Rose de Lima


ROSE DE LIMA (?, 1668-1671)

La Bienheereuse Roze De Ste marie
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
Marguerite MONCORNET (née Van Der Mael, ?-1691), éditeur
S. d. [1668-1671]
Burin
C. de pl. : 10,8 x 7 cm

 

 

 

 

 

Planche dans Jean-Vincent Bernard du S. Rosaire (?-1696), Le Triple Rosaire avgmenté ; Sçavoir, Le Grand Rosaire, Le Perpetvel, Et le Qvotidien. Suivi des quinze Samedys… III. Edition, A Tolose, Par Bernard Bosc Imprimeur & Marchand Libraire, ruë de la Porterie, 1676.
France, Marseille, Archives du Couvent des dominicains.

© René Quan

Lettre
Sous l’image
La Bienheereuse Roze De Ste marie / Du Tierceordre De St Dominique

Image
La tertiaire, portant un voile blanc et étant couronnée d’épines, se tient de trois quarts par rapport au spectateur, derrière un autel sur le tapis duquel reposent un crâne, un crucifix et un livre ouvert. La bienheureuse Rose, auréolée de rayons, contemple le crucifix orienté perpendiculairement à elle, de sorte que le spectateur puisse voir le Christ. Le crucifix est planté sur « une motte » évoquant le Calvaire, motte de laquelle sortent des rameaux de roses formant couronne au Christ sur toute la hauteur du crucifix. Dans le haut de l’image, à gauche, la colombe de l’Esprit se dirige vers la bienheureuse. Le fond est un ciel en tailles horizontales, ou, croisées, pour les nuages.

États
Un seul état : France, Marseille, Archives du Couvent des dominicains.

Bibliographie
1997, MONTAGNES, p. 123-130 (sur les images de Michel Beaujean)

Commentaire
Bien qu’insérée à la page 170 de l’exemplaire du Triple Rosaire conservé au couvent des dominicains de Marseille, l’image a fort peu de chance d’appartenir à la série commandée par Jean-Vincent Bernard du S. Rosaire à Michel Beaujean.
Le Triple Rosaire possède d’autres planches sur lesquelles figure Rose de Lima [Cat. 1107 ; 1117]. Elle y est toujours qualifiée de sainte, ce qui paraît logique puisqu’elle fut canonisée avec grand éclat pour l’Ordre en 1671, et l’on voit mal pourquoi cinq ans plus tard son titre rétrograderait. Son nom s’orthographie avec un « s » et non un « z ». Les mêmes remarques s’appliquent à la mention de Rose de Lima dans le corps du texte de l’ouvrage. Enfin, Rose est couverte d’un voile blanc. Dans les images toulousaines, toutes les saintes et bienheureuses dominicaines portent un voile noir, quel que soit leur statut dans l’Ordre et le siècle auquel elles vécurent. Le style de la gravure et de la mise en page de la planche marseillaise diffère également des différentes séries attribuées à Michel Beaujean.
Enfin, l’indication orale par René Quan d’un fragment d’adresse en bas à gauche de l’image laisse penser que l’image fut parisienne et non toulousaine[1].
L’iconographie est intéressante dans la mesure où, dans le bouquet, ce n’est pas l’Enfant Jésus qui est représenté mais le crucifix. Le rapport intime que la dominicaine entretient avec le Christ prend ici une autre tonalité qui correspond également à son profond attachement au mystère de la Passion.

[1] Lors d’une communication téléphonique, le 25 novembre 2015, René Quan a indiqué que l’image dont il a fourni le cliché est en réalité plus grande et comporte en bas à gauche la mention « vis a vis St Yves ». Cette adresse fait immédiatement penser à la rue Saint-Jacques à Paris, plus précisément à l’adresse utilisée par Marguerite Van der Mael, veuve de Balthasar Moncornet, décédé le 12 août 1668, six mois, jour pour jour, après la béatification de Rose de Lima.