Hyacinthe de Cracovie


HYACINTHE (PARIS, 1638)

[Saint Hyacinthe]
Abraham BOSSE (vers 1604-1676), graveur
S. d. [1638]
Eau-forte
C. de pl. : 13,8 x 8 cm ; tr. c. : 13,1 x 7,9 cm

 

 

 

 

 

 

 

Planche pour Jean-André FAURE (1608-1673), Abbregé de la vie, et des miracles de Saint Hyacinthe, Confesseur de l’Ordre des FF. Prescheurs, grand fauory de la Vierge, refuge des malades, & consolateur des affligez, A Paris, Chez Clavde Sonnivs, ruë S. Iacques, à l’Escu de Basle, & Compas d’or, 1638.
France, Paris, Bibliothèque nationale de France – cote : M-23019.

© Claire Rousseau

Lettre
1. Partant de la bouche de la Vierge Marie
Rejouy toy Mon Fils Hiacinthe
2. En bas de l’image, à droite
AB

Image
La scène se déroule dans une église, devant un autel particulier dont l’espace est borné par une balustrade. Le devant de l’autel est frappé d’une couronne d’épines encerclant un IHS. Sur l’autel se dresse un crucifix et repose un livre. Agenouillé sur la gauche de l’image, saint Hyacinthe a le regard fixé vers le Christ alors que la Vierge Marie lui apparaît au-dessus de l’autel, assise dans la nuée, tenant l’Enfant Jésus le bénissant, debout sur son genou gauche. Environnée de putti, la Vierge invite saint Hyacinthe, « son fils », à se réjouir. Dans le coin supérieur gauche, une draperie vient compléter le décor.

Armoiries
Au premier plan, au centre de la balustrade, armoiries du dédicataire, « Armand de Bourbon, Prince de Conty » (1629-1666) : d’azur à trois fleurs de lys d’or au bâton de gueules péri au centre, timbré d’une couronne ducale, au cimier d’une mitre de profil à senestre et d’une crosse tournée en dedans à dextre, et soutenu de deux palmes

États
Premier état : avant toutes lettres ; mentionné par José Lothe d’après Georges Duplessis
Deuxième état, celui décrit : France, Paris, Bibliothèque nationale de France – cote : M-23019
Troisième état : sur la base de la balustrade est inscrit Herman Weyen excud. Cum Priuilegio Regis AB ; France, Paris, Bibliothèque nationale, Ed 30 rés., t. 14

Bibliographie
1939, IFF, t. 1, p. 476, n° 22 ; 2008, LOTHE, p. 144 ; p. 457, n° 1201

Commentaire
Par honnêteté, ce catalogue se refuse à indiquer des références qui n’ont pu être vérifiées. Or, concernant cette estampe, plusieurs questions surgissent à la lecture des notices consultées et des deux estampes examinées.
Datation : l’unique exemplaire consulté de l’ouvrage Abbregé de la vie, et des miracles de Saint Hyacinthe en date de 1638 comporte bien la planche placée après l’épître dédicatoire et les approbations et avant le début de l’Abbrégé lui-même. Les autres exemplaires conservés à la Bibliothèque nationale de France n’ont pas été à ce jour consultés (Cotes : Res-M-866 ; 8-H-21281). L’exemplaire de 1639 conservé à la Bibliothèque municipale de Lyon (SJ V 168/108) et celui de la Bibliothèque nationale de France (H-10743) ne comportent pas de planche.
En 1638, Armand de Bourbon n’a que neuf ans et il n’a pu être déterminé si, à cette date, il avait déjà reçu un bénéfice justifiant la présence d’une mitre et d’une crosse abbatiales dans ses armoiries. Cependant, il semblerait que les attributs abbatiaux n’apparaissent pas dans ses armoiries avant sa nomination comme abbé commendataire de Saint-Denis par Louis XIII, le 12 décembre 1641 et la confirmation papale du 12 juillet 1642.
Comment expliquer l’insertion de la planche dans l’ouvrage de Jean-André Faure qui dans son épître s’adresse « A tres-havt, tres Puissant, & tres excellent Prince, Messire Armand de Bourbon, Prince de Conty », sans aucune référence à la nomination du jeune enfant ?
La planche a-t-elle connu des états non recensés, sans attributs abbatiaux dans les armoiries ? Fut-elle composée et ajoutée à partir de 1642, rehaussant ainsi le prestige de l’offrande ?
États : le catalogue établi par José Lothe ne donne aucune référence pour un état avant toutes lettres et classe la planche de l’exemplaire M-23019 parmi celles portant l’adresse complète. Le cliché présenté en cette fiche a été pris à partir de cet exemplaire ; il montre plutôt un état intermédiaire. La parole de la Vierge est gravée dans l’image et la signature AB apparaît en bas de la balustrade, à droite. L’adresse d’Herman Weyen est absente.
L’état décrit par José Lothe comme portant l’adresse est conservé de manière certaine au Département des estampes sous la cote Ed 30 rés., t. 14. Or, dans ce même recueil devrait se trouver une autre représentation de saint Hyacinthe tenant une statue de la Vierge à l’Enfant dans la main gauche et un ostensoir dans la droite. L’IFF (1961, t. 4, p. 155, n° 4) attribue, selon la lettre lue, l’estampe à Michel Faulte (actif dans la première moitié du XVIIe siècle) d’après un dessin d’Abraham Bosse. Cette information est reportée sans discussion dans la notice du catalogue de José Lothe. L’estampe est demeurée introuvable.
Attribution de l’ouvrage : selon José Lothe, l’Abbregé de la vie, et des miracles de Saint Hyacinthe imprimé à Paris en 1638 est dû à « DRWE (le P. Ambroise, O.P.) », notamment l’exemplaire conservé à la BnF sous la cote M-23019. Hormis la fiche de catalogue, rien ne permet une telle attribution, le privilège du Roy du 6 avril 1638 établissant frère André Faure auteur de l’ouvrage. En revanche, d’après Bernard de Jonghe Ambroise Druwé publia en 1638 un Abrégé de la vie de saint Hyacinthe mais à Bruxelles chez l’imprimeur juré Martin de Bossuyt[1]. Aucun exemplaire de cet ouvrage n’a pu être localisé et son contenu n’a pu être comparé à celui de Paris.

[1] Bernard de Jonghe (1674-1749), Belgium dominicanum, sive Historia provinciae Germaniae inferioris Sacri Ordinis FF. Praedicatorum, Ex antiquis Manuscriptis, probatis Authoribus, Litteris originalibus numquam impressis, Instrumentis authenticis, & Archivis eruta. Collectore F. Bernardo de Jonghe, ejusdem Ordinis, Conventûs Gandensis filio, Bruxellis, typis Francisci Foppens, sub signo Sancti Spiritûs, 1719, p. 101.