Catherine de Sienne


CATHERINE DE SIENNE (ANVERS, VERS 1632/1633)

Ad Matrem Dolorosam
Boëtius Adamsz. BOLSWERT (vers 1580-1633), graveur
S. d. [1632-1633]
Burin
Tr. c. : 41,5 x 23,4 cm
Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum,
RP-P-BI-2374.

© Rijksmuseum

 

 

 

 

Lettre
1. Dans l’image, en bas, au centre
AD MATREM DOLOROSAM. / Sit sua crux Petro, Paulum suus amputet ensis ; / Et tua crux Iesus, et tuus ensis erit.
2. Dans l’image, en bas, à droite
Bolswert sculpsit.
3. Sous l’image, à gauche
Mater ad Filium / Siccine dilectum pignus, pars maxima nostri / Nate peris sine me, me sine Nate peris ? / Emorior, nostræ spes vna salutis, / Dum moriens mihi me tu mea vita rapis.
4. Sous l’image, à droite
S. Catharina ad Iesum / Oscula mille cruci, iuuat oscula mille cruori / Ferre, pioque tuos imbre rigare pedes. / O’ si scala foret, lateris rosea antra subirem, / Et raperem capiti spinea serta tuo.
5. Sur la draperie, en bas, au centre
NOVITIATVS BRUXELLEN- / SIS NOVITIATVI CELEBERRI- / mo Parisiensi, proles matri Ordinis / S. DOMINICI dedicat, / consecratque.

Image
Le Christ en croix se dresse sur toute la hauteur du tiers gauche de l’image. Il semble encore vivant et son regard est tourné vers le bas, peut-être en direction de Catherine de Sienne, agenouillée à ses pieds. La tertiaire est vêtue de l’habit de son Ordre. Elle porte une couronne d’épines analogue à celle du crucifié et sa tête est auréolée de rayons comme celle du Christ et celle de la Vierge Marie. Cette dernière se tient debout au tiers droit de l’image. Face au spectateur, elle tourne la tête et élève le regard vers le visage de son fils. Une grande épée lui transperce le cœur. Si le bas du décor situe la scène en extérieur, le fond de l’image reste dépourvu de tailles, espace blanc faisant ressortir les trois personnages de la scène.

États
Premier état, celui décrit : Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum, RP-P-BI-2374
Second état : le texte inscrit dans la draperie du bas a été modifié : « A haute et puissante Dame / ma Dame, / la DVCESSE D’AVRÈ » ; Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum, RP-P-BI-2375

Bibliographie
1950, HOLLSTEIN, t. 3, p. 62, n° 86 (un seul état, non décrit mais signalé) ; 1988, BIANCHI ; GIUNTA, p. 489, n° 540

Commentaire
L’inventaire du Rijksmuseum attribue l’estampe à Boëtius Adamsz. Bolswert ce qui fournit un terminus ad quem : le 25 mars 1633. Le terminus a quo est apporté par la dédicace puisque le noviciat général de Paris fut créé en 1632. Le premier supérieur du noviciat, le père Jean-Baptiste Carré ayant été nommé par le Maître de l’Ordre, Nicolas Rodolfi, le 15 août 1632, on ne saurait dater antérieurement la mise en place d’une communauté. D’autre part, l’idée d’une création spécifique de l’estampe pour la fondation du noviciat parisien est peut-être fausse. La reprise d’une estampe déjà gravée est possible.
L’estampe fut également reprise à une date ultérieure pour être offerte à la duchesse d’Avré. Le texte de la dédicace du précédent tirage a été gratté grossièrement faisant disparaître les tailles dessinant le mouvement du tissu et le nouveau texte inscrit manque de soin. Or, Marie Claire de Croÿ (1600-1664), duchesse d’Avré, devint veuve de Charles Philippe Alexandre de Croÿ, pour qui Avré avait été érigé en duché le 12 août 1627, le 23 novembre 1640. Est-ce à cette occasion que lui fut offerte l’image ? Et par qui ? Par le couvent des dominicains de Bruxelles ? Par celui de Mons à proximité d’Avré ?
L’iconographie très particulière qui associe sainte Catherine à la douleur de la Vierge Marie a été reprise dans une estampe gravée en contrepartie, et éditée à Nuremberg par Johann Hoffmann (1629-1698) [voir Œuvres en rapport]. D’autre part, plusieurs œuvres flamandes du XVIIe siècle, ont repris le modèle [voir un exemple dans Œuvres en rapport]. De moindre facture par rapport à l’estampe, elles ne sauraient en avoir été la source.

Œuvres en rapport

O Magnum Pietatis
Johann HOFFMANN (1629-1698), éditeur
S. d.
Burin
C. de pl. : 40,1 x 31,4 cm
Allemagne, Wolfenbüttel, Herzog August Bibliothek, Graph. A1: 1096.5.

© Herzog August Bibliothek

 

 

 

 

Sainte Catherine de Sienne au pied du Christ crucifié avec la Vierge des Douleurs
ARTISTE NON IDENTIFIÉ
XVIIe siècle
Huile sur cuivre
20 x 11,7 cm
Belgique, Sint-Truiden, Sint-Franciscusmuseum, Inv. MVM/OFM/555.

© Sint-Franciscusmuseum

 

 

 

 

Cliché en noir et blanc :
© KIK-IRPA