Saint Dominique de Soriano


L’IMAGE DE SAINT DOMINIQUE À SORIANO (DOUAI, 1683)

[La Communion du mardi devant l’Image de Soriano]
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
S. d. [1683]
Burin
C. de pl. : 9,5 x 5,5 cm ; tr. c. : 9,1 x 5,3 cm

 

 

 

 

 

 

Frontispice pour Pierre Martyr VOLCART (?-après 1690), La Sainte Quinzaine ou la Communion des XV. Mardys a l’honneur de S. Dominiqve fondateur de l’Ordre sacré des FF. Prescheurs. Avec des oraisons pour chaque Mardy de la Quinzaine. Par le R. P. Pierre Martyr Volcart Religieux du méme Ordre du Convent de Tournay, A Douay, chez Nicolas d’Assignies, à l’Enseigne de Paris, 1683.
France, Paris, Bibliothèque nationale de France – cote : D-54693.

© Claire Rousseau

Image
L’image est structurée selon une diagonale ascendante. En bas à gauche, des fidèles agenouillés s’apprêtent à recevoir la communion. Trois femmes et un homme sont alignés sur un banc de communion. L’homme a placé ses mains sous un drap de communion. Derrière eux, quatre personnages attendent dont un homme estropié, obligé de maintenir sa jambe bandée pliée mais ne touchant pas le sol. Sur le dallage en damier gît sa béquille. Une femme voilée, les mains jointes, est esquissée de profil sur le bord droit de l’estampe. Un religieux – sans doute un dominicain – donne la communion à l’une des femmes agenouillées sur le banc. La scène se déroule à l’intérieur d’une église, devant un autel de chapelle orné d’un tableau figurant saint Dominique de Soriano. Le tableau est surmonté d’un dais. Deux chandeliers l’encadrent, tandis qu’une lampe à huile pend sur son côté gauche. En arrière-plan, hors de la chapelle mais au sein de l’église, sous un vitrail et à proximité de colonnes jumelles, deux hommes transportent un personnage renversé, bras dressés en une crise démoniaque ou bien tendus en signe de départ vers le ciel. Il est difficile de dire si le personnage entouré de volutes qui s’échappent de sa bouche est son âme ou un démon.

États
Un seul état : France, Paris, Bibliothèque nationale de France – cote : D-54693

Commentaire
Si le frontispice n’est pas une copie de celui de l’ouvrage de François Deurwerders publié à Anvers en 1657 [voir page précédente], il est néanmoins légitime de se demander si Pierre Martyr Volcart ne s’est pas inspiré de l’ouvrage anversois, tant pour son propre texte que pour le choix iconographique rare d’une représentation de l’image de Soriano en tableau d’autel devant lequel un sacrement est conféré. Cependant, la présente estampe insiste aussi sur la dimension thaumaturgique de l’image de Soriano alors que le frontispice de 1657 couplait la communion avec la confession et la récitation du rosaire.
La page 15 stipule que l’autel de la chapelle de saint Dominique dans le couvent de Tournay où la dévotion s’est développée depuis 1678, porte « une copie dés plus parfaite de son pourtraict Miraculeux que la Sainte Vierge a apporté du Ciel à Soriano ». L’auteur ajoute à la page 58 : « Ce qui est encore fort considerable en ce Tableau celeste, c’est que toutes ses Copies (quoy que pas une ne luy ressemble parfaitement) luy sont neanmoins fort égales en Miracles ». L’appréciation esthétique de la figuration de saint Dominique importe moins que sa qualification performative.