Dominique


DOMINIQUE (MUNICH, 1607)

[Saint Dominique et saint François désignés pour arrêter le courroux du Christ]
Raphael II SADELER (1584-1632), graveur
D’après Paolo PIAZZA (1560-1620), peintre
1607
Burin
Épreuve rognée : 53 x 33 cm ; c. de pl. : 52,5 x 31,85 cm
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, SNR-3 (Sadeler, les).

© Claire Rousseau

 

 

Lettre
1. Sous le trait carré inférieur
Colonne de gauche : Nate quid irato spectas mortalia vultu ? / Tergeminisq[ue] vibras tela trisulca minis ? / Cerno quidem tumido terras turgescere fastu, / Et cæcam vetitis gentem inhiare lucris:
Colonne du milieu : Et video flammas Paphiæq[ue] incendia tædæ, / Tactaq[ue] funesto s[a]ec[u]la flagrare rogo. / Hi tua si forsan meruerunt fulmina mores, / Ah quando intactus fulmine mundus erit ?
Colonne de droite : Parce piâ sæuire manu, quin cerne, ruenti / Vt validas orbi hic tendat et ille manus. / Dixerat hæc, ISTVM cum virgo videret et ISTVM : / Ah quos iam nostro tempore, virgo vides ?
2. En-dessous sur toute la largeur de l’estampe
ILLVSTRIBVS ET GENEROSIS DOMINIS DD. MARCO ET FRATRIBVS FVGGERIS, PIENTISSIMIS MONASTERII PP. CAPVCCINORVM / AVGVSTÆ VINDELICORVM FVNDATORIBVS, HANC EX ARA SVMMA TEMPLI EORVNDEM PP. ELEGANTER DEPICTÂ TRANSSCULPTA[M] IMAGINE[M].
3. En-dessous :
À gauche : P. Piazza Pinxit.
Au centre : Raphael Sadeler Iunior Ex Debito. Meritissimo Libens DD. Monaci. Anno D[omi]ni MDCVII.
À droite : Cum priuilegio Su[m]mi Pont et S.C.M.

Image
Dans le bas de l’estampe, à droite, saint Dominique et saint François sont agenouillés près d’un orbe. Ils lèvent le regard vers l’apparition supérieure : la Vierge de l’Apocalypse, debout sur un croissant de lune, tente de calmer la colère du Christ qui s’apprête à jeter sur terre les trois flèches des fléaux de la peste, de la guerre et de la famine. Plus haut dans le ciel, Dieu le Père siège et observe le dialogue entre le Christ et sa mère. Enfin, à l’extrémité supérieure du cintre, la colombe de l’Esprit Saint plane. Dominique et François sont les instruments choisis pour amener la conversion sur terre et éviter les fléaux. Mais tout l’espace de l’estampe est rempli de la présentation des saints du ciel. Les dégradés de noir et la diminution de la taille des personnages créent une impression de profondeur infinie. En même temps, la finesse des détails et la présence d’attributs permet d’identifier un certain nombre de saints.

États
Un seul état : Belgique, Bruxelles, Bibliothèque royale de Belgique, S.I. 23221 ; États-Unis, New York, Metropolitan Museum of Art, 53.601.13(197) ; France, Paris, Bibliothèque nationale de France, SNR-3 (Sadeler, les) ; Royaume-Uni, Londres, British Museum, 1979,U.869 (épreuve rognée)

Bibliographie
1980, HOLLSTEIN, t. 15, p. 270, n° 15 ; t. 21, p. 270, n° 15 ; t. 22, fig. 15, p. 213 ; 1991, RAMAIX, p. 58, n° 80 ; 1998, COBIANCHI, p. 672-674 ; Fig. 23, p. 673

Commentaire
L’épisode fait partie des récits dominicains des premières générations (Voir Gérard de Frachet (1205-1271), Vitæ Fratrum Ordinis Prædicatorum, Ch. I, § 4[1]). Mais il est repris ici par le capucin Paolo Piazza en une composition audacieuse. La disposition en spirale et la densité des tailles croisées pour les deux saints valorisent leur élection dans une temporalité qui embrasse l’éternité céleste, et leur rôle salvateur sur terre.
L’œuvre aurait inspiré Pierre-Paul Rubens pour la création, vers 1610-1620, du tableau d’autel de l’église des dominicains d’Anvers, tableau aujourd’hui conservé au Musée des Beaux-Arts de Lyon (Voir œuvre en rapport).

[1] Vitae Fratrum ordinis Prædicatorum necnon Cronica ordinis ab anno 1203 usque ad 1254, éd. Benedikt Maria Reichert, Louvain, Monumenta ordinis fratrum prædicatorum historica, 1896, 1, p. 10.

Œuvre en rapport

[Saint Dominique et saint François désignés pour arrêter le courroux du Christ]
Pieter Paul RUBENS (1577-1640), peintre
Vers 1610-1620
Huile sur toile
5,65 x 3,65 m
France, Lyon, Musée des Beaux-Arts,
Inv. A 194.

© Alain Basset