Catherine de Sienne


CATHERINE DE SIENNE (ROME, 1597)

[Sainte Catherine de Sienne avec l’Enfant Jésus]
Philippe THOMASSIN (1562-1622), graveur
D’après Francesco VANNI (1563-1610), dessinateur
Jean TURPIN (vers 1561-? ; actif jusqu’en 1626), éditeur
1597
Burin
Feuille : 47 x 31,4 cm
Royaume-Uni, Londres, British Museum, V,3.32.

© British Museum

 

 

Lettre
1. Dans le bas de l’image
Fran[ciscu]s Vanni Senen[sis] Inuentor Phil. et Io. Turpin excud. Rom[a]e 1597
2. Sous le trait carré de l’image
Au centre : ILLmo ET Rmo D.D. ASCANIO COLVMNA S.R.E. CARDLI DIGNISS. ET PRINCIPI AMPLISS. VT OBSERVANTIAM SVAM DEMONSTRET / Philippus Thomassinus sculptor humill. S. dat. donat, dicatq[ue]
Colonne de gauche : Cara Dei soboles, caræ Genitricis in ulnis / Dum cubat, et sacris pendet ab uberibus ; / Ecce suum Virgo Sponsu[s] Catherina repentè
Deuxième colonne : Surripuit Matris leniter ex gremio. / Quem postqua[m] strictis arctè est amplexa lacertis / Et fixit raseis oscula mille genis
Troisième colonne : Arsit, et in tenues tota est resoluta fauillas, / Factaq[uem] diuino uulnere saucia, ait. / O anine[?] dulcedo meæ, mea sola uoluptas
Quatrième colonne : O desiderij meta suprema mei / Quis mihi te rapiet ? non Mors, non tela, nec ignes / In Sponsi amplexu sit mihi dulce mori.
En-dessous : superior[um] Permissu Cu[m] priuil. ad decenniu[m] Carm. Simonis Veroui(?)

Image
Au sein d’un paysage, la Vierge Marie, qui est accompagnée du jeune Jean-Baptiste, suit du regard l’Enfant Jésus porté par Catherine de Sienne. La Vierge Marie est assise, tandis que la religieuse est à moitié agenouillée comme si elle venait de surprendre la scène bucolique. Au premier plan est figuré un pape, pallium autour du cou, tiare posée devant lui et livre en main. Le pape ne regarde pas la scène mais le spectateur. Il est possible d’y voir un portrait de Clément VIII qui, en 1599, reconnut la stigmatisation de Catherine. S’il s’agit d’une commande dominicaine, le pape serait peut-être en train de dialoguer avec les membres de l’Ordre.

États
Premier état : Royaume-Uni, Londres, British Museum, V,3.32.
Deuxième état : le nom de Thomassin a été gratté et le prénom de l’éditeur mis en toutes lettres « Fran[ciscu]s Vanni Senen[sis] Inuentor Ioannes Turpin excud. Rom[a]e 1597 » ; dans la lettre sous le trait carré, le nom de Philippe Thomassin a également été remplacé par « Ioannes Turpinus ». France, Paris, Bibliothèque nationale de France, BA-17D-Fol., fol. 12 ; Italie, Rome, Biblioteca Casanatense, 20 B.I.75 62. (épreuve rognée sans la lettre sous le trait carré) ; Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum, RP-P-2017-7440
Troisième état : la mention de l’éditeur est celle de Giovanni Giacomi de Rossi (1627-1691) [le cliché fourni n’a pas permis d’en faire un relevé précis]. Italie, Rome, Calcografica nazionale, CL2224/3052.

Bibliographie
2013, BOORSCH ; MARCIARI, p. 154-156, cat. 51 ; fig. 51, p. 155

Commentaire
Sans reprendre la discussion ouverte par Suzanne Boorsch à propos du sujet de l’estampe comme originalité iconographique, signalons juste que le pape figuré est vraisemblablement Clément VIII à l’élection de qui participa, en 1592, le dédicataire de l’estampe, le cardinal Ascanio Colonna (1560-1608).
La matrice est conservée à la Calcografica nazionale à Rome (Inv. 1023). Voir cliché ci-après.
Le visage de la sainte, regardant tendrement l’Enfant tenu dans ses bras, fit l’objet d’une estampe gravée par Dominicus Custos, graveur flamand ayant émigré à Augsburg pour des raisons religieuses [voir page précédente].

MATRICE 1

[Sainte Catherine de Sienne avec l’Enfant Jésus]
Philippe THOMASSIN (1562-1622), graveur
D’après Francesco VANNI (1563-1610), dessinateur
Giovanni Giacomi de ROSSI (1627-1691), dernier éditeur
1597 (date de création)
Cuivre buriné
C. de pl. : 44 x 31,4 cm
Italie, Rome, Calcografica nazionale, 1023.

© Calcografica nazionale