Saint Dominique de Soriano


L’IMAGE DE SAINT DOMINIQUE À SORIANO (COLOGNE ?, 1641)

Antigraphivm prodigiosissimæ imaginis gloriosi Patriarchæ Dominici
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
S. d. [1641]
Burin
Tr. c. : 9,2 x 5,3 cm

 

 

 

 

 

 

Frontispice pour Ignazio CIANTES (dit Silvestre FRANGIPANE, 1594-1667), Icon thavmatvrga, S. P. Dominici Ordinis Prædicatorvm et Sacratissimi Rosarii avthoris. Qvam cæli svis coloribus expressam per magnam Dei Parentem Virginem inde in Sorianum Calabriæ magno munere destinarunt. Cvivs Imaginis pavca de plurimis prodigia vario idiomate religiosi Prædicatoriæ Familiæ alumni mundo vulgarunt, Italico R. P. F. Syluester Frangipanis, Gallico R. P. F. I. D. Belgico R. P. F. Æ. V. S. demum Latino F. I. A. D’A., Coloniæ Agrippinæ, Apud Wilhelmvm Friessem, Sub Signo Arboris ante S. Paulum, 1641.
Belgique, Gand, Bibliothèque universitaire – cote : DEPD.A3633.

© Claire Rousseau

Lettre
Dans le cartouche en bas de l’image
ANTIGRAPHIVM / prodigiosissimæ imaginis / gloriosi Patriarchæ / DOMINICI / Quam superi penicillis suis delineatam / Soriano submiserunt

Image
Au centre de l’image, à l’entrée d’un bâtiment, la Vierge Marie couronnée, debout sur un emmarchement, tend des deux mains une toile à un frère dominicain agenouillé sur la gauche. La Vierge est auréolée de rayons. Deux saintes l’encadrent. À gauche, Marie-Madeleine tient dans la main gauche un vase d’aromates. De l’index droit elle désigne au frère saint Dominique peint sur la toile. À droite, couronnée, Catherine d’Alexandrie tient dans la main droite l’épée de son martyre dirigée vers le sol et de la main gauche, elle tient un livre fermé et la palme des martyrs. Les deux saintes sont patronnes de l’Ordre des Prêcheurs. Le dominicain tonsuré est en habit de son Ordre, avec la chape. Il saisit des deux mains le bas de la toile qui lui est offerte. Sur celle-ci est représenté saint Dominique en pied, auréolé d’un arc de cercle, une branche de lys dans la main gauche. Un livre tient debout dans la main droite, tranche et fermoirs vers le spectateur. Au pied du dominicain, les pages d’un livre ouvert posé à même le sol restent figées à la verticale.
Fond : le fond en tailles horizontales laisse voir un ciel nuageux qui descend au tiers de la hauteur de l’image.
Cadre : le cadre de l’image est rectangulaire
Hors bordure : la souscription prend place dans un cartouche aux angles travaillés

États
Un seul état : Belgique, Gand, Bibliothèque universitaire – cote : DEPD.A3633 ; France, Lyon, Bibliothèque du couvent des dominicains, sans cote

Commentaire
L’ouvrage fut édité à Cologne mais les traducteurs de l’ouvrage, Jean Doye (mort en 1643), Gilles Van Swieten (mort en 1663) et Jean-Antoine d’Aubermont (vers 1612-1686), furent tous de couvents flamands. À Valenciennes où il fut prieur en 1637, Jean Doye avait déjà publié un Recueil des miracles faits par l’intercession de S. Dominique [voir page 7]. Gilles Van Swieten appartint au couvent d’Anvers même. En 1633, il avait fait éditer en cette ville une première version en flamand des récits des miracles de Soriano [voir page 16]. Jean-Antoine D’Aubermont était du couvent de Gand. L’historien dominicain Bernard de Jonghe lui attribue un compedium flamand des miracles de Soriano, édité dans un format in-12 chez Baudoin Manilus à Gand, en 1650[1]. Ce dernier ouvrage n’a pas été retrouvé dans le cadre de cette étude, ce qui pénalise la recherche d’une lignée d’estampes flamandes, d’autant plus que le couvent d’Anvers entretenait des liens privilégiés avec celui de Cologne.

[1] Bernard de JONGHE, op. cit., p. 109.