Rose de Lima


OEUVRE REJETÉE
ROSE DE LIMA ? / COMMUNION (ANVERS, AVANT 1659)

Caro Enim Mea
Schelte Adamsz. BOLSWERT (vers 1586-1659), graveur
D’après Erasmus II QUELLINUS (1607-1678), dessinateur
Cornelis VAN MERLEN (1654-1723), éditeur
Gaspar HUBERTI (1619-1684), éditeur
S. d. [avant 1659]
Burin
Feuille : 45,5 x 34,1 cm
Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum, RP-P-BI-2549.

© Rijksmuseum

 

Lettre
1. Sous l’image, au centre
CARO ENIM MEA VERE EST CIBUS. Ioannis. 6. V. 56.
2. Sous la légende, à gauche
E. Quellin inuenit / S. à Bolswert sculpsit. Cornelius van Merlen excudit
3. Sous la légende, à droite
Gasp. Huberti excudit / Antuerpiæ cum priuilegio.

Image
La scène de la communion se déroule à l’intérieur d’une église. Un prêtre vêtu des habits liturgiques, dos à l’autel qui est surmonté d’un dais, s’apprête à faire communier à l’hostie consacrée qu’il tient en main, une jeune femme agenouillée devant lui sur les marches de l’autel. Le prêtre est auréolé d’un simple cercle ; la jeune femme, mains jointes, le visage recueilli, n’est pas voilée et sa tête est auréolée de rayons. Entre le prêtre et la jeune femme est tendu le drap de communion, tenu à chaque extrémité par un ange agenouillé. Un servant d’autel sur la droite de l’image et deux femmes (une jeune, une âgée), sur la gauche, sont les témoins. Depuis le haut de l’image, deux angelots accompagnés de trois putti jettent des fleurs qui viennent parsemer le dallage du chœur. Parmi ces fleurs se reconnaissent essentiellement des tulipes et des roses.

États
Premier état : un seul nom d’éditeur est inscrit, à gauche : Martinus vanden Enden excud. ; Belgique, Bruxelles, Bibliothèque nationale de Belgique, S.I. 8865 ; Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum, RP-P-BI-2548
Second état, celui décrit : Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum, RP-P-BI-2549

Bibliographie
1950, HOLLSTEIN, t. 3, p. 85, n° 276

Commentaire
Si l’estampe ne peut avoir été gravée après 1659, il convient de s’interroger sur l’identité de la jeune femme qui reçoit la communion des mains d’un prêtre auréolé. Il paraît difficile d’y voir Rose de Lima car d’une part, elle ne porte pas l’habit de l’Ordre des Prêcheurs, d’autre part, il n’y pas trace dans sa vie d’un tel épisode. Enfin, une telle représentation avant la béatification de Rose en 1668 paraît fort improbable.
Si l’identité de Rose de Lima est maintenue, il convient alors de questionner l’attribution par le HOLLSTEIN du dessin de l’estampe à Erasmus I Quellinus. Pour les mêmes raisons que les précédentes, il est peu probable que ce graveur décédé en 1640 ait entrepris la représentation auréolée de la jeune consacrée, non béatifiée. Pour cette raison, nous proposons – s’il s’agit bien de Rose de Lima – d’attribuer le dessin à son fils, Erasmus II Quellinus.
Par rapprochement avec d’autres estampes, nous proposons de définir ainsi le sujet de cette taille douce : La Vierge Marie recevant la communion des mains de saint Jean. L’inventaire du fonds d’estampes de l’abbaye de Göttweig (Autriche) propose cette même identification (numéro d’inventaire : Qa_006).
À défaut de proposer ici une estampe témoin, nous ajoutons en œuvre en rapport, une huile sur cuivre flamande du XVIIe siècle sur ce thème de la communion de la Vierge.

Œuvre en rapport

La Vierge Marie recevant la communion des mains de saint Jean
ARTISTE NON IDENTIFIÉ (École flamande)
Vers 1650
Huile sur cuivre
29 x 22,5 cm
Royaume-Uni, Fyvie, The National Trust for Scotland, 84.49

© The National Trust for Scotland