Dominique


DOMINIQUE (ABBEVILLE, AVANT 1702)

[Saint Dominique au Rosaire]
Gilbert FILLOEUL (1668-1714), graveur
D’après Jean I RESTOUT (1663-1702), peintre
S. d. [avant 1702]
Burin
Tr. c. : 39,4 x 30,4 cm
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, DB-25 Fol,
p. 19.

© Claire Rousseau

 

 

 

Lettre
1. Sous le trait carré de l’image, à gauche
Retout (sic) Cadoms Pinxit
2. Sous le trait carré de l’image, à droite
G. Filloeul ABbauils Sculp.
3. Strophe de gauche
Penetrer par sa voix, la dureté des Cœurs. / Porter Comme vn flambeaux, la lumiere aux pechrs/ Veiller, Chercher crier, sur la terre et sur l’onde. / Aller prêcher la foy, jusques au bout du monde.
4. Strophe de droite
Briller Comme vne Etoile, au milieu de l’erreur. / La Croix entre les mains, donner de la terreur / Et contre l’Albigeois, n’opposer qu’un Rosaire. / fut de ce Saint heros, L’Illustre Caractere.
5. Sous les strophes, de part et d’autre des armoiries
Dedié a Monseigneur Louis Chavuelin (sic), Conseiller du Roy, Maître des Resquestes, et / Intendant de Picardie, Artois, &c. Par les freres Prêcheurs du Conuent de la Ville d’Amiens.

Image
Saint Dominique est présenté en ¾ et de trois quarts vers la droite, à l’intérieur d’un cadre ovale. Une étoile est apposée en diadème sur son front. Il tient en main un rosaire terminé par une croix dominicaine, noire et blanche, fleurdelisée. Quelques rosaires débordent le cadre dans la partie inférieure, à droite. Le regard du saint est levé vers le ciel. L’écoinçon supérieur gauche est chargé d’un flambeau ; celui de droite d’un glaive. L’angle inférieur gauche contient un orbe chrétien entouré d’un rosaire. Dans l’angle de droite est couché le chien, attribut du saint.

Armoiries
Armoiries du dédicataire, Louis III Chauvelin (1642-1719) : d’argent au chou pommé de cinq branches et arraché de sinople, entouré par la tige d’un serpent d’or, la tête en haut.

États
Un seul état : France, Paris, Bibliothèque nationale de France, DB-25 Fol, p. 19

Bibliographie
1961, IFF, t. 4, p. 181, n° 12 ; 2000, GOUZI, p. 321

Commentaire
Christine Gouzi avait déjà noté l’incohérence des attributions, tant du tableau que de l’estampe. Si l’estampe a bien été incisée par Gilbert Filloeul (1668-1714), le tableau original ne peut avoir été de la main du peintre d’histoire Jean Restout, né en 1692 et mort en 1768.
Il vaut mieux attribuer l’œuvre peinte à Jean I Restout.
L’estampe fut-elle commandée du vivant du peintre ou après son décès est une seconde question tout aussi épineuse tant que demeurera inconnue la raison pour laquelle les dominicains d’Amiens choisirent d’honorer Louis Chauvelin, intendant de Picardie de 1684 à 1694 et conseiller d’État en 1704 ?
Quoi qu’il en soit, la pièce est une commande dominicaine, faite à un graveur régional. À ce titre la taille-douce est le précieux témoin d’un atelier non parisien et du talent d’un artiste picard.