Catherine de Sienne


CATHERINE DE SIENNE (ANVERS, AVANT 1608)

S. Catharina Senensis
Cornelis I GALLE (1576-1650), graveur
S. d. [avant 1608]
Burin
C. de pl. : 48,9 x 34 cm
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Ec 67a Fol., R140002.

© Claire Rousseau

 

 

 

 

Lettre
1. Dans la marge inférieure, au centre
A noble & venerable / Dame ma Dame / Adriene dv Mont / Prieure au Cloistre / du Valla Dvcesse / de le Ordre de / S. DOMINIQVE / & á toutes les autres / Dames du mesme / Conuent.
2. Dans un cartouche qui divise la lettre
S. CATHARINA SENENSIS. Non erat sexemio maior, dum in eâ splendissimus Lucifer / gratiarum emicabat, cui cælitum circumfusæ cohortibus IESVS à Matre in sponsum traditur, quam mutante infantili / gressu scalas templi perreptans, ad singulos gradus Angelicis verbis (non absqué omine) compellabat. Lilium illud / candidissimum inter spinas enituit in tantum, vt, quæ sponso sanguinum copulabatur, cum eo cor commutarit. / Demque totum Christum videbis, si CATHARINÆ quinqué gloriosa : stÿgmata: conspexeris.
3. En-dessous, à droite
C. Galle.

Image
Au premier plan, sainte Catherine se tient debout, vraisemblablement dans une église. Vêtue d’un voile et d’un manteau noir, un rosaire à la ceinture, couronnée d’épines, elle tient en main un crucifix qu’elle contemple amoureusement, et un cœur. Ses mains portent des stigmates. À sa droite une table aux pieds ouvragés en pattes de lion est drapée d’un lourd tapis sur lequel un crâne soutient un livre ouvert. À gauche de la sainte, une discipline gît sur le sol. En arrière-plan, à droite de l’image, sainte Catherine est agenouillée. Elle voit en vision au-dessus d’elle le Christ en croix qui lui apparaît tel un séraphin. Des rayons partent des plaies du Christ et atteignent Catherine aux endroits correspondant de son corps afin qu’elle expérimente la Passion. Il s’agit ainsi de la scène de stigmatisation de la sainte.

États
Un seul état : Belgique, Anvers, Museum Plantin-Moretus, IV/G.15 ; France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Ec 67a Fol., R140002 ; Rd3 Fol. (Catherine de Sienne, sainte), H 166763 (épreuve rognée dans le bas) ; Bibliothèque du Saulchoir, A 35

Bibliographie
1988, BIANCHI ; GIUNTA, p. 205-206, n° 71 ; 1992, VAUCHEZ (dir.), p. 217, n° 17

Commentaire
Il existe une copie en contrepartie et en format réduit de cette estampe, gravée, elle aussi, par Cornelis Galle [voir page suivante].
Il n’est guère possible de passer sous silence la dédicataire, Adrienne de Goux de Wedergrat, prieure du monastère du Val Duchesse. Devenue sourde « passez 38 ans », elle fut guérie miraculeusement en décembre 1603 par l’intercession de Notre Dame de Montaigu où elle avait délégué une religieuse et sa servante en pèlerinage[1].
Peut-être faut-il dater l’estampe de l’année suivante. Elle serait alors une sorte d’hommage rendu à la « miraculée » et à ses sœurs.
La prieure suivante, Marguerite de Waerseggher, reçut sa charge en 1608[2].

[1] Philippe NUMAN (vers 1550-1617), Histoire des Miracles advenvs a l’intercession de la Glorievse Vierge Marie, au lieu dict Mont-aigu, pres la Ville de Sichen, au Duché de Brabant. Mise en lumiere, & tirée hors des actes, instruments publics & informations sur ce prinses, par M. Philippe Numan Greffier de la Ville de Bruxelles. Par charge & authorité de Monseigneur l’Archeuesque de Malines. Quatriesme Edition, augmentée de diuers miracles iusques oires non imprimées, A Bruxelles, Chez Rutgeert Velpius, & Hubert Anthoine, Imprimeurs iurez, à l’Aigle d’or, pres de la Court, 1613, p. 150-152.
[2] Victor TAHON, « Le prieuré de Val-Duchesse », Annales de la Société royale d’archéologie de Bruxelles, 1909, 23, p. 245-438, ici p. 287.

Oeuvre en rapport

Sainte Catherine de Sienne
ARTISTE NON IDENTIFIÉ

Vers 1670
Huile sur toile marouflée sur peuplier
73 x 60 cm
Belgique, Huy, Église Saint-Pierre.

© KIK-IRPA