Saint Dominique de Soriano


L’IMAGE DE SAINT DOMINIQUE À SORIANO (ANVERS, 1629-1637)

[Le Don de l’image de Soriano]
Lucas I VORSTERMAN (1595/1596-1674/1675), graveur
S. d. [1629-1637]
Burin
C. de pl. : 28,9 x 21,2 cm[1]
Belgique, Bruxelles, KBR, S.II.45319.

© KBR

 

 

 

 

 

[1] Information transmise par la Bibliothèque royale de Belgique. L’estampe coupée conservée au Département des estampes de la Bibliothèque nationale de France (Rd2 Fol. (saint Dominique), vol. 1, H 173511) est légèrement plus petite : 28,6 x 20,5 cm).
Lettre
Sous l’image
Reverendissimo Patri P. Nicolao Rodulfio S. T: Professori, et Ordinis Prædicatorum Generali Magistro, hanc prodigio- / sā cælitus a B.V.M. comitibus SS. Magdalenâ et Catherinâ V.M. allatā in Sorianū Iconē S.P. Dominici nostri Institutoris.D.C.Q. /Fr. Iacobus de Brouwer S.T.M. Commissarius super Missi. et Prior Antwerp. / Cū priuileg: L Vorsterman fe

Image
Dans un intérieur d’église architecturé, notamment par deux colonnes aux fûts lisses, et éclairé d’une lampe à huile murale, trois femmes se tiennent sur une marche. À gauche, sainte Marie-Madeleine se reconnaît au vase de parfum qu’elle tient des deux mains, dont l’une, semble-t-il, recouverte par un pan de son voile. À droite sainte Catherine d’Alexandrie tient de la main droite son attribut, l’épée, pointée vers le sol. Sa couronne et la manche de sa robe ornée de boutons attestent son rang princier. Au centre la Vierge Marie, très simplement vêtue d’une robe ceinturée sous la poitrine et d’un voile posé sur les épaules, tient une toile déroulée figurant saint Dominique en pied, lys dans une main, livre debout dans l’autre. Recevant et tenant la toile des deux mains, un dominicain agenouillé occupe l’angle inférieur gauche de l’image. Tonsuré, vêtu de l’habit de l’Ordre, portant le rosaire à la ceinture, il élève son regard.

États
Premier état : sans la lettre (d’après Hymans). Non localisé
Second état : Belgique, Bruxelles, Bibliothèque royale de Belgique (KBR), S.II.45319 ; France, Bibliothèque nationale de France, Rd2 Fol. (saint Dominique), H 173511

Bibliographie
1893, HYMANS, p. 93, n° 49 ; 1993, HOLLSTEIN, t. 43, p. 56, n° 51 (avec cliché du second état)

Commentaire
Le réalisme et la finesse d’exécution des visages, le vêtement de Catherine d’Alexandrie suggèrent un modèle peint auquel la souscription ne fait pas référence. L’estampe a pu elle-même servir de modèle pour la création d’œuvres peintes. Dans l’incertitude d’une antériorité et d’une postérité, l’estampe peut être rapprochée du tableau du couvent des dominicains de Lier, près d’Anvers, peint par Jan van Rijn (voir Œuvre en rapport ci-après). Les points de rapprochement sont incontestables. Cependant la capacité de Lucas Vorsterman à transcrire les œuvres peintes fait préférer un emprunt de Jan van Rijn au graveur plutôt que l’inverse.
Un tableau à l’origine de l’estampe de Lucas Vorsterman et de la peinture de Jan van Rijn serait-il celui du couvent d’Anvers par lequel Catherine Praet fut miraculeusement guérie en 1633, ointe de l’huile brûlant devant l’œuvre ?
L’estampe fut commandée par le dominicain Jacques de Brouwer. Docteur en théologie, il fut prieur du couvent d’Anvers et commissaire pour la mission hollandaise. Il mourut le 4 novembre 1637[1].
Le dédicataire est le Maître de l’Ordre, Niccolò Ridolfi, élu en 1629.
L’estampe est donc à dater entre 1629 et 1637.
En dépit de cette discussion, il reste difficile de connaître la raison pour laquelle cette image fut commandée et de confirmer qu’elle reprit l’un des tableaux du couvent anversois.

[1] Bernard de JONGHE, Belgium dominicanum, sive Historia provinciae Germaniae inferioris Sacri Ordinis FF. Praedicatorum, Bruxellis, typis Francisci Foppens, sub signo Sancti Spiritu, 1719, p. 229 (Paris, Bibliothèque du Saulchoir – cote : 432 D 5).

ŒUVRE EN RAPPORT

O.-L.-Vrouw van der Rozenkrans verschinjt te Soriano (N. D. du Rosaire apparaît à Soriano)
JAN DE RIJN (?-?)
S. d. [entre 1651 et 1675[1]]
Huile sur toile
200 x 145 cm
Belgique, Lier, Couvent des dominicains, Inv. 19601.

© KIK-IRPA (B180372)

 

 

 

 

[1] Dates de la fiche d’inventaire de la photothèque de l’Institut royal du Patrimoine artistique de Belgique. Des portraits du même artiste sont datés de 1637, ce qui les rapproche de la gravure de Lucas Vorsterman. En l’absence de toute documentation, il est, de ce fait, légitime de se demander si le tableau ci-dessus ne serait pas plus ancien.