Rose de Lima


ROSE DE LIMA (CHALONS-SUR-SAÔNE, DEUXIÈME MOITIÉ DU XVIIe siècle)

[Sainte Rose de Lima]
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
Philippe TAN (?-1700) ; Blaise TAN (?-?), éditeurs ?
S. d. [deuxième moitié du XVIIe siècle ; début XVIIIe siècle]
Xylographie
Tr. c. : 32,2 x 22,7 cm
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Rd3 Fol. Rose de Lima, H 169934.

© Claire Rousseau

 

 

 

Lettre
1. En partant du coin supérieur gauche
VENEZ ROSE DV CIEL
2. Dans un phylactère partant de la bouche de l’Enfant Jésus À gauche
ROSE DE MON COEVR

Image
Rose est agenouillée sur une marche devant un autel sur lequel se dresse un crucifix. Elle est vêtue de l’habit de son Ordre (avec un sous-voile blanc), un rosaire à la ceinture une couronne d’épines métallique ceignant le front. Sur le front apparaît une rose et la sainte est auréolée d’un simple cercle. Dans les bras, sur un linge, elle tient l’Enfant Jésus qui tend les bras vers son visage. Deux anges au-dessus d’elle la couronnent de roses tandis qu’un ange agenouillé dans le coin inférieur gauche tend un bouquet de fleurs tout en regardant vers le spectateur et qu’un autre s’approche d’elle par derrière, fleurs à la main. Dans le coin supérieur gauche, deux putti contemplent la scène. Le coin supérieur droit est habillé d’un rideau noué dans le bas. Le sol est un quadrillage bicolore avec, sur certains carreaux un motif losangé.

États
Un seul état : France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Rd3 Fol. Rose de Lima, H 169934

Bibliographie
1996, LAURENCIN, p. 87 (Cat. 40)

Commentaire
Les trous d’envol de xylophages observables sur le tirage conservé à la Bibliothèque nationale de France permettent d’affirmer avec certitude que la matrice est celle conservée au musée Denon de Chalons-sur-Saône (voir ci après).
La création et l’édition des bois gravés chalonnais au XVIIe siècle sont attribuées par Louis Ferrand à Philippe et Blaise Tan : « En 1649, Philippe Tan s’installe et va rester le seul imprimeur de la ville jusqu’à sa mort en 1700. En 1675, il associe son frère Blaise, à son affaire. C’est donc Philippe Tan qui a fait exécuter les grandes planches (0,235 x 0,325 m environ) gravées de fil dans du bois fruitier, généralement du poirier[1]. »
La datation de la planche reste difficile à établir. Cependant plusieurs remarques peuvent être faites :
– le musée du châtillonnais (Châtillon-sur-Seine) conserve un bois gravé similaire en taille et quant à l’iconographie. Non signé, ce bois porte dans le bas la mention « Beata Rosa ». De ce fait, il est vraisemblable que la planche fut sculptée entre 1668 (date de la béatification de Rose) et 1671 (date de sa canonisation). Au-delà de 1671, la planche aurait inévitablement indiqué le statut de sainteté de Rose ;
– les commanditaires et les circonstances de la commande de Châtillon-sur-Seine ne sont pas connus mais il est vraisemblable que la béatification de Rose fut l’évènement moteur ;
– à Chalon-sur-Saône un monastère de moniales de l’Ordre des Prêcheurs fut fondé en 1621. Il est tout à fait possible que la communauté commanda une planche à l’occasion de la béatification ou de la canonisation de Rose.
La parenté entre les planches conservées au musée du châtillonnais et celles du musée Denon a déjà fait l’objet de remarques par les conservateurs, notamment par André Laurencin (voir Bibliographie). Est-ce à dire que le même sculpteur œuvra dans les deux lieux ou les estampes étaient-elles presque systématiquement reprises dans les deux centres ? Une chose est certaine, il était difficile d’effacer proprement le statut de bienheureuse de Rose sur la planche de Châtillon et cela suffit peut-être à justifier une seconde commande. De là à envisager que les commanditaires aient été les mêmes n’est qu’hypothèse gratuite.

[1] Louis Ferrand, « Les bois gravés populaires des imprimeries de Chalon-sur-Saône au XVIIe siècle », Mélanges historiques et littéraires sur le xviie siècle offerts à Georges Mongrédien par ses amis, Paris, Société d’Étude du XVIIe siècle, 1974, p. 108.

MATRICE

Sainte Rose de Lima
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
S. d. [deuxième moitié du XVIIe siècle ; début XVIIIe siècle]
Bois de fruitier (poirier ?) gravé
32,6 x 22,3 x 2,1 cm
Lieu de fabrication et d’utilisation : Chalon-sur-Saône
France, Chalon-sur-Saône, Musée Denon, 91.2.40.

© Musée Denon (Philip Bernard)