Dominique


DOMINIQUE (ANVERS, VERS 1633)

Sacri Prædicatorvm Ordinis Origo
Jacobus VAN SCHOOR (actif à Anvers vers 1633), graveur
S. d. [vers 1633]
Burin
Feuille : 51,2 x 37,5 cm
Belgique, Bruxelles, KBR,
R/2009/14707.

© Claire Rousseau

 

 

 

 

Lettre
1. Dans la marge supérieure
SACRI PRÆDICATORVM ORDINIS ORIGO.
2. En bas de l’image, à gauche
I. van den schoore fecit
3. Sous le trait carré de l’image
Generosissimo et excellentissimo D[omi]no D. Paulo Bernardo comiti de Fontaine à supremo consilio bellico Gubernatori armorum suæ regiæ Majestatis Capitaneo generali Artilleriæ / Olim S. P. N. Dominicus segregatus in Evangelium Dei vidit sibi affulgentes Apostolorum choryphæos Petrum et paulum librum et baculum præclaram Prædicatoris supellectilem porrigentes omnis retro auitæ posteritatis illustre / Patrimonium. His è cælo donatus muneribus fortissimis Athleta misit ad fortia : Obdurata et rebellia quæque cætestis doctrinæ virtute emollivit, Eloquentiæ iaculo transfixit, Seraphici cordis ardore coneremavit, denique sibi quantumcunque / Arduis pectus imperterritum obiecit. Horum omnium, quæ verborum pugillo constrinxi, epitomen in te E. D. hodie intueor, dum nubilo et impacato Belgio emicant vestrarum virtutum acriores radij. Te Deus hostilium machinarum destinauit destructorem : Apostolorum Princeps / Præferens claves captivorum emancipatrices ingessit in nobilem dexteram (dicam liberê) ingessit in nobilem dextram virgam supremi ducis: Virgamne vocem, an dolonem ? Is cujus et nomine insigniris, et ense cingeris Paulus doctrinarum codicem, et sapientiæ / Adijta V. E. D[omi]na[ti]o[n]i referavit Quid mirum si his potenter præmunita à nostris sinibus tot clades avertat, et laborum dolorumque iliadem sustineat ? inexpugnabile Belgij et fidei propugnaculum, futura, dum novo Maria obsequio prosequens Dominicum propiore pupillâ inspicit / O nimium dilecte Deo cui militat æther, / Et conjurati Veniunt ad classica Divi. / Hoc est quòd nos tanto generosæ virtutis fulgore perstricti hanc tabellam vestri viuam effigiem vobis devotissimi an(…) sijmbolon suæ Excellmæ Dominationi cupimus dicatam , et vnà nobisium omnibus titulis consecratam. / V. E. D. / Deuotissimus / Conuentus FF. / Præd. Brux.

Image
Saint Dominique est agenouillé sur la droite de l’image, avec, à ses pieds, une branche de lys posée au sol et le chien à la torche enflammée couché. Lui apparaissent saint Pierre et saint Paul. Saint Pierre qui tient les clefs du Royaume dans la main gauche lui remet le bâton apostolique, tandis que saint Paul, le glaive posé sur un genou, lui tend le livre ouvert des Écritures. Dans le coin supérieur gauche, quelques anges et putti assistent à la scène. En arrière-plan sur la droite, saint Dominique bénit deux frères agenouillés pour les envoyer en mission. La scène se passe à l’extérieur d’une église. Or, au-dessus mais à l’intérieur de l’église dans laquelle se déroule la scène du premier plan, un médaillon de forme ovale renferme une scène de la vie du Christ, vraisemblablement la remise des clefs à saint Pierre ou/et l’envoi des apôtres en mission. L’idée générale de l’estampe est d’inscrire l’Ordre des Prêcheurs dans la tradition apostolique et d’en faire ainsi le défenseur de la foi comme le dédicataire est le défenseur des territoires des Pays-Bas méridionaux.

Armoiries
Armoiries du dédicataire, Paul Bernard (1576-1643), comte de Fontaine : coupé d’azur chargé de trois besants d’or et d’azur à trois bandes d’or

États
Un seul état : Allemagne, Wolfegg, Coll. Waldburg-Wolfegg, B 12.362 ; Belgique, Bruxelles, Bibliothèque royale de Belgique, R/2009/14707

Bibliographie
1982, HOLLSTEIN, t. 26, p. 52, n° 2

Commentaire
Dans l’état actuel de la recherche, l’existence d’une peinture ayant servi de modèle au graveur n’est pas connue. Sans doute connut-il l’estampe gravée dans le même sens par Ægidius Sadeler (vers 1570-1629) [voir page précédente].
Il est vraisemblable que l’une ou l’autre de ces deux estampes servit de modèle au peintre et graveur Balthasar-Thomas Moncornet (1630-1716) pour la réalisation, en 1648-1650, de l’un des quinze caissons du plafond de la chapelle de l’Inquisition à Toulouse [voir page précédente]. La peinture est la contrepartie de la taille-douce, ce qui autorise également l’hypothèse d’une œuvre intermédiaire.