur, sans pagination. À Rome, la Vie fut gravée en 1653 par Jacques Honervogt (vers 1583-vers 1666) pour le carme Alessio Maria della Passione. Aucun exemplaire de cette Vie n’a pu être consulté dans le cadre de cette étude.
[2] Voir Nicolas MOLLARD, « Thérèse d’Avila en France au xviie siècle. Présence carmélitaine et panorama bibliographique », Nicolas Mollard, dir., Thérèse d’Avila. Une biographie baroque dans la France du xviie siècle, Caen, Maison de la recherche en sciences humaines, « Cahiers de la Maison de la recherche en sciences humaines, numéro spécial », 2005, p. 10.
[3] La Vie de la Seraphique Mere Sainte Terese de Jesus, Fondatrice des Carmes Déchaussez & des Carmelites Déchaussées. En Figures, & en Vers François et Latins. Avec un Abbregé de l’Histoire, une Reflexion Morale, & une Resolution Chrestienne sur châque Figure. Reveuë, Augmentée & Corrigée, A Grenoble, Chez Lavrens Gilibert, Imprimeur & Marchand Libraire en Ruë-neuve, proche les RR. PP. Iesuites, 1678.