Rose de Lima


ROSE DE LIMA (FRANCE, après 1671-avant 1703)

[Bienheureuses et saintes de l’Ordre des Prêcheurs]
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
S. d. [après 1671 ; avant 1703]
Eau-forte et burin
Épreuve rognée : 16,9 x 12 cm
France, Lyon, Bibliothèque municipale, Fonds des estampes des jésuites de Chantilly, sans cote.

© Claire Rousseau

 

 

 

 

Lettre
1. Au-dessus du lys tenu par la sainte debout à droite
purete
2. Au-dessus des fleurs tenues par les bienheureuses agenouillées, de gauche à droite
humilite ; amour ; charite ; simplicite ; douceur
3. Sous l’image
Dediee aux R.R. mm. Deuien[n]e marie de St Hyacinte et Elisabeth de St Bernard / en faueur de leur deuotion aux Saintes de lOrd. de St Dominique.

Image
Le premier plan de l’image présente cinq religieuses de l’Ordre des Prêcheurs, quatre agenouillées (deux de chaque côté), deux debout derrière elles et une se relevant au centre. Les religieuses agenouillées sont auréolées d’un cercle. Elles cueillent des fleurs symbolisant les différentes vertus aux noms gravés. Une couronne est posée au sol près des deux religieuses les plus à l’extérieur. Les religieuses debout et se relevant sont auréolées de rayons. Celle de gauche porte une couronne d’épines et peut être identifiée à sainte Catherine de Sienne ; au centre, celle se relevant porte une couronne d’épines métallique. Il s’agit vraisemblablement de Rose de Lima. Celle de droite porte une couronne de fleurs. Peut-être s’agit-il d’Agnès de Montepulciano, non canonisée mais vénérée comme telle.
L’arrière-plan représente une montagne dominée par une croix. Douze religieuses la gravissent, l’une tenant l’Enfant Jésus dans les bras, deux autres portant une croix sur l’épaule, deux cueillant les fleurs des vertus. L’itinéraire spirituel est ainsi décrit. De part et d’autre de la montagne s’étale un décor de ville avec un clocher à gauche et une église à droite.

États
Un seul état : France, Lyon, Bibliothèque municipale, Fonds des estampes des jésuites de Chantilly, sans cote ; Toulouse, couvent des dominicains – cote : 013 B*

* L’estampe est insérée entre les pages préliminaires et la page 1 de Charles de Saint Vincent ([Jean-][Aroux], ?- 1709), L’Année dominicaine, ou les vies des saints, des bienheureux, des martyrs, et des autres personnes Illustres, ou Recommandables par leur piété, de l’un & l’autre Sexe. De l’Ordre des FF. Précheurs, Pour tous les jours de l’Année. Avec un martyrologe. Premiere partie de Septembre. Recueillies Par le P. F. Charles de Saint Vincent, Professeur en Theologie, du même Ordre. Dediées a S. E. Monseigneur l’Archevesque d’Avignon, Nonce Extraordinaire en France. A Amiens, Chez Guislain Le Bel, Imprimeur du Roy & du College, 1702. Il s’agit vraisemblablement d’un ajout propre à l’exemplaire.

Commentaire
Les religieuses à qui l’image est dédicacée ne sont autres que les sœurs de Bernard de Vienne, prêtre profès du Tiers Ordre et auteur des éditions de L’Année dominicaine pour lesquelles il fit graver cent planches par Pierre Landry. Elisabeth de Saint Bernard décéda en 1703, ce qui exclut une datation postérieure.
Le fait que Rose de Lima occupe une position centrale dans l’image conduit à penser que l’estampe put être gravée autour de sa canonisation en 1671 ou plus tard.
En dépit des couronnes posées à terre, on ne se risquera pas dans l’identification des bienheureuses qui pourraient être celles reconnues le plus récemment, à savoir Marguerite de Savoie (1669), Marguerite du Château (1675), Jeanne du Portugal (1693) et Hosanna de Mantoue (1694). Si les couronnes sont celles de Marguerite de Savoie et de Jeanne du Portugal, la réalisation de l’image est à placer dans les dernières années du XVIIe siècle. Mais les religieuses auréolées peuvent avoir simplement joui d’une vénération sans, ou en attente, d’une reconnaissance officielle.
Quoi qu’il en soit de la datation exacte, l’image exhorte les religieuses à suivre le modèle des bienheureuses et saintes de l’Ordre des Prêcheurs dans la pratique des vertus et l’exercice de la pénitence en vue de l’union au Christ incarné et souffrant.

L’image doit être rapprochée d’une estampe gravée par Grégoire Huret (1606-1670) pour l’Ordre de la Visitation (voir Œuvre en rapport ci-après). L’estampe de la Visitation, dont il existe différents états et dont un dessin préparatoire est conservé (voir ci-après), a été étudiée par Lauren Laz qui a aimablement communiqué son catalogue de thèse (voir les n° 431 et 654). Le bas de cette image est repris en contrepartie dans l’image dominicaine. Catherine de Sienne et Agnès de Montepulciano remplacent François de Sales et Jeanne de Chantal. Le Christ en croix cède la place à l’ascension mystique des dominicaines.

Œuvres en rapport

[Les sœurs de la Visitation Sainte-Marie recueillant des fleurs au pied de la croix ]
Grégoire HURET (1606-1670), dessinateur
Vers 1644
Pierre noire sur vergé. Traces de stylet pour le report
17,6 x 12,8 cm.
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Rés. B 6e boîte in-fol.

© Lauren Laz

 

 


[Les sœurs de la Visitation Sainte-Marie recueillant des fleurs au pied de la croix]

Grégoire HURET (1606-1670), graveur
S. d. [1644]
Burin
C. de pl. : 18,7 x 12,9 cm
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, N2 Chantal (sainte Jeanne Françoise Fremiot de), D108465.

© Lauren Laz