Dominique


DOMINIQUE (VENISE ?, 1611-1629)

[Apparition de saint Pierre et de saint Paul à saint Dominique]
Ægidius SADELER (vers 1570-1629), graveur
S. d. [1611-1629]
Burin
C. de pl. : 54 x 39,2 cm
Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum, RP-P-OB-5138.

© Rijksmuseum

 

 

 

 

Lettre
1. Dans la marge supérieure
SACRI PRÆDICATORVM ORDINIS ORIGO
2. Dans la marge inférieure
Colonne de gauche :
Errantes cernebat oues rabiemq[ue] luporum / Diuus, et ingeminans, quis fèrèt, inquit, opem’ / Cum Petrus, et Pètri supera uénit èmulus [a]èdè. / Solicitumq[ue] libro donat hic, ille pedo :
Colonne de droite :
H[a]éc tè cura manet, rèferunt, transmittè pérennè, / Quod c[a]èlo fertur munus utrumq[ue] TVIS : / Fax erit èrranti liber, hostem uirga fugabit. / Quam grèx tutus èrit quam uia certa gregis.
En-dessous :
ILLmo ET Rmo DNO DNO PETRO PAVLO CRESCENTIO TIT. S.S. NEREI ET ACHILLEI. S.R.E. / PRÆSBITERO CARDINALI AMPLISSO SACRÆ CÆSAREÆ MAIESTATIS SCVLPTOR ÆGIDIUS SADELER D.D.

Image
Dans la partie droite de l’image, saint Dominique est agenouillé, le chien à la torche enflammée étant couché près de lui. Le religieux porte un rosaire à la ceinture et une branche de lys est posée au sol, débordant élégamment le trait carré de l’image. Face à lui, sur la gauche de l’image, saint Pierre et saint Paul s’adressent à lui. Les deux saints sont représentés selon leurs canons. Saint Paul a le visage oblong. Chauve, il porte une longue barbe. Une épée est appuyée sur le genou droit, le pied étant surélevé sur une nuée. Saint Pierre a le visage plus rond, sa chevelure et sa barbe sont frisées et courtes. Il tient en main les clefs du Royaume. Saint Paul remet un livre ouvert à Dominique et saint Pierre lui tend un bâton de pèlerinage. Dans l’angle supérieur gauche, angelots et putti assistent à la scène. Celle-ci se déroule à l’intérieur d’une église largement ouverte sur l’extérieur. Au-dessus de l’arche d’entrée, un bas-relief montre la remise des clefs à saint Pierre par le Christ. Par l’arche s’entrevoit une seconde scène de la vie de saint Dominique. Devant un couvent, le religieux bénit deux autres dominicains agenouillés devant lui. Ayant reçu des princes des apôtres la confirmation de sa vocation et de celle de son Ordre, saint Dominique peut lancer ses frères dans la vie apostolique.

Armoiries
Armoiries du dédicataire, le cardinal Pier Paolo Crescenzi : de gueules à trois croissants d’or, à la bordure componnée d’or et de gueules

États
Premier état, celui décrit : Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum, RP-P-OB-5138
Second état : avec la mention « Marcus Sadeler excudit. ». Belgique, Anvers, Museum Plantin-Moretus, V.S/5 ; Gand, Bibliothèque universitaire, BIB.GRA.002009 ; France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Rd2 Fol. (saint Dominique), H173515 ; EST-Ft 4-HA (1)

Bibliographie
1980, HOLLSTEIN, t. 21, p. 27, n° 90 ; t. 22, fig. 90, p. 21 ; 1997, BARTSCH, t. 72, p. 150-151, n° 92 ; p. 152, fig. 92 S1

Commentaire
Pier Paolo Crescenzi (1572-1645) fut élevé au titre de cardinal en 1611. L’estampe est ainsi à situer entre cette date et celle du décès du graveur. Il est cependant difficile d’affirmer que l’estampe fut offerte à l’occasion de la nomination du prêtre comme cardinal.
L’inventaire Bartsch suggère que l’estampe ait été réalisée par Ægidius II, en 1625, à l’occasion du transfert de l’église Saint-Gilles de Prague aux dominicains. L’église d’arrière-plan correspondrait au style gothique de l’église de Prague. L’estampe serait alors une sorte de remerciement au cardinal, protonotaire. Mais avait-il joué un rôle dans ce transfert ?

Un dessin, sans doute préparatoire, est conservé à Berlin au Staatliche Museum (Inv. KdZ 28673, 54 x 39,2 cm). L’inventaire Bartsch en donne un cliché (p. 151, fig. sans numéro).
Marcus Sadeler, éditeur du second état, est né à Munich en 1614. Sa date de décès, vers 1650-1660, n’est pas connue. Il semble avoir œuvré aussi bien à Prague qu’à Rome.
Une estampe de Jacobus Van Schoor (actif à Anvers vers 1633) semble avoir copié l’œuvre d’Ægidius Sadeler [Cat. 175].

Œuvre en rapport

[Apparition de saint Pierre et de saint Paul à saint Dominique]
Balthasar-François MONCORNET (dit Balthasar-Thomas, 1630-1716), peintre
1648-1650
Huile sur pin
Dimensions non renseignées
France, Toulouse, Institut catholique de Toulouse, Amphithéâtre Bruno de Solages.

 

 

 

 

 

Commentaire
La faible qualité du cliché et le mauvais état de l’œuvre ne le laissent guère deviner mais le panneau est sans doute une reprise en contrepartie de ce modèle dont le jeune Balthasar-François Moncornet prit connaissance soit par les dominicains de Toulouse, soit par l’atelier de son père, le graveur Balthasar Moncornet (vers 1600-1668), à Paris.
Peu talentueux en dessin, Balthasar-François, qui devint frère convers dans l’Ordre des Prêcheurs et prit le nom de frère Balthasar-Thomas, eut très souvent recours pour son œuvre peint ou gravé à des modèles.
Le plafond de l’amphithéâtre Bruno de Solages comporte quinze caissons mais seul celui-ci (le septième) peut-être formellement rattaché à une estampe connue.
Les thèmes des quinze scènes du plafond sont répertoriés dans la Vie de saint Dominique, gravée en planches à Anvers en 1611, puis copiée à Paris. Une sélection a été opérée pour pouvoir adapter la Vie au format du plafond de la chapelle aménagée en 1648-1650. Quatre tableaux muraux du même artiste complétaient le plafond. Conservés après la Révolution française au musée des Augustins à Toulouse, ceux-ci sont aujourd’hui perdus.