Catherine de Sienne


CATHERINE DE SIENNE (PARIS, 1607)

[Sainte Catherine de Sienne]
Léonard GAULTIER (vers 1561-vers 1635), graveur
1607
Burin
Tr. c. : 12,6 x 7,2

 

 

 

 

 

 

Titre illustré pour Jean BLANCONE (?-?), La vie miracvlevse de la seraphiqve et devote Ste Catherine de Siene. Auec ses diuines meditations sur la passion de n[ot]re seigneur pour chacun iour de la sepmaine, Traduict d’Italien en Francois par R.P.F Iean Blancone Tolozain Religieux du grand conuent de l’Observance de Toloze., A Paris, Chez Regnauld Chaudiere ruë St Iacques à l’escu de Florence, 1607.
France, Bourg-en-Bresse, Médiathèque Vailland – cote : FA 105587.

© Médiathèque Vailland, Bourg-en-Bresse

Lettre
1. Titre sous le portrait
LA VIE / MIRACVLEVSE / DE LA SERAPHI= / QVE ET DEVOTE / STE CATHERINE / DE SIENE. / Auec ses diuines me= / ditations sur la passi= / on de n[ot]re seigneur / pour chacun iour / de la sepmaine, / Traduict d’Italien en Francois / par R.P.F Iean Blancone / Tolozain Religieux du grand / conuent de l’Observance / de Toloze.
2. Dans un cartouche sous l’emplacement principal :
A Paris, / Chez Regnauld Chau= / diere ruë St Iacques à / l’escu de Florence. / 1607.
3. Sous les pieds de la sainte de gauche
L. Gaultier fecit.
4. Dans le bas, à gauche
Auec priuilege du Roy.
5. Dans le bas, à droite
Et de ses Altesses en Brab.
6. Autour de la tête de sainte Catherine
VERA EFFIGIES

Image
Dans la partie supérieure, un portrait de sainte Catherine de Sienne dans un ovale est certifié vera effigies. La sainte est présentée à mi-corps, de trois quarts vers la gauche. Vêtue d’une guimpe et d’un voile et d’un manteau, elle porte sur la tête une couronne d’épines et sur les mains apparaissent les stigmates. Sur le manteau, à droite, à hauteur de poitrine, brille une étoile à huit branches, signifiant son cœur transpercé. La main droite est posée sur la poitrine tandis que la gauche tient un crucifix et une branche de lys. Le fond est en tailles croisées et la bordure ovale est une baguette unie.
L’ovale qui enserre le portrait est encadré par deux anges tenant chacun une palme. Le titre lui-même, sous le portrait, est entouré de la représentation à gauche d’une religieuse auréolée de rayons portant un voile noir et lisant un livre et, à droite, d’une autre religieuse. La main droite, paume tournée vers le ciel, présente trois cailloux ou globules, symboles du dogme de la Trinité et attribut de la sainte. Un cœur ouvert sur la poitrine de la religieuse laisse apparaître ce qui l’habite : les instruments de la Passion (croix, couronne d’épines, échelle, lances). Les pans du scapulaire des deux saintes sont retenus de chaque côté par une bande de tissu selon le costume des cartusiennes[1]. C’est pourquoi la sainte de gauche peut évoquer sainte Roseline de Villeneuve (1263-1329) qui vécut en différentes chartreuse. Cependant, la redécouverte de son corps intact, qui pourrait justifier le choix de la représenter, n’eut lieu qu’en 1614. Il est aussi possible de songer à Marguerite d’Oingt (?-1310) et à Béatrice d’Ornacieux (1260-1303). Ces deux religieuses furent vénérées dans le Brabant dont émane une approbation, selon la lettre du titre. Si aucune ne semble avoir été trouvée le cœur empli de pierres, celles-ci pourraient évoquer une activité de fondatrice. Nous aurions alors, à droite, Béatrice d’Ornacieux dans son attachement à la Passion du Christ, et à gauche, Marguerite d’Oingt, sa biographe qui est également l’auteur de méditations[2]. Ainsi la présence des deux saintes met en valeur, par résonnance, l’attachement de Catherine au Christ crucifié et son activité de direction spirituelle que le XVIIe siècle se plaît à faire connaître par l’édition de ses épîtres et conseils.
Dans le bas, à gauche, sous les pieds de la sainte sont représentées des armoiries. Sous les pieds de la sainte de droite, un orbe constellé avec lune et soleil présente en sa face la figure du Christ. Dans les écoinçons de cette vignette, soufflent les vents.

Armoiries
En bas, à gauche, armoiries non identifiées : écartelé, aux 1 et 4 d’or à trois étoiles de sable, aux 2 et 3 d’azur au cygne d’argent

États
Un seul état : France, Bourg-en-Bresse, Médiathèque Vailland – cote : FA 105587

Commentaire
L’approbation du dominicain Nicolas Coeffeteau est en date de 1604.
Au terme du privilège de dix ans, l’ouvrage fut repris à Lyon, en 1615 puis en 1624, chez Pierre Rigaud. Le titre illustré fut copié avec quelques modifications (absence des armoiries). L’ouvrage lyonnais contient également des vignettes xylographiées sur la vie de Catherine de Sienne [voir page suivante].

[1] Ce costume conduit à écarter une assimilation de la sainte de droite avec Claire de Montefalco.
[2] Pour un aperçu de la vie de ses deux religieuses, voir Nathalie NABERT, « La vie de Béatrice d’Ornacieux par Marguerite d’Oingt, une biographie à l’ombre de la croix ? », Analecta cartusiana, 2006, 234, p. 127-135.