Dominique


DOMINIQUE (ANVERS, AVANT 1603 ?)

S. Dominicvs Prædicatorvm Pater
Jan II COLLAERT (vers 1561/1566-vers 1620/1628), graveur
D’après Maerten de VOS (1532-1603), inventeur
Theodoor GALLE (1571-1633), éditeur
S. d. [avant 1603 ?]
Burin
Feuille : 28,2 x 20 cm
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Rd2 Fol. (saint Dominique), H173499.

© Claire Rousseau

 

 

Lettre
1. Sur le livre tenu en main par l’hérétique renversé
Hære / sis ; Albi : / gensis
2. Dans le bas de l’image, à partir du centre et vers la droite
M. de Vos inuent. ; Ioan. Collaert sculp. ; Theodorus Galleus excud.
3. Sous le trait carré de l’image
S. DOMINICVS PRÆDICATORVM PATER, SSMI ROSARII INVENTOR, AC HÆRESVM VITIORVMQVE / EXTIRPATOR MAXIMVS. OBIIT A° 1221. FESTVM CELEBRATVR 5. AVG. CVM INDVLGE[N]TIA PLENARIA. / REVERENDO ADMODVM P. PATRI MICHAELI VALKENBORCH, PATRVM PRÆDICATORVM ANTVER: / PIENSIVM PRIORI VIGILANTISSIMO, AMICO SVO ET PATRONO DD. IOANNES BAPTISTA VRINTS.

Image
Au premier plan, au centre de l’image, saint Dominique se tient debout. Son front est orné d’une étoile et sa tête est auréolée de rayons. Dans la main gauche il tient une bannière à l’effigie de la Vierge du Rosaire. Celle-ci, couronnée, est debout et tient l’Enfant Jésus sur son bras droit. Une guirlande de perles et de roses les entoure. Saint Dominique lit un gros livre ouvert au creux de son bras droit. Pieds nus, il se tient tout à la fois sur un orbe qu’un chien enflamme par la torche tenue en gueule, et sur deux allégories des hérésies (dont l’hérésie albigeoise) entourées de serpents. Dans le coin supérieur gauche de l’image apparaît le Christ en colère. Assis sur des nuées, il tient dans la main droite trois flèches qu’il se retient de tirer sur la terre. L’arrière-plan de l’image est une scène difficile à situer historiquement. Au-delà d’une rivière se dresse, sur la gauche de l’image, une église dont le clocher est terminé par un bulbe. Plus haut sur la colline, un château domine le paysage. Trois groupes d’hommes semblent se poursuivre dans l’espace entre l’église et la rivière. À gauche des soldats à pied sont dotés de piques. L’un d’eux élève haut une croix. Devant eux, une troupe de fantassins armés eux aussi de piques semble fuir. Deux d’entre eux portent des drapeaux frappés d’un croissant et de quatre étoiles. Enfin, les précédant, sur la droite de l’image, des cavaliers s’échappent. La lecture de l’image est-elle que le groupe de gauche poursuit les deux autres ? La croix chrétienne chasserait-elle un croissant musulman ? Serait-ce une forme d’évocation du triomphe du Rosaire à la bataille de Lépante ? Mais cette bataille fut navale…

États
Premier état, celui décrit : France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Rd2 Fol. (saint Dominique), H173499
Second état : le nom de Jean-Baptiste Vrints est remplacé par celui de « Theodorus Galle ». Autriche, Vienne, Albertina, HB 74.2, p. 49, 114

Bibliographie
1995, HOLLSTEIN, t. 46, fig. 1089/1, p. 91 ; 1996, HOLLSTEIN, t. 44, p. 216-217, n° 1089 ; 2005, NEW HOLLSTEIN, The Collaert Dynasty (Part IV), p. 145, n° 946 ; p. 144, Fig. 946

Commentaire
L’estampe est à mettre en rapport avec celle éditée par Adrien Collaert (1555-1618) [voir page suivante]. Sur cette dernière, le thème de la poursuite des troupes est plus dynamique et donc plus clair.
Dans la présente estampe, la fête de saint Dominique est indiquée au 5 août alors que depuis le Bref de Paul IV, du 6 août 1558, la fête avait été transférée au 4 août en raison de la célébration de la fête de Notre-Dame des Neiges le 5 août.
Jean-Baptiste Vrints (1552-1612) fut éditeur d’estampes et imprimeur de livres. La raison de son hommage au prieur des dominicains d’Anvers n’est pas connue, mais peut-être est-elle liée au jubilé de Michael Valkenborch (?-1611), prieur des dominicains d’Anvers.