Jean de Cologne


JEAN DE COLOGNE (ROME, 1675)

 

 

 

 

 

 

 

 

[Les Martyrs de Gorcum]
Albertus CLOUWET (1636-1679), graveur
D’après Jan ZIERNEELS (vers 1646-vers 1678), dessinateur et peintre
S. d. [1675]
Eau-forte
Tr. c. : 34 x 45 cm
Pays-Bas, Gorcum, Gorcumsmuseum, cote non renseignée.

© Gorcumsmuseum

Lettre
Sous le trait carré inférieur de l’image
REVERENDISSIMO PATRI, P. FRANCISCO MARIÆ NICHOLIS A CREMONA, TOTIVS ORDINIS SERAPHICI PATRIS NOSTRI FRANCISCI MINISTRO GENERALI VIGILANTISSIMO. / Dira rebellatis dum detonat Hæresis armis, Pro Christo, Christiquè vices Gestante perempti / Obtulit impauidum Sacra Caterua caput, Fulciri his Trabibus Coelica Regna probant. / In Ziernel Inu. et Pinx. Alb. Clowet sculp. Superior. permissu. Obsequentissimus Filius Fr. I. D. B.

Image
L’image est aussi foisonnante que celles réalisées d’après le dessin d’Abraham Diepenbeeck et situe la totalité de la scène à l’intérieur même de la grange. La pendaison des martyrs aux poutres a été repoussée en arrière-plan et la montée forcée du franciscain sur l’échelle, tiré par son bourreau, est décalée sur la gauche. La partie supérieure droite de l’image a été ainsi libérée pour faire apparaître des nuées deux anges et quatre putti. L’ange au plus près des pendus tend vers eux une palme et une couronne. Le deuxième tient en main un calice surmonté d’une hostie, tandis que la figure féminine allégorique de l’Église tient croix, clefs de saint Pierre et tiare. Par ce deuxième ange et par la figure de l’Église sont ainsi signifiés les motifs du martyre des religieux : leur fidélité au dogme eucharistique et à la fonction papale. Toute la largeur du bas de la moitié inférieure de l’image est occupée par des scènes de torture des martyrs. Sur la droite Jean de Cologne, agenouillé les mains attachées dans le dos, a le cou tenu en corde par un homme qui est en train de lui trancher l’oreille. Devant lui une paire d’oreilles gît déjà au sol montrant que ce supplice a déjà été subi par un autre.

Armoiries
Partageant la légende en deux parties, armoiries du ministre général de l’Ordre des frères mineurs, Francesco Maria Nichols a Cremona, ministre de 1674 à 1676.

États
Un seul état : Pays-Bas, Gorcum, Gorcumsmuseum, cote non renseignée

Bibliographie
2012, TEPE, p. 126-129, cat. 35

Commentaire
D’après la légende inférieure, la planche fut commandée par le père Ignatius de Broeyer de Bruxelles, secrétaire général de l’Ordre des frères mineurs, et offerte au ministre général des franciscains. Ignatius de Broeyer rédigea une relation de la solennité de la béatification des dix-neuf martyrs dans la basilique Saint-Pierre et Saint-Paul à Rome, le 24 novembre 1675[1]. Cette brève relation est, à notre connaissance, selon l’exemplaire consulté, dépourvue d’illustration.
La gravure fut sans doute largement diffusée jusqu’au Nouveau Monde puisqu’au siècle suivant, en 1731, Luis Berrueco en tira un tableau de grand format pour l’église de San Francisco de las Llagas à Puebla (Mexique) [voir œuvre en rapport].

[1] [Ignatius de Broeyer], Verklaringhe van de Seer Glorieuse, Solemnele Feeste der Beatificatie van de XIX. Salighe Neder-landtsche Martelaren van Gorcum, Met alle de Kerkelycke Ceremonien, Vercierselen, Vieringhen ende Triomphen, gedaen in de Kercke van de Princen der Apostelen Petrus ende Paulus Binnen Roomen, onder den Zeghen van onsen Alder-heylighsten Vader den Paus Clemens den X. op den 24. dagh van November in’t jaer Ons-Heeren 1675, Tot Brussel, By Jacob vande Velde, achter het Stadt-huys, in S. Augustinus, 1676. Belgique, Gand, Bibliothèque universitaire – cote : BIB.152M016.

Œuvre en rapport

Les Martyrs de Gorcum
Luis BERRUECO (actif dans la première moitié du XVIIIe siècle)
1731
Huile sur toile, 210 x 500 cm
Mexique, Puebla, Église San Francisco de las Llagas.

© Tacho Juárez Herrera